RÉPONSE
« Viens, je t'attends, mes bras te sont ouverts, « Viens avec ces autres 'o'-même ; « Avec ta mère et tes beaux vers, J'aimerai ce que ton cœur aime.
« Mais quoi ! si jeune encor et déjà le destin « A mêlé des soucis aux roses de ton âge ! « Si jeune et ton brillant matin « Semble obscurci par un nuage !
Je ne me trompe pas, Pauline tient des cieux « Le mal si doux de la mélancolie , « J'ai vu des larmes dans ses yeux
Et sur ses traits l'angoisse de la vie .
C'est ainsi que sont faits tous ceux qui , comme toi Cachent le feu sacré sous une forme humaine : Tous ceux qui vers le ciel s'élèvent par la foi: Tous ceux auxquels pèsent leurs chaînes.
«Poétique rosier, les pleurs te font éclore; \< Sur le sol des heureux tu végètes... tu meurs ! « La gaîté te flétrit, l'espoir te décolore, « Sous l'épine cruelle, il faut chercher tes fleuj
Ne te plains pas toi dont les chants si doux « Des anges te font l'interprète :
Heureuse, tu serais terrestre comme nous. « Le malheur te rendit poète !
Sophie Pannier.
NOTE VI, page 134.
Et fonde le royaume de Grenade.
« Ce royaume célèbre était situé dans la partie méridionale de « l'Espagne, sur les bords de la Méditerranée et défendu du « côté de la terre par des montagnes hautes et escarpées. Au « centre s'élevait la ville de Grenade , abritée par la Sierra « Nevada et couvrant deux collines séparées par la rivière du « Darro.
« L'une de ces collines était couronnée par le palais du roi et « la forteresse de l'Alhambra, capable de contenir une armée « de quarante mille hommes.
« En face de la colline sur laquelle est situé l'Alhambra s'éle- « vaitsa rivale dont le large plateau était couvert de maisons et « dominée par une forteresse appelée X Alcazaba.
« Les côtés de ces collines étaient pareillement occupés par « des habitations au nombre de soixante- dix mille, séparées. « selon l'usage des Arabes, par des rues étroites et de petites « places. Les maisons avaient dans l'intérieur, des cours et des « jardins plantés d'orangers, de citronniers et de grenadiers qui « donnaient à la ville un aspect charmant.
« L'ensemble était entouré de hauts remparts de trois lieues de « circuit avec douze portes et plus de mille tours fortifiées. »
Histoire de la conquête de Grenade.
« Les maisons placées sur la pente des coteaux, dans l'enfon- '< cernent de la vallée , donnent à la ville l'air et la forme d'une « grenade entr'ouverte , d'où lui est venu son nom. »
Chateaubriand.
NOTE VII, page 140.
Grenade surprise fut conquise.
« La capitulation pour la reddition de G-renade fut signée le « 23 décembre 1491 et toutes les hostilités cessèrent. Les chrétiens et les Maures purent de nouveau se mêler avec cour- « toisie sur les bords du Xenil et du Darro, où quelques jours « auparavant leur rencontre eût été marquée par du sang.
«En attendant, comme les Maures pouvaient recevoir, dans « l'espace de temps qui leur était accordé, des hommes du « dehors, Ferdinand continua de surveiller strictement la ville « et donna l'ordre aux garnisons qui occupaient les forts ainsi «qu'à ses croiseurs dans le détroit de Gilbraltar, de s'opposer « vigoureusement à toute intervention de la part du soudan « d'Egypte ou des princes barbaresques.
«Mais ces puissances étaienttrop embarrassés de leurs propres «guerres, ou trop intimidées par les succès des armes espa- « gnôles pour soutenir une guerre désespérée et les Maures de « Grenade furent abandonnés à leur destinée.
« Le mois de décembre touchait à sa fin, la famine était ex- « trême et il n'y avait aucun espoir d'un événement favorable «dans le terme fixé par le traité. Boabdil ne put voir les mi- « sères de son peuple se prolonger plus long-temps. Du consente tement de son conseil il résolut de rendre la ville le 6 janvier « suivant.
« Le 30 décembre il envoya à Ferdinand son grand-visir Joseph « Aben-Comixa avec quatre cents otages pour faire connaître < ses intentions à ce monarque et lui offrir en présent un ma- '■-, gnifique cimeterre et deux coursiers arabes richement capa-
« raçonnés. »
Hist. de la conquête de Grenade.
Un fanatique, Santon, appelé Hamet-Aben-Zarah, ayant excité des troubles dans Grenade en exhortant les musulmans à ne pas souffrir que leur roi rendît la ville aux chrétiens, et Boabdil
craignant de voir ces scènes de violence se renouveler, en fît instruire Ferdinand et lui offrit de livrer la place dès le lendemain, ce qui fut accepté.
En remettant au prince chrétien les clefs de Grenade : Ces clefs, dit le triste Boabdil, sont tout ce qui reste en Espagne de la domination arabe. Maintenant tout vous appartient, nos trophées, notre royaume, nos personnes ! Telle est la 'volonté d'Allah ; usez maintenant, 6 prince , de la clémence que vous nous avez promise et que nous attendons de vous ! Ferdinand, etsurtout son héroïque épouse Isabelle, consolèrent le roi maure par des paroles pleines de bonté et de courtoisie. Lorsque Boabdil voulut baiser leurs mains victorieuses, ils se refusèrent à cet hommage , et Isabelle , avec une grâce infinie, ordonna que le fils du malheureux prince maure qui se trouvait comme otage près des rois chrétiens , fût rendu à son père.
Boabdil se retira ensuite avec quelques guerriers maures dans 1 es Apulxaras ; de longs soupirs s'échappèrent de sa poitrine, des ruisseaux de larmes coulèrent de ses yeux. A deux lieues de la ville, jetant sur elle un dernier regard , il s'écria : Allah Achbar ! mais les larmes lui coupèrent la» voix. Ayxa, mère de ce faible monarque , lui dit alors avec amertume : Pleurez ; il vous sied de pleurer comme une femme ce beau royaume que vous n'avez su défendre comme un homme.
Allah Achbar! répéta Boabdil, quelles infortunes ont jamais égalé les miennes? Le lieu où cette scène se passa est encore appelé El ubimo suspiro del Moro, le dernier soupir du Maure.
NOTE VIII, page 184.