‹ Au bord du TageChapitre 5 sur 49 · STANCES · texte numérisé non relu

STANCES

« Réveille— toi, ma harpe, et que ta mélodie « Descende aveo la paix dans mon àme engourdie (BAOOR-L.ORMIAN , trad. d'Ossian. )

Fille du ciel , brillante poésie !

Tes doux accens endorment mes douleurs.

Viens animer le néant de ma vie !

Dans ce désert viens semer quelques rieurs !

Sois tout pour moi , remplis mon existence ;

De mes chagrins perce la sombre nuit ;

Trompe mon cœur qui sans cesse s'élance

Vers un bonheur qui sans cesse le fuit !

Trompe mon cœur trop heureux s'il s'abuse !

Enlève -moi sur ton aile de feu !

De tous les biens que le ciel me refuse , Qu'un peu de gloire au moins me tienne lieu. Ah ! qu'ai -je dit et qu'osé-je prétendre? Disparaissez, désirs présomptueux!

Lorsqu'au tombeau je suis prête à descendre, Qu'ai-je besoin d'un laurier fastueux?

Je chante; hélas! comme l'onde murmure, Sans but, sans art, sans espoir, sans désir : Ainsi la fleur s'unit à la verdure , Et se balance au souffle du zéphyr.

Oui , malgré moi , ma secrète pensée Vient retentir sur mon luth douloureux ; Elle jaillit de mon âme oppressée»

Comme les pleurs s'échappent de mes yeux

Par le malheur choisie à mon aurore , Pour l'oublier je chantais ma douleur.

En expirant , ma voix anime encore Un luth plaintif , triste écho de mon cœur. Ce cœur trop tendre osa rêver la gloire , Mais il regrette une plus douce erreur... Ah ! qu'avec moi s'éteigne ma mémoire , Mais qu'une fois je chante le bonheur !

Il n'est plus temps. Ma débile paupière

Déjà se ferme à la clarté du jour.

Puissé-je , au moins , ombre errante et légère ,

Voler vers lui comme un songe d'amour !

Et , répétés par une voix chérie ,

Puissent mes chants un moment l'attendrir !

Un seul regard aurait charmé ma vie ,

A ma mémoire il suffit d'un soupir.

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