‹ Au bord du TageChapitre 6 sur 49 · A BORD DE LA ROSE DU TAGE · texte numérisé non relu

A BORD DE LA ROSE DU TAGE

ROMANCE

AIR : Fleuve du Taêe.

« Vois! c'est leTage. »

Ont dit les matelots , « Un doux rivage

« Enserre ses doux flots.

" O fille de la lyre ,

" Que ce beau lieu t'inspire!

— Hélas! Je dis:

Je rêve à mon pays.

« Jeune étrangère , « Ton luth est triste et doux.

« Chante ! naguère " Ta voix nous charmait tous.

« Ta main erre , distraite , « Sur la corde muette ;

» L'écho des mers « Ne dit plus tes concerts. »

— Je vois le Tage Aux bords inspirateurs .

Je vois la plage Qu'embaument mille fleurs Mais mon âme oppressée D'une triste pensée

Traîne le poids , Et mon luth est sans voix .

En vain cette onde Comme un miroir d'azur

Claire et profonde , Réfléchit un ciel pur.

Je rêve un ciel plus sombre , Un vallon rempli d'ombre. . .

Morne douleur Ici brise mon cœur.

Je vois mon père Avec ses blancs cheveux,

Ma tendre mère Et ses touchans adieux ; Pour mes yeux , pleins de larmes Ces lieux n'ont point de charmes ,

Ces lieux nouveaux Si brillans et si beaux.

Il est en France Un doux et frais vallon ;

Au fond s'élance La tour d'un vieux donjon,

Le mur qui l'environne De lierre se couronne ,

Un clair ruisseau Coule au pied du coteau.

A cette image , Mon cœur bat et frémit;

Aux bords du Tage En vain tout me sourit.

Sur sa rive fleurie Je pleure une patrie ,

Le vieux château Et les bords du créneau.

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