‹ Au bord du TageChapitre 7 sur 49 · ADIEUX A UNE AMIE · texte numérisé non relu

ADIEUX A UNE AMIE

Deux jours , n'attendant plus , mais appelant encore Il redira sa plainte ; et la troisième aurore , Laissant tomber son aile, il mourra de douleur. MILLEVOYE.

Oubliez la fleur éphémère Qu'un jour d'orage fait mourir, Laissez sur la branche légère , Languir et triste et solitaire , L'oiseau qui ne sait que gémir.

Laissez sur la vague perfide , Flotter sans boussole et sans guide L'esquif loin du port égaré ; Qu'il périsse et qu'au gouffre avide , Nouvelle proie il soit livré !

Allez bien loin de cette plage Où croissent ronces et chagrins , Sur un poétique rivage Où luit un soleil sans nuage Chercher de plus heureux destins ,

Allez , et qu'à votre nacelle , Le vent soit propice et fidèle ; Le ciel brillant , paisible et pur ; L'aurore toujours rose et belle , L'air frais et doux , le flot d'azur !

Oubliez que sur cette terre Que vous voulez fuir sans retour,

Soupire une voix étrangère ; Que pour vous une humble prière Au ciel montera chaque jour.

Mais quand brilleront les étoiles , Si parfois , dans les blanches voiles , Vous entendez un léger bruit , Dites : « Son ombre gémissante , « Comme une brise caressante , <« Est là qui m'appelle et me suit »

Belem, 1837.

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