‹ Au bord du TageChapitre 8 sur 49 · QUI ME PRIAIT DE MONTER MA LYRE EN SA FAVEUR · texte numérisé non relu

QUI ME PRIAIT DE MONTER MA LYRE EN SA FAVEUR

Jeune fille blanche et rose , Belle fleur, d'hier éclose Sous un soleil clair et doux ; Jeune fille au frais sourire , A ma gémissante lyre Ah! dites , que voulez-vous ?

L'orage qui l'a mouillée N'a sur sa corde rouillée , Laissé qu'un chant douloureux.

Le triste écho qu'elle éveille Fatiguerait votre oreille Que berce un refrain joyeux.

Ecoutez sous le feuillage ,

Les oiseaux au gai ramage

Que ramène le printemps

Celui qui dans la vallée

Cherche une place isolée

Ne peut vous charmer long- temps.

Dans votre innocente joie , Tressez la perle et la soie ; Joignez la fleur à la fleur :

Comme vous , au mot de fêle , J'ai souvent paré ma tête Et senti bondir mon cœur.

Mais par l'aquilon touchée , Ma pauvre tête est penchée, Mon cœur gémit oppressé ; Mon pied me soutient à peine , Et dans mes boucles d'ébène , Un fil d'argent s'est glissé

Jeune fille blanche et rose , Belle fleur d'hier éclose Sous un soleil clair et doux , A celle qu'un jour de bise Avant l'hiver frappe et brise , Ah ! dites , que voulez- vous?

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