QUI ME PRIAIT DE MONTER MA LYRE EN SA FAVEUR
Jeune fille blanche et rose , Belle fleur, d'hier éclose Sous un soleil clair et doux ; Jeune fille au frais sourire , A ma gémissante lyre Ah! dites , que voulez-vous ?
L'orage qui l'a mouillée N'a sur sa corde rouillée , Laissé qu'un chant douloureux.
Le triste écho qu'elle éveille Fatiguerait votre oreille Que berce un refrain joyeux.
Ecoutez sous le feuillage ,
Les oiseaux au gai ramage
Que ramène le printemps
Celui qui dans la vallée
Cherche une place isolée
Ne peut vous charmer long- temps.
Dans votre innocente joie , Tressez la perle et la soie ; Joignez la fleur à la fleur :
Comme vous , au mot de fêle , J'ai souvent paré ma tête Et senti bondir mon cœur.
Mais par l'aquilon touchée , Ma pauvre tête est penchée, Mon cœur gémit oppressé ; Mon pied me soutient à peine , Et dans mes boucles d'ébène , Un fil d'argent s'est glissé
Jeune fille blanche et rose , Belle fleur d'hier éclose Sous un soleil clair et doux , A celle qu'un jour de bise Avant l'hiver frappe et brise , Ah ! dites , que voulez- vous?