‹ Au bout du mondeChapitre 11 sur 50 · Lescarbot, liv. I*', p · texte numérisé non relu

Lescarbot, liv. I*', p

Les premiers mois s'écoulèrent rapidement et sans inquiétude. Nos Français vivaient dans les meilleurs rapports avec les naturels, visitant leurs chefs, faisant des échanges, se mêlant à leurs chasses et à leurs fêtes publiques ; car, bien que la civilisation desFloridiens fût inférieure à celle des habitants du Pérou, ils avaient une sorte d'organisation sociale inconnue aux peuplades du Canada. La plupart vivaient dans des villes construites sur des monticules factices et entourées de palissades dont les angles étaient défendus par des tours; leurs

maisons se partageaient en plusieurs chambres tapissées de plumes et pavées d'un ciment doré aussi dur que le marbre ; on voyait môme dans l'intérieur du pays des temples ornés de statues colossales d'un travail précieux *. Les terres de chaque village étaient labourées en commun, sous la direction du chef, puis les moissons se partageaient entre lous, selon les besoins. Ces chefs n'avaient du reste qu'un pouvoir borné, et étaient soumis à un certain nombre de parakousses, qui se partageaient la domination de la Floride. Quelques-uns de ces parakousses commandaient à huit mille combattants, et pouvaient réunir jusqu'à deux cents pirogues; chacune de celles-ci, peinte en vert, en jaune ou en bleu, portait soixante guerriers, dont la couronne de plume, les vêtements, les armes étaient de même couleur que les barques, et qui ramaient en cadence en répétant leur chant de guerre ^. Les Floridiens connaissaient aussi le commerce :

i, L'Inca Garcilasso de la Vega, liv. II, p. 135.

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