‹ Au bout du mondeChapitre 28 sur 50 · Cette convention porte la date du 13 mai · texte numérisé non relu

Cette convention porte la date du 13 mai

revinrent, ils ne trouvèrent plus que des squelettes : les trente malades avaient été dévorés vivants *.

t. Le père Dtttertjrei vol. I, p. %i.

Ainsi abandonné de tous, d'Énambuc ne perdait pas courage. Connaissant à fond ce caractère français, si souple à tout essayer, si patient quand on lui varie la lutte , si chaud dans ses dévoùments pourvu qu'on ne les lui impose pas, il allait de Tun à l^autre, prévenant les plaintes par des éloges, consolant la misère par des marques d'affection, et pansant les plaies de chaque cœur avec une espérance.

L'arrivée d'un navire hollandais, que le hasard aTait conduit à Saint-Christophe, vint heureuse-

ment seconder ses eJOTorts. Le capitaine, qui trouva excellent le tabac préparé par les colons, leur donna en échange des vivres, des étoffes, et promit de revenir dans six mois avec un nouveau chargement. Ce fut là l'origine de ces échanges entre la Hollande et les petites Caraïbes, que les compagnies auxquelles fut accordé le privilège du commerce eurent ensuite tant de peine à faire cesser.

Mais le faible secours qui venait d'être apporté à notre colonie naissante suffisait tout au plus pour retarder sa ruine, tandis que l'établissement anglais, abondamment fourni de tout par les soins dé lord Karlay, devenait chaque jour plus riche et plus nombreux. «Ce fut bientôt une ruche trop pleine, forcée de jeter au dehors une partie de son essaim ^. » Waërnard envoya une colonie dans la petite île de Nèves, voisine de Saint-Christophe; puis, se trouvant encore trop à l'étroit, il commença à empiéter sur le territoire des Français.

Ceux-ci réclamèrent en vain. Les Anglais, prenant,

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