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Le père Datertre, yol. I, p

Les habitante de Saint-Christophe ne tinrent na turellement aucun compte des réclamations qui leur étaient adressées, et continuèrent leur com merce tant avec la Hollande qu'avec l'Angleterre EMn, la Compagnie présenta au roi une requête dans laquelle, après avoir avoué « qu'aucun des associés ne s'était jusqu'alors donné le soin de penser à ladite colonie, elle annonçait l'intention de s'y appliquer |duB sérieusement à l'avenir *, pourvu que l'on consentît à confirmer et à étendre ses privilèges. »

Cette demande M favorablement accueillie; l'ancienne Compagnie des Iles, munie d'une nouvelle charte, prit le nom de Compagnie des îles deV Amérique^ et se constitua d'une manièiîe plus large et plus régulière. Il fut convenu entre les associés, dont on augmenta le Tiombre, qu'il y aurait désormais quatre directeurs chargés du maniement des affaires, et une assemblée annuelle de tous les in-

1. Contrat du rétaKlissement de la Compagnie des îles de TAmëri(|ue, passé par devant Gabriel jGuerreatii et Pierre Parque, le lundi 12 février 1635.

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téressés. Cette fois les seigneurs, encouragés par le succès obtenu à Saint-Christophe, se présentèrent en plus grand nombre pour signer le contrat d'association, au bas duquel nous voyons figurer les noms de M. de Luynes, de M. d'Aligre, du président Fouquet et de plusieurs autres.

Les privilèges accordés à la nouvelle compagnie étaient du reste importants et nombreux. Outre le commerce exclusif, le roi lui concédait à perpétuité toutes les îles « qui ne se trouvaient occupées par aucun prince chrétien depuis le dixième jusqu'au trentième degré au deçà de la ligne équinoxiale; » il lui accordait le droit de bâtir des forts, de fondre des canons, de nommer à tous les emplois, sauf à celui de gouverneur-général. Il permettait aux gentilshommes de prendre part à ses opérations sans perdre rien de leur noblesse, et déclarait que tout artisan qui aurait séjourné six années consécutives dans les nouvelles colonies, serait réputé maître de chef-d'œuvre à son retour. A ces conditions, la compagnie s'engageait, de son côté, à faire passer, pendant les vingt premières

années, dans les îles, au moins quatre mille Français catholiques, et à y entretenir des prêtres pour l'édification des habitants et la conversion des sauvages.

La Compagnie des îles de l'Amérique venait de se constituer lorsque arriva en France M. de l'Olive, lieutenant du commandant d'Énambuc. 11 venait solliciter, pour son propre compte, le droit de former un établissement à la Guadeloupe, qu'il avait fait visiter avec soin par Guillaume d'Orange, l'un de ses amis. Un gentilhomme nommé Duplessis, qui se préparait à partir pour l'Amérique, se joignit à lui, et tous deux passèrent avec la compagnie un contrat qui leur permettait de s'établir à la Dominique, à la Guadeloupe ou à la Martinique, selon

LES PETITES GARAÏCES Î5f

leur choix. On leur accorda de plus q^in^e eents livres comptant, dont ils achetèrent quatre pièces de canon de Breteuil, cent mousquets, cent piques et cent corps de cuirasses qu'ils devaient partager également entre leurs gens ^. Ensuite, comme l'argent leur manquait, ils s'associèrent quelques marchands de Dieppe, qui, à la condition de partager le privilège de commerce qu'ils tenaient tous deux de la compagnie, se chargèrent de l'armement des navires et de l'achat des vivres; mais ils en embarquèrent le moins possible et de si mauvaise qualité, que la disette se fit sentir dès les premiers jours du voyage.

La discorde d'ailleurs s'était déjà mise entre les deux chefs; non par la faute de M. Duplessis, qui était instruit, bienveillant et doué de cette fermeté douce qui dirige sans se faire sentir, mais p^r celle de son compagnon, dont le caractère conînlença dès lors à devenir un obstacle pour toute sage mesure.

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