‹ Au bout du mondeChapitre 47 sur 50 · I. Devant la Guadeloupe. — Voyee père Dut? rire, \-ol. fV · texte numérisé non relu

I. Devant la Guadeloupe. — Voyee père Dut? rire, \-ol. fV

En même temps il ordonna aux canonniers de ne tirer qu'à la flottaison, et il courut au château d'arrière, le fusil à la main, pour repousser les ennemis qui venaient d'aborder.

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La première mêlée fut terrible. M. de la Barre reçut sept balles dont deux le blessèrent profondément ; mais il se fit asseoir sur un matelas roulé, le dos appuyé au bastingage, et, bien qu'il nageât dans son sang, il continua à donner des ordres et à encourager les siens. Les Anglais, repoussés au premier abordage, en tentèrent un second par le beaupré sans être plus heureux. La batterie basse de la patache continuait d'ailleurs à les foudroyer, et leur navire faisait eau de toutes parts. Ils laissèrent enfin la patache déborder, et Quittèrent les

châteaux pour courir aux pompes. Mais tout à coup on vit leur grand mât s'abattre, chargé de toutes ses voiles; l'arrière de la frégate se souleva, montrant à la clarté des étoiles le nom de Glocester écrit en lettres d'or, puis un long cri retentit, et tout s'enfonça dans l'abîme.

Dès que M. de la Barre eut été pansé, il appela le capitaine Bourdet, qui lui apprit que la patache avait le beaupré emporté, le mât de misaine près de rompre, les haubans hachés et toutes les voiles brûlées. Il fut donc résolu que Ton retournerait à Saint-Christophe pour la réparer; mais, en y arrivant au point du jour, le navire désemparé tomba au milieu de la flotte anglaise, forte de onze voiles. 11 fit aussitôt vent arrière pour Sainte-Croix, poursuivi par un des vaisseaux ennemis. iM. de la Barre, ayant appris que ce vaisseau les gagnait, se fît porter sur le pont, mit en travers, et ordonna le branle-bas de combat. C'en fut assez pour dégoûter l'Anglais de sa poursuite ; il vira aussitôt de bord, et la patache, continuant sa route sans être inquiétée, atteignit Sainte-Croix, puis la Martinique.

Le lieutenant-général y trouva, comme il respé- <rail, l'amiral hollandais Creinssen, etconvintavecki 4'attaquer l'escadre anglaise. MiM. de Giodoré et du i^ion s'embarquèrent pour cette expédition, chacun a^vec six cents hommes. Tous les colons voulaient les suivre, et il fallut employer la violence pour les «sn empêcher *. Du reste , le combat qui eut lieu sievant Nievcs fut plus bruyant que décisif. Un .malentendu mit le désordre parmi nos vaisseaux, ^tl'ennemi, qui avait l'avantage du vent, en profita f our s'échapper, après avoir perdu seulement deux navires. Toutefois le principal but que s'était proposé M. de la Barre fut atteint: on put ravitailler JSamt-Christophe et y jeter quelques troupes.

Ges secours étaient d'autant plus nécessaires, ^itt'aprèsle départ des Hollandais, le lord Willougby festa maître de la mer et en profita pour tenter une descente dans cette île. Son escadre, qui comptait alors quatorze grands vaisseaux, montés par huit mille cinquante combattants, longea les côtes de

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