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Belation, etc., II, p

LES PETITES CARAÏBES 25f

Saint-Christophe pendant quelque temps, dans «b ordre de bataille qui présentait alternativement nu groupe de navires et une flottille de chaloupes chargées de soldats. Enfin, ceux-ci débarquèrent un peu au-dessous du fort des Dames, sur une plage plus basse que le sol de l'île, auquel on ne pou^t arriver qu'en remontant la rivière Pelan, la ravine de rindigoterie, ou un étroit sentier coupé dans la. falaise. Les Anglais choisirent ce dernier chemin; mais M. de Saint-Laurent, qui venait d'y arriver avec une douzaine de cavaliers, les tint en échec jusqu'à ce qu'il eût été rejoint. Les assaillants se portèrent alors vers la rivière, d'où on les repoussa avec le même emportement. L'ardeur des Français était telle, qu'une chaloupe ayant voulu abordera quelque distance du champ de bataille, des colons qui l'aperçurent de loin accoururent sans chef pour la recevoir à la lame, et, comme les ennemis semblaient hésiter à leur aspect, ils jetèrent leurs fusils, se lancèrent dans la mer, abordèrent la barque à la nage, et tuèrent tout ce qui s'y trouvait. Pendant ce temps, le lord Henri Willougby, quS

était ivre depuis le matin, dormait tranquillement dans sa frégate, au bruit du canon et de la mousqueterie. Ses officiers ne savaient à quoi décider, lorsqu'il parut enfin sur le pont et vint s'appuyei contre la lisse comme à un balcon. On lui apprii alors que les chaloupes de débarquement avaient été forcées de rejoindre les navires, laissant à terre cinq cents hommes qui demandaient du secours.

— Du secours! répéta le lord en regardant son tillac couvert de morts; qu'ils prient Dieu de les sauver! Et il ordonna d'appareiller.

Cependant, comme il s'aperçut peu après que les malheureux qu'il avait abandonnés venaient d'être reçus à merci par les Français, qui étaient déjà descendus sur la plage pour relever les blessés, il fît ranger la terre et y envoya toutes ses bordées, tuant la plupart de ses compatriotes dans le seul but d'atteindre quelques ennemis.

Cette nouvelle victoire fît attendre aux colons avec plus de patience les secours de la France qui leur étaient annoncés depuis plus d'une année. Grâce aux instances de Colbert, l'amiral de Beaufort avait effectivement reçu l'ordre d'équiper une flottille pour les Antilles; mais les capitaines désignés au commandement des navires s'excusèrent, « représentant à l'amiral que les actions faites en ce pays étaient dérobées à la cour et ne servaient en rien à leur avancement *. » Le duc de Beaufort,

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