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NATIONALITÉS NOMBRE DES PROPRIÉTÉS VALEUR

Italiens 5.230 55.500 contos.

Portugais 1.640 35.810 —

Allemands 676 30.050 —

Anglais 26 13.200 —

Espagnols 490 3.020 —

Français 80 3.720 —

Autrichiens 120 1 . 510 —

Diverses nationalités 290 5.390 —

Toutes ces propriétés occupent, dans leur ensemble, 440.000 ouvriers approximativement, dont 200. 000 Brésiliens et 240.000 étrangers.

XIV. — La colonisation officielle et particulière (Q est devenue aujourd’hui un élément très important du développement économique de l’État et les divers gouvernements qui se sont succédé à Sâo Paulo se sont toujours efforcés de multiplier les nucleos aux centres coloniaux qui sont aujourd’hui au nombre de vingthuit, parmi lesquelles Quirim, Nova Odessa, Jorge Tibiriça, Coude de Pinhal, Boracea, Nova Envoya, Nova Paulicea et

(1) Des entreprises particulières ont également fondé un certain nombre de colonies plus ou moins importantes.

Conseillieiro Gamào Peixoto, les trois premières fondées de 189Ô’ à 1897 et les antres à partir de 1905 jusqu’à 1908. Faute d’un bon plan d’organisation et d’une direction appropriée, les premières colonies fondées eurent des débuts assez difficiles et ne prospérèrent que très lentement. La plupart des autres, fondées par le D'‘ Carlos Botélho, suivant une autre méthode,- qui subira cependant des modifications pour les colonies futures, sont dans des conditions, différentes à divers degrés. Toutes, ou presque, Sont à proximité de la voie férrée et trouvent sur place un débouché facile à leurs produits. Nous avons visité les groupes coloniaux qui ont été fondés ces dernières années dans la région de Campinas et sur une partie de la .ligne desservie par la Paulista, ceux de Campos Salles, Nova Odessa, Villa Americana, Nova Europa; dans^ cette dernière vivent beaucoup de Français. A part quelques critiques de détail, ces groupes et la situation prospère dans laquelle nous les avons trouvés, nous ont produit une bonne impression.

La colonie Campos Salles, par exemple,, occupe une très grande étendue de terrain, à quelque distance de Cosmopolis, colonie particulière émancipée, station du chemin de fer Funilense, elle renferme 247 lots, tous occupés par des colons de dix-sept nationalités différentes. La majorité' de' ces lots sont composés de bonnes terres fertiles, dans quelques autres la terre est plus faible et a besoin d’engrais. •

Tous les colons que nous avons interrogés, dont trois Français, sont unanimes à déclarer qu’ils sont satisfaits de leur lot et de leur sort. Ils vivent tranquilles, sans ennuis, trouvant facilement le placement de leur récolte; ils se plaignent seulement de ce que les maisons qui leur ont été cédées par l’État soient rnal construites avec de mauvais matériaux, et sans esprit pratique, par des entrepreneurs sans goût mais non désintéressés, car le Gouvernement est complètement exploité par ces derniers. L’État avait payé fort cher ces habitations qui ne valent rien, aussi a-t-il décidé que le colon ferait dorénavant sa maison à son goût; on lui fournirait les matériaux dont il pourrait avoir besoin à prix coûtant. Aujourd’hui les colonies sont établies sur des bases plus rationnelles, aussi leur développement est-il plus rapide; il y a dans chaque colonie un centre avec un certain nombre d’habitations, où le colon peut loger en attendant qu’une maison soit construite.

ETAT DE SAO PAULO

Les récoltes viennent bien et les colons en tirent un bon parti, ils récoltent principalement le maïs, le haricot rouge, le riz, le coton, le manioc, la pomme de terre; le maïs se vend de 6 à 8 milreis (le milreis vaut 1 fr. 55) le sac de 60 kilos; le riz, 10 milreis. La pomme de terre se vend à raison de 13 à 16 milreis

Sâo Paui.o. — Maisons de colons, colonies Campos Salles et Nova Odessa.

les 60 kilos. Tous ces colons possèdent au moins un trolly, mules ou. chevaux,' du bétail, etc. A Nova Odessa, colonie plus récente, on note un développement extrêmement rapide; les colons. Russes en majorité, mêlés avec quelques Italiens, Espagnols et Allemands, obtiennent de beaux résultats en cultivant de grandes étendues de terre en melons d’eau (pastèques) qui se vendent fort bien en Argentine. Les Compagnies Paulista et Sao Paulo Railway, leur faisant des conditions exceptionnelles de

transport, un navire argentin transporte les charges de Santos à Buenos Ayres. Nous avons vu un lot de trois mois seulement avec une plantation magnifique. L’essor et la prospérité des lots dè ce groupe sont tels que les colons viennent de fonder, avec ceux de Villa Americana, un Syndicat Coopératif pour l’exportation de certains de leurs produits vers le sud du Brésil, l’Uruguay et l’Argentine. Ils se sont entendus à cet effet avec une compagnie de navigation.

XV. — Nous avons été également très heureux de visiter à Piracicabâ VEngenho Central, appartenstnt à une société française, la Société des Sucreries Brésiliennes, dont le siège est à Paris, qui possède six établissements au Brésil : deux dans l’État de Rio de Janeiro, près de Campos, et quatre dans l’État de Sào Paulo. Cette société, que nous signalons avec plaisir, car on a dit ^u’il n’y avait pas d’industrie française au Brésil, a eu, faute de direction, des débuts difficiles, mais aujourd’hui elle obtient des bénéfices considérables. Son capital, qui était de 7.400.000 francs, a été remboursé presque en totalité par les bénéfices des années 1907 et 1908, soit un rendement de 7.000.000 en deux ans. L’usine de Piracicabâ est, de toutes, la plus importante et la plus productive; elle est pourvue d’un matériel tout à fait moderne (il achevait à peine d’étre monté à notre arrivée) qui broie 600 tonnes de canne par jour, produisant 800 sacs de sucre cristallisé, d’un rendement annuel de 100.000 sacs; chaque sac de 60 kilos est vendu dans l’État même, à raison de 25 milreis. Après l’usine de Piracicabâ, la plus importante est celle Ue Raffard, non loin de Piracicabâ; elle a coûté 400.000 francs et en rapporte 200.000 annuellement. Les autres usines couvrent leurs frais ; il leur manque les modifications apportées aux premières, ce sont celles de Porto Felipe et de Lorena. L’usine de Piracicabâ emploie 300 ouvriers, dont la moitié travaille la nuit, plus 1.000 colons répartis sur les 2.000 hectares de là plantation, dans 500 petites maisons assez confortables.

Ces colons cultivent et soignent la canne à sucre à l’époque de la safra, ils la coupent et la transportent à l’usine sur des wagons, car la Société possède 5 locomotives et 60 wagons roulant sur 30 kilomètres de voie ferrée avec le droit de transit sur 30 kilomètres du raccord de l’Ytuana. Chaque colon a un certain nombre d’hectares à cultiver; la canne à sucre leur est payée à

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raison de 10 milreis la tonne. Chaque famille en fournit en moyenne 600 tonnes; il en est qui gagnent ainsi 8 à 9 contes par an, soit une douzaine de mille francs, dont les deux tiers partent pour l’Italie. Chaque récolte finissant en septembre, les colons munis de leurs fiches de pesée peuvent toucher les sommes qui leur sont dues. Ces colons vivent de peu, de haricots, de maïs, des porcs et des volailles qu’ils élèvent.

Avec son nouveau matériel, l’usine de Piracicabâ utilise presque exclusivement, comme combustible, les résidus de cannes broyées, il résulte de ce fait une énorme économie, et les cendres servent à fumer les champs. Pendant la récolte de la canne, les feuilles des tiges sont coupées et laissées sur place ; une fois desséchées, on y met le feu et les cendres servent d’engrais. Ces feux sont allumés de préférence la nuit, car ils sont plus faciles à surveiller et ils ont encore l’avantage de brûler les insectes qui se sont posés. Ces feux vus de loin, la nuit, forment un spectacle magnifique 'et impressionnant.

Un groupement d’actionnaires de la Société des sucreries brésiliennes fait dans la même région des essais de culture de coton, de pommes de terre et de lentilles. Les deux dernières n’ont pas donné de bons résultats, mais il a été reconnu que ce n’était pas en raison de la mauvaise qualité du sol, mais plutôt à cause de l’inexpérience de ceux qui furent chargés de ces essais, qui vont d’ailleurs être recommencés d’une façon plus rationnelle.

Plusieurs variétés de canne à sucre sont cultivées dans l’État de Sâo Paulo, où les plantations couvrent plus de 50.000 hectares de terres. Les principales variétés cultivées sont : la canne rose, la canne violette, la canne rayée, la canne Bourbon, la canne Cayenne et la canne taquara. Cette dernière qui s’accommode de tous les terrains et que l’on peut couper à toute époque, ne s’emploie que pour l’alimentation du bétail pour lequel elle constitue un excellent fourrage. Les autres cannes cultivées ont en moyenne 10° à 10° 5. La canne rose est considérée comme d’un plus fort rendement en eau-de-vie. Les grandes usines donnent la préférence aux trois premières variétés, plus faciles à traiter dans ces établissements, tandis que dans les petits engenhos, la canne Bourbon est la plus appréciée parce qu’elle est tendre et juteuse.

Un alqueire de canne produit, en moyenne, la charge de 100 à 150 chars, de 100 arrobas (15 kilos) chaque charge. Dans les grandes usines, le rendement de la canne en sucre est de, 7,5 p. 100; dans les autres il n'est que de 4 à 5 p. 100, Il faut y ajouter la production d’eau-de-vie, qui est de 1,8 p. 100 à 2 p. 100 dans les grandes usines. Dans les moulins ordinaires, jii obtient de 20 à 32 pipas de 480 litres d’eau-de-vie par alqueire. Les frais de culture d’un champ de canne sont, en général, de 825.000 reis par alqueire la première année, et d’un peu plus de la moitié les années suivantes où l’on récolte les rejetons de cannes. Ces secondes récoltes s’obtiennent pendant une période qui varie de'trois à vingt ans, selon les localités.

Dans quelques propriétés, le système de culture est devenu rationnel, mais, dans la plupart, on ne suit encore que des procédés routiniers, ce qui fait que la canne à sucre ne donne pas le rendement qu’on en pourrait tirer.

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