‹ Au Brésil: De l'Uruguay au rio São FranciscoChapitre 43 sur 69 · VOLUME CUBIQUE PAR MINUTE · texte numérisé non relu

VOLUME CUBIQUE PAR MINUTE

largeur, hauteur.

Iguassu 28.000 pieds. 13.133 pieds. 196 à 210 pieds

Victoria 18.000 — 5.580 - 350 à 360 - ’

Niagara 18.000 — 5.249 — 150 à 164 —

Puis, c’est le Salto de Guayra ou chute des Sete Quedas. Celui-ci se trouve situé à l’endroit où le fleuve Parana touche à la république du Paraguay, à la Serra de Maracaju, qui s’efforce d’interdire le passage au grand fleuve. Cependant, il réussit à rompre cette muraille de granit pour donner passage, dans une

première chute, à une masse liquide de 20.000 mètres cubes d’eau par seconde; puis le fleuve s’ouvre en sept endroits différents, sept chutes livrent passage à ses eaux furieuses avec un bruit formidable qui réveille les échos à 10 kilomètres à la ronde. Tout près de cette merveilleuse chute, qui peut fournir une force motrice supérieure à 4.300.000- chevaux, sont endormies et oubliées, dans la forêt séculaire, les ruines de Ciudad Real de Guayra, où se trouvent les gisements aurifères qui provoquèrent rétablissement de cette ancienne capitale des républiques des Jésuites. C’est tout près de cet endroit que, par une loi - datée du 6 mai 1908, le gouvernement du Parana a réservé, sur la rive gauche du fleuve de ce nom, une superficie de 22.500 hectares de terres, destinée à la fondation d’une ville qui s appellera Guayra. Ce sera le point terminus d’une ligne projetée à construire par la Sào Paulo Rio Grande; l’espace réservé pour cette ville future commence à l’embouchure du rio Pequiry, rive droite, pour finir à 15 kilomètres plus loin en longeant la rive gauche du Parana.

A 30 kilomètres de Ponta Grossa, entre les terres delà fazenda d’élevage du baron de Guarauma, Domingo Ferreira Pinto, existe, curiosité naturelle, une plaine renfermant une grande quantité de pierres et roches de grès rouge, qu on trouve fréquemment dans les terrains dévoniens; toutes ces pierres simulent avec plus ou moins d’exactitude des ruines d’aspect monumental, tours, châteaux, forteresses, églises; des colonnes bizarres dont quelques-unes ont plus de 80 mètres de haut, des blocs énormes, etc. On nomme cet endroit Villa Velha.

XVIII. — Dans les environs du port de Paranagua, à Antonina et sur un grand nombre de points de la côte des Etats de Sao Paulo, Parana et Santa Catharina, on aperçoit des sortes d’élévations formées uniquement de coquillages de différentes espèces, mais, en très grande majorité, de ceux nommés berbigoes, que nous appelons des coques. On donne à ces monticules, qui sont parfois de 20 ou 30 mètres de haut et plusieurs centaines de mètres de long, le nom de samhaquis, mot composé de deux vocables indigènes, samba ou coquillage, et qui ou mont. Quelques voyageurs considérèrent ces sambaquis comme des monuments archéologiques; ce seraient là, d’après eux, les restes de l’alimentation des anciens aborigènes, les valves de coquillages, produit de leur pêche, qu’ils auraient amoncelées en divers endroits.

Cari von Kozeritz donne à ces sambaquis Tàge de sept mille ans; Charles Wiener, quatre ou cinq mille; enfin, Albert Lofgreen, mille ans. Le fait qu’on a découvert dans quelques-uns de ces sambaquis des ossements et quelques objets ayant appartenu à des aborigènes, ne prouve pas que ces monts aient été élevés par les tribus qui peuplaient ces côtes. Pour qui connaît l’indolence native et invincible de tous les Indiens de l’Amérique du Sud, leur répugnance pour tout travail, même productif, il paraît tout à fait invraisemblable que les primitifs habitants de ces côtes se soient départis de leur paresse pour édifier ces monts inutiles avec les restes de leur alimentation, qu’il leur aurait fallu apporter de fort loin le plus souvent.

Il semble plutôt, et cela est plus raisonnable et plus logique, que ces monts de coquillages ont été formés par l’Océan à l’époque non lointaine encore où il recouvrait les terres où s’élèvent les sambaquis, ceux-ci' se trouvant presque toujours au coude d’une rivière où les eaux de la mer venaient se heurter. Peu à peu, les couches de coquillages s’élevaient, à peine séparées par quelques millimètres de sable. Les sambaquis que nous avons visités près de Paranagua, dans le rio Maciel, à Antonina, à Guarakessaba, à Iguape, etc., étaient tous composés de berbigoes ou coques, dont aucune n’avait jamais été ouverte, mêlées à quelques coquillages plus gros et dans des conditions semblables. Des indigènes ont pu venir là faire leurs provisions et même y déposer parfois les cadavres de leurs morts ou ceux de leurs ennemis, laissant aux flots le soin de les recouvrir sous une couche de mollusques. C’est ce qui justifierait la découverte des ossements humains et d’objets ayant appartenu aux premiers aborigènes.

D’autre part, les mêmes savants classifient les sambaquis en trois catégories ; 1° sambaquis naturels ; 2° sambaquis faits de restes d’alimentation dans un long espace de temps; 3° sambaquis artificiels, véritables monuments archéologiques. Pourquoi ces sambaquis seraient-ils les uns artificiels et les autres naturels? On ne se l’explique guère. En outre, du moins en ce qui concerne les sambaquis naturels de la baie de Paranagua, ils s’élèvent pour la plupart sur des terres de formation relativement récente, gagnées peu à peu sur l’Océan, terres complètement recouvertes de palétuviers, avec des parties plus élevées et moins maréca-

ÉTAT DE PARANA

geuses. Donc,' sans prétentions archéologiques, nous serions, porté à croire que tous ces monts de coquillages sont purement ^ naturels, jusqu’à preuve du contraire.

Pour en finir avec les sambaquis, il faut ajouter que ceux-ci sont connus sous le nom de sernamby dans le nord du Brésil, sous celui de sambaquis et d’ostreiras (huîtrières), dans les États de Sâo Paulo et Rio Grande do Sul; enfin sous ceux de berbigao et casqueiro dans les États de Parana et Santa Catha- : rina. Exploités, ' ces sambaquis pourraient fournir d’excellente .chaux; des industriels ont bien établi quelques fours auprès des sambaquis de facile accès, mais en général il semble qu’on ne tire pas de ces monts de coquillages tout le profit qu’on pourrait en obtenir avec un peu d’initiative. Il paraîtrait que là encore, le prix des transports ne permettrait pas une exploitation rémunératrice. Il est cependant des points très abordables où des travaux seraient fructueusement entrepris.

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