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IX. — Pour le moment, on ne trouve à Minas Geraes que deux

Minas Geraes. — Lavage de graviers diamantifères.

Campo, au fond d’un joli vallon où on aperçoit quelques villages épars. On ne peut rêver une meilleure situation pour une usine de fonderie : les environs ne sont, en effet, qu’une succession de monts composés de minerai de fer presque pur, dans des formations différentes caractéristiques, hématite, oligiste, itabirite, magnétique, litané, etc., etc. L’usine s’élève au centre même de gisements compacts d’hématite rendant 66 p. ;100 de fer pur.

En face, le mont Itabira offre son minerai spécial rendant 75 p. 100 de fer, mais l’usine Esperança travaille surtout les sesquioxides et les oligistes à 68 p. 100, lesquels offrent une plus grande facilité de fonte.

Cette usine produit de 5 à 6 tonnes de fer de bonne qualité

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usines importantes, celle d’itabira do Campo, fondée en 1888 et celle de Miguel Burnier, fondée en 1893. A part ces deux hauts fourneaux qui produisent environ 3 . 000 tonnes de fer par an, il existe encore une centaine de petites forges exploitant le minerai par la méthode catalane ; leur production globale est de 1 . 500 à 2.000 tonnes par an. Nous avons visité les hauts fourneaux de l’usine Esperança, qui est, sur le Chemin de fer Central du Brésil, comme la capitale de l’industrie du fer. Cette usine se trouve à 800 mètres de la gare, non loin des bords de la rivière Itabira do

par jour; le chaufîage de chacun des fourneaux exige environ 500 kilos de charbon de bois, lequel est amené des forêts voisines, à dos d’âne ou de mulet. Le manque de charbon de terre oblige le propriétaire de l’usine, M. Queiroz, à prendre des mesures pour s’assurer une quantité suffisante de charbon de bois ; des coupes alternatives sont faites dans ses forêts, car celles-ci ne peuvent être exploitées que chaque dix ans. L’usine Esperança a passé par diverses vicissitudes; fondée en 1888 par un Suisse, ingénieur capable dans l’industrie du fer, elle prit aussitôt un certain développement. En 1893, elle fut rachetée, en même temps que plusieurs forges, par une société qui voulut faire trop grand et tomba en peu de temps dans une situation désespérée. C’est alors qu’un jeune ingénieur, M. Queiroz, racheta l’établissement délabré, répara les hauts fourneaux et fit si bien qu’après des débuts difficiles, il parvint, au bout de quelques années d’un travail opiniâtre, à en faire le centre industriel florissant d’aujourd’hui. Le fer est vendu à raison de 143 a 150 francs la tonne, laissant 40 à 45 francs de bénéfice. Les usines existantes, qui ont envoyé jusqu’à 4.000 tonnes de rails à Sâo Paulo et à Rio en 1909, ne peuvent suffire aux demandes.

X. — Dans la même région, nous avons aussi visité l’usine. Wigg, ou simplement Usina, qui se trouve être la première station de l’embranchement de Ouro Preto, après Miguel Burnier. C’est un important établissement qui exploite de riches gisements de manganèse à proximité de la voie, il renferme un petit monde de travailleurs logés dans de petites maisons confortables, avec école et chapelle entretenues aux frais des propriétaires.

Dans les environs de la gare, on peut voir d’énormes amoncellements de minerai, car la Compagnie aune surproduction en relation avec ce que peut transporter la voie ferrée, le matériel des compagnies de chemins de fer étant.pour l’instant insuffisant. A « Morro da Mina », la Compagnie de ce nom exploite encore de très riches gisements de manganèse d’un rendement de 50 p. 100; le minerai est extrait d’un énorme coteau métamorphique, presque tout entier formé de métal exploitable. On a calculé que pour l’épuiser, il faudrait vingt ans de travail, à raison de 100.000 tonnes par an. Cette Compagnie, moins importante que la première, emploie 300 ouvriers qui vivent dans la propriété où ils sont logés dans de petites maisons, ils sont payés à raison de 2 à 3 milreis , par jour.

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Le manganèse existe encore en dépôts considérables en divers points du municipe de Ouro Preto et dans celui de Queluz de Minas, où se trouvent les riches gisements de Sâo Gronçalo, Gagé, Piquiry, Lafayette, etc., exploités par plusieurs sociétés parmi lesquelles, outre les deux déjà indiquées, figurent : la « Société Anonyme des Mines de Manganèse d’Ouro Preto » , compagnie belge, qui travaille aujourd’hui le minerai de Sâo Gonçalo de Queluz, après avoir exploité ceux deTripuhy et Saramenha; la « Compagnie Minière Belgo-Brésilienne », exploitant la même région, et, près de Lafayette, la ■<( Queluz de Minas Manganèse Company», et la « Sociedade Gérai de Minas de Manganèse, Gonçalo Ramos ». Ces deux dernières exploitent des mines sur les bords mêmes de la ligne ferrée, près de Lafayette, les autres sont à proximité et sont reliées au chemin de fer Central par de petits embranchements. La production annuelle du manganèse, pour Minas Geraes, dépasse 200.000 tonnes, mais elle pourrait être doublée et triplée si le chemin de fer pouvait en opérer le transport. Il convient de signaler que le manganèse n’est exporté jusqu’à présent que par rinde et la Russie, et on économise cet élément essentiel à l’acier en ne l’y faisant figurer que pour 30 p. 100 quand il pourrait en admettre deux fois plus. La consommation annuelle du fer étant de 120 millions de tonnes approximativement et le manganèse n’abondant pas sur le globe, l’État de Minas possède donc là une source importante de minerai à exporter.

XL — L’industrie du fer et l’exportation du manganèse vont sans doute prendre une plus grande importance dans toute la zone centrale et sud-est, grâce à l’achèvement de divers tronçons de voies ferrées, principalement de la ligne de Victoria à Diamantina. Cette ligne, qui part de l’excellent port de Victoria, suit la direction de Itabira de Matto Bentro, pour continuer, à l’aide d’un embranchement, jusqu’à Itabira do Campo, où elle arrivera après un parcours de 630 kilomètres. Cette Compagnie se propose de mettre la ligne à même de transporter avantageusement les minerais. A cet effet, la Compagnie du chemin de fer de Victoria à Minas ('), qui traverse, dans la vallée du Rio Doce, de grandes forêts vierges et dispose sur ce fleuve d’importantes chutes d’eau, vient d’annoncer qu’elle va appliquer l’électricité

(J) Celte compagnie est indistinctement nommée Victoria Minas ou Victoria Diamantina.

à la traction de ses trains. D’autre part, cette Compagnie a passé un contrat avec le Gouvernement Fédéral pour l’exploitation des minerais de fer des régions traversées par ses lignes, et elle procède à la construction de hauts fourneaux sur les rives du rio Doce, où les bois durs ne peuvent faire défaut. Son but est également la fabrication de rails d’acier au moyen des procédés électriques, en faisant passer les masses de fonte liquide- et très pure, travaillée au moyen de charbon de bois, du haut fourneau commun au haut fourneau électrique.

Les hauts fourneaux électriques ont fait d’immenses progrès, surtout en Norvège où il en existe plusieurs, appliqués à l’industrie métallurgique. Les expériences réalisées en 1908, par les ingénieurs Grunwald, Lundblad et Stolhanequi utilisèrent le minerai de fer du Brésil, donnèrent les meilleurs résultats. Pendant trois jours un haut fourneau électrique travailla avec 21.500 kilos d’hématite de Minas Geraes, 320 kilos de chaux et 5.800 kilos de charbon de bois qui ont produit 15.300 kilos de fer en gueuse, tout le minerai ayant été mis à profit, les résidus ayant été de 5 p. 100 seulement. La compagnie de Victoria Minas peut mener son entreprise à bonne fin, car elle dispose dans le port de Victoria d’un débouché direct pour l’embarquement des minerais des principales zones minières de l’Etat, ainsi que pour ses propres produits ; la force et le combustible fournis par les chutes et les forêts de rio Doce sont un sérieux appoint à son succès.

L’Etat de Minas Geraes possède encore d’autres minéraux que nous signalerons brièvement. C’est tout d’abord le cuivre, qu’on trouve aux environs d’Ouro Preto et à Sete Lagoas, à Abaeté, près de Serro et près de Congonhas do Campo. Le mercMre a été trouvé dans le cinabre à Tripuhy, le cinabre a été rencontré sur les bords du rio Doce et à Jaquary. Le zinc se présente dans la blende à Trino aux environs d’Ouro Preto, où un gisement a été découvert par M. Costa Sena, directeur actuel de l’École des Mines, qui aurait également trouvé du bismuth. Le platine a été reconnu près d’ Abaeté, et près d’Ouro Preto; le chrome a été rencontré à Congonhas de Campo entre Ouro Preto et Queluz .et à Bom Successo à l’ouest de FEtat ; le cobalt noir a été signalé près de Diamantina. Viennent ensuite le molybdène, le graphite, l’amiante et enfin les sables monazitiques qui font

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l’objet d’importantes exploitations dans la vallée du Parahyba du Sud, dans les municipes de Mar de Hespanha, de Alem Parahy ba, de Palma Peçanha et région de Matta de Minas et sur les bords du rio Mucury. On sait que les sables de monazites fournissent le thorium qui entre dans la confection des manchons à incandescence.

XIII. — Minas Oeraes est aujourd’hui aussi fameux pour son industrie agricole et pastorale que par ses richesses minières, il peut être considéré comme le jardin ou le verger de la capitale de l’Union. Il est en effet peu de contrées où l’agriculture- trouve des conditions plus favorables pour son développement. Nous voulons parler surtout des régions du sud, sud-est et sud-ouest. Là, toutes les cultures des régions tempérées et sub-tropicales réussissent avec le même succès, depuis le blé sur les plateaux élevés, jusqu’au café, coton, tabac, riz, maïs, etc. On nous a cité cet exemple typique que la luzerne fournit une première coupe trois mois après l’ensemencement et ensuite une coupe régulière tous les mois; nous n’avons toutefois pas eu l’occasion de vérifier ce fait. Les cultures dominantes sont encore le café et le tabac, mais l’exportation de ces deux produits semble rester stationnaire, le café en raison de la crise causée par la surproduction qui amena la baisse, et le tabac parce que la culture en reste trop routinière .

On cultive le café sur une grande échelle dans le sud, dans la partie sud de Minas qui avoisine Sâo Paulo et dans la zone nommée « Matta » ; les plantations sont florissantes. En 1908, l’Etat exporta 148.356 tonnes de café et en 1909, 160.000 tonnes. Les producteurs de Minas tendent à s’émanciper des intermédiaires ou commissarios pour la vente de leur café; ils ont à cet effetconstitué des sortes de coopératives qui vendent elles-mêmes ou s’efforcent de vendre leurs produits en Europe et déjà s’en trouvent très bien. L’activité se porte plutôt maintenant sur la culture des céréales nationales, telles que maïs, haricots, riz, tant pour garantir l’Etat contre des crises particulières aux pays de monoculture que parce que ces produits sont très avantageux. L’exportation de ces différents produits a -donné en 1908 : riz, 9.778 tonnes; haricots 10.566 tonnes ; maïs 26.821 tonnes; tabac, 6.451 tonnes. En 1909 : riz, 11.200 tonnes; haricots 12.200^; maïs 28.300 tonnes; tabac 9.781 tonnes. Lapomme de terre, qui eà

cultivée dans les régions tempérées du sud et du centre de l^Etat, figure aujourd’hui à l’exportation avec 5.000 tonnes. La vigne se plaît un peu partout, même dans les contrées chaudes, comme celles de Uberaba, Montes Claros et Sete Lagoas; les raisins sont cependant meilleurs dans les zones où les pluies sont moins fréquentes. On trouve depuis quelques années des établissements fabriquant du vin, nous en avons vu dans les environs de Belle Horizonte et de Uberaba où le vin était passable ; il en existe encore à Cattas Altas, à Campanha, dans les municipes de Santa Barbara, etc., etc., mais nous ne croyons pas, sauf exception, que la viticulture progresse beaucoup dans Minas qui a heureusement d’autres ressources.

Au sud, à l’ouest et au nord de l’Etat, il y a de magnifiques pâturages naturels et l’élevage des bêtes à cornes constitue une industrie importante qui tend de plus en plus à se développer, ainsi que la fabrication du beurre et du fromage, de qualités différentes, dont on approvisionne les Etats du sud. L’industrie laitière a pris un très grand développement depuis quelques années. «Pour avoir une idee de son importance et despiogrès qu’elle peut encore faire, il suffit de considérer son accroissement depuis 1900. A cette époque la production du beurre ne dépassait guère 80.000 kilos; en 1909, l’exportation atteignait

237.000 kilos. Les fromages, entre autres une sorte de Hollande qu’on produit dans la Serra de Mantiqueira, des imitations de parmesan et de gruyère, des spécialités locales, donnent à l’exportation 4.800 tonnes; 4 millions et demi de litres de lait sont en outre envoyés à Rio annuellement. Les fromageries existent à Araxa, Lema Duarte, Barbacena, Oliveira, Lavras, Sâo Joao del Pmy, Queluz, Baependi, Entre-Rios, Sitio, etc.

XIV. — L’élevage du gros bétail s’est développé dans les mêmes proportions suggestives ; en 1908, Minas exporta plus de

400.000 têtes de bétail,' percevant de ce fait un impôt de près de 5 millions. Ce bétail est vendu dans les foires de Sitio, de Bemfica et de Très Coraçoes, au sud, qui sont celles qui attirent le plus d’acheteurs. Cette dernière se trouve au sud-ouest de l’Etat dans le bassin du rio Verde, les deux autres se trouvent sur la lio-ne du chemin de fer Central. Dans le nord, des foires périodiques ont lieu à Montes Claros, Grao Mogol, f.Salinas et Arassuahy qui sont l’occasion de grandes transactions com-merciales, car on

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y vend en outre toutes sortes de produits régionaux. Ces foires ont été instituées par le gouvernement ; elles sont exploitées par des concessionnaires qui passent des contrats avec l’Etat, lequel, en vertu de plusieurs lois, est autorisé à percevoir 15 p. 100 du produit brut de ces foires.

L’introduction d’étalons normands, suisses, anglais et hollandais, avec un intelligent travail de sélection, a amélioré dans nombre d’endroits la race bovine indigène, de sorte que les individus qu’elle a déjà produits sont comparables aux variétés européennes.- Dans les environs d’Uberaba, nous avons visité

Fazenda de Cassù. — Environs d’Urebaba, élevage du zébu de race.

d’importantes fazendas qui se livraient à l’élevage du zébu de race, et en vendaient les produits dans l’intérieur de Goyaz et de Matto Grosso pour obtenir des métis. La fazenda de Cassù était arrivée à obtenir de magnifiques spécimens qu’elle plaçait avantageusement. L’élevage du zébu est loué par les uns, fort décrié par les autres, sous prétexte qu’il est tout en os et en muscles et que l’animal est de moeurs sauvages. Nous pensons qu’il y a exagération de part et d’autre, toujours est-il que cet animal s’acclimate admirablement et que métissé il n’est pas plus mauvais qu’un autre si on ne le laisse pas dégénérer. Pour les autres croisements, les municipes qui se distinguent par l’amélioration de leur bétail, sont ceux de Barbacena, Entre-Rios et Palmyra.

On élève à Minas des porcs en abondance, et on en exporte annuellement plus de 50.000 sur pied; ces porcs obtenus par sélection naturelle ont formé deux sous-races propres au pays qu’on nomme Pirapetinga et Canastrâo. On exporte aussi des quantités énormes de lard et de saindoux, et plus de 2.200 tonnes de volailles. En résumé tous les produits de l’industrie pastorale se sont énormément développés de 1890 à 1908. On voit le bétail élever son exportation en clix-huit ans de 1.430.00Ô francs à

40.400.000 francs ; les fromages de 1.650.000 francs à 12.000.000; le lard de 2.200.000 francs à 7.500.000 francs ; le bétail porcin de 1.440. 000 francs à4. 200. 000 francs. L’exportation pastorale atteignait, en 1902, une valeur de 37.400.000 francs ; or, dans un des derniers messages du président de Minas Geraes, on voit que sur les

400.000 têtes de bétail exportées, près de 200.000 furent vendues dans diverses foires établies dans l’Etat, pour une valeur de

26.400.000 francs. Or, il faut considérer que le bétail ainsi vendu dans les foires intérieures représente à peine la moitié du bétail exporté, ce qui permet d’assigner à cette exportation une valeur de plus de 52,000.000 de francs, soit 15.000.000 de plus qu’en 1902,

XV, — L’Etat de Minas Geraes né fait appel qu’à l’immigration spontanée, les grandes levées d’immigrants amènent un trop grand nombre de non-valeurs, inaptes à la vie rurale, qui font la fortune des agents d’émigration, sans que le pays recueille aucun bénéfice des sacrifices qu’il a consentis. Il y a actuellement à Minas huit centres coloniaux divisés en 1.027 lots sur une étendue de 78 millions de mètres carrés. Ces centres se trouvent situés dans les municipes de Barbacena, de Rodrigue Silva, d’Aguas Virtuosas, de Nova Baden, de Pouso Alegre et ceux des environs de la capitale, dont nous avons déjà parlé.

Comme il est tout naturel dans un pays aussi neuf, où les grandes propriétés sont nombreuses, le prix de la terre varie considérablement suivant la proximité des centres, des voies ferrées, des cours d’eau ou des routes. Dans la région sud-est de Minas, zone d’élevage, l’alqueire de terrain (4 hectares 84 ares) vaut de 100 à 170 milreis. Dans la région des forêts, la « Matta » l’alqueire se vend de 200 à 500 milreis suivant situation. Dans les districts de Cataguazes, übas et Leopoldina, la valeur varie de 100 à 300 milreis. Les terrains de capoeiras ou brousse se vendent depuis 50 milreis jusqu’à 150 milreis l’alqueire.

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L’État de Minas Geraes ne peut encore être considéré comme un État industriel, il s’en faut de beaucoup, mais il le deviendra peu à peu, par la force des choses. Déjà, on y trouve 38 fabriques de tissus qui donnent de fort jolis dividendes à leurs actionnaires * le plus grand nombre a dû doubler son capital et sa production, laquelle s’élève à plus de 1.200.000 kilos détpfîes, dont un tissu spécial connu dans le pays sous le nom de hrim mineiro. Nous signalerons ensuite, rapidement, l’industrie de la tannerie, des chaussures, de la sellerie, chapellerie de cuir et de paille assez grossière, de feutre assez bonne; il y a aussi des fabriques de meubles à Juiz de Fora et à Belle Horizonte, des fabriques d’allumettes, de cordages et de sacs à l’aide des fibres de la pita, du tucum et de la macauba, etc.

XVI. — Le centre le plus industriel de l’État comme aussi la ville la plus importante et la plus populeuse est Juiz de Fora qui s’élève sur un plateau à 80 mètres d’altitude. Elle est favorisée par un excellent climat, même aux époques où régnent les grandes chaleurs, vers l’est jusqu’au littoral. La ville est riante, ses rues larges et animées, très commerçantes; elle est desservie ainsi que les environs par des lignes de tramways électriques. Une chute d’eau, qui est aux portes de la ville, actionne, depuis vingt ans, le générateur de la lumière. Une quinzaine de fabriques importantes fonctionnent dans la ville et ses faubourgs ; parmi celles-ci, il faut signaler deux filatures , et fabriques de tissus de coton, une fabrique de meubles, une fabrique de machines agricoles et carrosserie, une fabrique de clous, une autre de chaussures, etc. La ville possède de 25 à 30.000 habitants et progresse constamment en raison de son excellente situation sur la ligne « Central du Brésil» et tête de la ligne à Piau. On y remarque nombre d’édifices importants et de bel aspect, tels que « l’Academia de Commercio »,la banque du « Crédite Real», le palais « Andrade» et divers autres.

Une autre, ville également importante est Uberaba, située dans le triangle mineiro, nommée autrefois la « princesse du Sertao » . Cette ville, jadis isolée à l’extrémité sud-ouest de l’État, est aujourd’hui desservie par le chemin de fer Mogyana, c est un centre d’élevage, de culture de céréales, coton et canne. Uberaba, qui étend ses rues larges, dont peu sont pavées, sur une grande superficie, est l’entrepôt forcé du commerce du sud de Goyaz et

de l’est de Matto Grosso, surtout depuis la construction d’un pont, importante oeuvre d’art récemment inaugurée sur le rio Paranahyba. Ce pont, dit du «Cahidor», unit les États de Goyaz et de Minas et facilitera considérablement les transactions qui étaient rendues impossibles à l’époque des crues. C’est surtout la petite ville de Uberabinha, plus au nord, qui bénéficiera de cet ouvrage. U beraba est une ville fort agréable, d’environ 15.000 habitants, éclairée à l’électricité; elle est destinée à prendre d’ici peu une grande importance avec la création du chemin de fer de Goyaz. Dans les dépendances de la Municipalité, se trouve un dépôt de machines agricoles de tous modèles achetées par la Ville; ces machines sont revendues à prix coûtant aux agriculteurs de la région. Ce dépôt existe dans toutes les principales villes de l’État de Minas, telles que : Cataguazes, Mar de Hespanha, Pomba, Queluz, Sao Joâo del Rey, villes de plus de 10.000 habitants, jouissant d’un excellent climat et centres de régions agricoles très prospères, Caldas, station thermale située à la frontière de Sao Paulo (cette localité, ainsi que Caxambù, où se trouvent d’abondantes sources minérales, est très fréquentée pendant l’été), Christina, Baependi, centre d’importantes cultures de tabac, Entre-Rios, Carangola, Pouso Alegre, Ponte Novas, Bom Successo, Alfenas, Pitanguy, Formiga, Bambuhy, Très Coraçoes, etc., etc., sont des centres commerçants de 4 à 10.000 habitants.

XVII. — Nous avons dit que la population de Minas Geraes s’élevait à 4 millions et demi d’habitants; sur ce total, il y a environ 200.000 étrangers de diverses nationalités dont cent mille Italiens environ disséminés dans la zone caféièreet agricole. Les habitants de Minas semblent de beaucoup préférer la vie de là campagne, de la roça, comme ils disent, à celle des villes, c’est pourquoi les villes les plus populeuses de l’État, Juiz de Fora, Bello Horizonte, Ouro Preto, Uberaba, Diamantina, Sao Joâo del Rey, oscillent entre 12 et 30.000 habitants. Par contre, il existe des centaines de bourgs, villages et hameaux ayant une faible population; localisée dans les villes et bourgs elle peut s’évaluer à un million d’habitants, en échange 3 millions et demi de Mineiros habitent les campos et les fazendas. Une dizaine de milliers d’indiens appartenant à des tribus diverses errent encore dans les forêts vierges de l’est [et nord-est de Minas, de même

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qu’à l’extrême ouest de l’État, c’est-à-dire sur les frontières de Bahià, d’Espirito Santo, de Goyaz et de Matto Grosso . Dans la colonie indigène de Itambocury, municipe de Théophile Ottoni, où il existe 7.000 individus dont 1.500 sont des Indiens Botocudos soumis, l’école est faite aux enfants indigènes par un couple d’indiens de cette race qui s’assimile parfaitement. Les autres Indiens appartiennent au reste des tribus Aymorés, Crixas, Anajas, Molalis, Jiporoks, etc., qu’on s’efforce de catéchiser, mais il

Minas Geraes. — Un vaqueiro.

semble que les missionnaires soient peu nombreux. L’effort retombe uniquement sur quelques rares capucins.

La population de TÉtat de Minas, à laquelle nous ne pouvons pas consacrer les quelques pages qu’elle mériterait, est des plus sédentaires et d’habitudes pacifiques et ordonnées; les Mineiros sont, en général, laborieux et de vie sobre et modeste. L’habitant de la région nord cache sous une apparence dTiomme toujours fatigué une énergie qu’on ne lui prêterait pas; il est plus fruste, mais aussi soumis que les autres habitants de l’État, et il suffit d’une force de police d’environ 2.000 hommes pour maintenir Tordre dans un pays plus grand que la France. Toutefois, l’habitant du sertâo du nord est très pointilleux sur les questions d’honneur et d’amour-propre et, dans les circonstances où il se

sent blessé, il n^attaclie guère d’importance à la vie de ses . semblables ou même à la sienne. Pour des gens qui vivent pauvres constamment au service d’autrui, ils sont d’une honnêteté scrupuleuse.

Leur vie se passe à garder des troupeaux sur de vastes domaines dont les propriétaires sont le plus souvent éloignés ; grâce à un contrat qui leur donne un tant pour cent sur les produits de la fazenda, les vaqueiros ou jagunços du nord de Minas naissent, vivent et meurent sur la même propriété. Les propriétaires connaissent leur fidélité sans égale et leur laissent toute liberté. Les règlements de compte se font à la fin de l’année et se réalisent fort souvent sans la présence du principal intéressé. Le vaqueiro sépare scrupuleusement parmi les têtes nouvelles des troupeaux celles qui appartiennent au patron, et sur la croupe desquelles il imprime la marque de la fazenda. Sur le quart restant qui lui revient, sa marque propre est appliquée, cette part il la vend dans les foires ou la garde, puis il écrit au propriétaire pour lui apprendre ce qu’il a fait.

Le vaqueiro connaît toutes les marques des propriétés environnantes ; s’il trouve dans ses pâturages un animal qui n’est pas- à lui, il le rend aussitôt. Si par hasard, il ne connaît pas la marque il le garde comme les autres, mais ne le vend ni ne le tue. Si c’est une vache et qu’elle donne un veau, ce dernier est marqué avec le signe inconnu, et ainsi de même pour les autres générations; l’animal ne lui appartient pas. Il se borne à retrancher un animal sur quatre comme il le fait avec son propre patron. Il arrive parfois qu’après plusieurs années, on retrouve le propriétaire de l’animal égaré, alors à la place d’une bête dont il avait perdu le souvenir, c’est un petit troupeau qu’il reçoit. Ce trait peut paraître paradoxal, mais il dépeint le sertanejo (^) de l’intérieur, dont la civilisation n’a pas encore fait disparaître les quelques qualités natives. Les vaqueiros sont surtout très solidaires, et s’entr’ aident mutuellement dans la recherche de leur bétail égaré. Ils sont, par contre, d’une ignorance et d’une routine inconcevables, au point de se borner à quelques sortilèges ou prières accompagnées de signes cabalistiques pour guérir leurs animaux atteints de bichos (insectes) ou d’autres maladies.

(.1) Homme du Sertào.

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XVIII. — L’étendue des voies ferrées en exploitation dans l’État de Minas Geraes s’élève actuellement à plus de 4.400 kilomètres; c’est avec celui de l’État de Rio de Janeiro et de Sâo Paulo le réseau le plus important du Brésil. Cet outillage commercial est certes encore bien insuffisant en comparaison des zones populeuses et riches qui restent à desservir, mais il indique un grand progrès et un effort constant qui augmente chaque jour l’importance du réseau. En 1887, celui-ci n’était c|uede 1.466kilomètres, pour arriver dix ans plus tard à 3.404 kilomètres, et, enfin, à celui d’aujourd’hui de 4.400 kil. Le réseau actuel comprend 12 lignes dont l’importance varie de 1.000 à 2.000 kilomètres pour 9 d’entre elles. Ce sont : 1“ Le Chemin de fer Central du Brésil ; — 2° La Leopoldina ; — 3“ La Oeste de Minas — ; 4“ La Sapucahy ; 5° — La Mogyana ; 6° — La Bahia et Minas ; 1°

La Muzambinho ; — 8® La Minas et Rio ; — 9° La Victoria Minas ; — 10° La Juiz de Fora et Piau ; — 11° La Guaxupé ; — 12° La Paraopeba. Ces trois dernières lignes ne sont que des embranchements dont le plus important n’a que 58 kilomètres.

Comme l’espace nous manque, nous ne nous arrêterons qu’aux principales de ces lignes, celles dont l’importance est primordiale pour l’Etat : la «Leopoldina)) qui part de Nictheroy, et pénètre dans l’Etat de Minas où elle se divise en plusieurs branches formant un parcours d’environ 950 kilomètres; la « Oeste de Minas )) qui commence à Sitio sur le chemin fer Central, et se divise en deux embranchements dont l’un se dirige vers Goyaz ; son parcours dans Minas est également de 950 kilomètres ; la « Sapucahy » qui part de Soledade à la frontière, et dessert sur 440 kilomètres la région sud, une des plus fertiles de l’Etat; la «Victoria Minas )) que nous avons déjà signalée est une des plus importantes pour l’avenir du pays.

Cette ligne part de Victoria, capitale et port de l’Espirito Santo, pénètre dans l’Etat de Minas en suivant la vallée du rio Doce, prend la direction de Itabira de Matto Dentro pour remonter au nord-est et se diriger vers Diamantina. Un tronçon partant de Sabara sur la ligne « Central » doit se rattacher à Ferros ou à Itabira, à la Victoria à Diamantina, mettant à profit une région minière remarquable. La construction de la Diamantina est avancée jusqu’au kilomètre 420. Nous avons déjà dit que cette Compagnie, dont la majeure partie des capitaux sont français,

procède à rélectrification de sa ligne, à l’effet de pouvoir exporter par le port de Victoria le minerai de fer existant dans la zone parcourue par cette ligne depuis la montagne de Candonga au kilomètre 380, jusqu’à celle d’Itabira: de Matto Dentro au kilomètre 560. De cette façon, la Compagnie pourra effectuer le transport du minerai au prix dont elle est déjà convenue avec d’importantes maisons de France et d’Angleterre. D’après une étude du professeur Orville Derby, la quantité de ce minerai de fer de grande teneur qui existe dans la zone parcourue par le chemin de fer de Victoria à Diamantina, s’élèverait au chiffre de 300 milliards de tonnes. De ce fait. Minas Geraes pourrait approvisionner le marché du monde pendant nombre d’années. Le minerai trouvera un placement sûr, car il pourra couvrir en partie le déficit existant, que les spécialistes évaluent à plus de 10 millions de tonnes par an. Pour desservir Diamantina le plus rapidement possible, la « Victoria Diamantina « procède présentement à la construction d’un embranchement entre Curralinho, station sur le chemin de fer Central, et la capitale de la région diamantifère.

XIX. — La ligne « Central du Brésil » dont nous avons déjà parlé est la voie ferrée la plus importante de Minas; elle part de Rio de Janeiro, entre dans Minas, et, prenant la direction du nord se dirige vers le Sao Francisco qu’elle atteint présentement. C’est cette ligne que nous suivons jusqu’à son point terminus, afin d’accomplir la première partie de notre voyage. Au moment de notre passage, le trafic de la ligne s’arrêtait à la station de Lassance à 917 kilomètres de Rio et à 88 de Pirapora, Toute la zone traversée par le chemin de fer se peuple rapidement à partir de Curvello, centre le plus populeux et florissant de cette zone. Entre Sabara et cette ville, on trouve encore Cordisburgo, Pedro Leopoldo, Sete Lagoas, petites villes d’un grand avenir où on note déjà une grande animation commerciale. Après Curvello, c’est Curralinho, point d’où partent les convois et la diligence pour Diamantina qui est le centre le plus important qu’on rencontre jusqu’au Sâo Francisco. Les villes ou centres de population les plus notables de la zone nord de l’Etat sont, outre Diamantina déjà citée, Arassuaby, Serro, Grào Mogol, Salinas, Montes Claros, Januaria,:Paracatù, etc.

De Curvello vers le nord, c’est une chose admirable que de

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voir se peupler ces déserts, le serlâo, qui peut offrir des conditions de vie stable et relativement confortable, des centres neufs présentant dès maintenant des éléments de prospérité que le temps développera, plus ou moins rapidement. Lassance qui n’était rien qu’un point dans le sertâo, possède un certain nombre de maisons solides et un plus grand nombre en torchis; cet endroit est déjà le point de concentration de tous les produits de la région environnante; nous y avons vu plusieurs convois apportant surtout des cuirs secs et salés et du caoutchouc mangabeira.

L’ingénieur en chef, prévenu de notre arrivée, mit le lendemain un train à notre disposition pour nous conduire jusqu’à Pirapora. La ligne était achevée, mais non livrée au trafic. On y opérait encore divers travaux complémentaires, l’inauguration n’eut lieu qu’un mois et demi plus tard. Sur tout le trajet, il n’y a plus aucun centre de population sérieusement établi. Cependant, autour des gares coquettes et bien construites, se groupent encore quelques habitations, et il suffira de quelques mois pour transformer l’aspect de la région. C’est. tout près de Pirapora que se produisit le lamentable accident qui coûta la vie à notre infortuné compagnon de voyage, M. Ernest Dubosc. Nous approchions du fleuve, lorsque notre wagon dérailla dans une courbe étroite où la voie était détrempée par la pluie. L’accident était en lui-même assez insignifiant, mais M. Dubosc, croyant le danger plus grand, sauta de la plate-forme avant, et, ayant sans doute trébuché sur une roche, tomba sous les trucs du wagon. Retiré avec peine de dessous la voiture, notre malheureux camarade mourut une heure et demie plus tard.

Grâce aux facilités que nous trouvâmes auprès de la Compagnie, nous eûmes au moins la satisfaction de ramener le corps de notre compatriote jusqu’à Belle Horizonte où des obsèques furent faites aux frais de l’État. A cette occasion, tout le corps consulaire étranger de la capitale de Minas montra la plus grande solidarité en veillant le corps de notre ami mort dans ces conditions tout à fait déplorables, et en 1 accompagnant en cortège au caveau que M. Wenceslau Braz, président de l’État, avait bien voulu mettre à notre disposition. '

A l’occasion de ce douloureux accident, nous tenons à signaler un fait qui démontre combien est encore justifiée la réputation d’honnêteté faite aux populations rurales du nord de Minas,

Notre wagon, où avait pris place le payeur de la Compagnie, transportait une somme fort élevée destinée à solder les ouvriers de la ligne qui n’avaient pas été payés depuis plusieurs mois. Au moment du déraillenient tout fut naturellement bouleversé et des liasses de billets, avec quantité de monnaies divisionnaires en argent et nickel, roulèrent sur le plancher de la voiture à demi renversée sur le talus. La plupart de ceux des ouvriers de la voie que nous avions recueillis sur les plates-formes en cours de route, se précipitèrent et envahirent à diverses reprises le wagon pour chercher les moyens de porter secours et de soulever la voiture. Et bien! personne parmi ces pauvres diables dont beaucoup n’avaient peut être jamais eu 100 milreis à eux ne pensa à profiter de la situation pour s’approprier quelques billets, et il ne manqua même pas un jeton de 100 reis aux fonds du payeur. Il nous est permis de demander dans combien de pays de l’Europe civilisée on pourrait citer un fait semblable, et ce qui serait advenu en pareil cas !

XX. — L’arrivée du chemin déféra Pirapora marque le commencement d’une transformation de l’une des plus belles parties du centre du Brésil qui attirera, par ses richesses naturelles et sa situation, une population nouvelle. Pirapora, qui en langue tupy veut dire « lieu où le poisson saute », est un bourg de 1.000 habitants appartenant au district de Sâo Gonzalo situé sur les rives du Sao Francisco, au point où ce grand fleuve cesse d’être navigable, en raison des longs rapides ou chutes auxquels on a donné le nom de « Chutes de Pirapora ».

En face, de l’autre côté des chutes, sur la rive gauche du fleuve, se trouve un autre petit village du même nom mais appartenant au municipe de Sâo Francisco. La voie ferrée doit momentanément s’arrêter là, avant de continuer vers le nord, mais un pont de 700 mètres sera jeté sur le fleuve qui n’ofîre pas à cet endroit de grandes difficultés. La station terminus sera édifiée sur la rive gauche du Sâo Francisco, à 2 kilomètres en amont des chutes, où la situation est magnifique.

Le village de Pirapora, rive gauche, qui est éloigné de 240 kilomètres du chef-lieu de son municipe, jouit d’un climat meilleur,' en raison de sa situation élevée, que son homonyme d’en face. C’est sur le plus haut point de cette localité que le gouvernement de Minas veut fonder une ville possédant tout le

ETAT DE MINAS GERAES

confort indiqué par la science moderne et l’hygiène. 11 ne fait aucun doute pour nous que cette localité ne devienne dans quelques années une des villes les plus importantes de rintérieur, car ce point est desservi par la ligne de navigation fluviale qui se fait de Pirapora jusqu’à l’Etat de Bahia sur une distance de 1.369 kilomètres. Le Ministre de la Marine du Brésil a décidé de construire à cet endroit une école de mousses telle qu’il en existe sur le littoral; les jeunes gens feront leur apprentissage sur le grand fleuve avant de se lancer sur l’Océan. A 12 kilomètres en amont de Pirapora se trouve l’embouchure du rio das Velhas, un

Minas Geraes. — Notre train avant Pirapora.

des grands affluents du Sào Francisco, on y rencontre la petite localité de Gruaicuhy.

Les vallées voisines des affluents du Sào Francisco, le Paracatü et rUrucaia sont très fertiles, les pâturages de cette région sont excellents; un bon cheval se vend de 60 à 80 milreis, un bœuf pour 30 à 40 milreis. La population commence à s’intéresser au commerce qui devient plus actif. Pirapora vend environ 30.000 têtes de bétail par an, le bétail qui traverse le fleuve entre l’un et l’autre des villages riverains paie 40 reis d’impôt de transit. Il y existe aussi un commerce de cuir préparé par les habitants de l’intérieur, de caoutchouc, maniçoba et mangabeira dont il se vend 12 à 15.000 kilos par an, des résines d’angico et de jatoba, des peaux de loutres, de jaguars, de renards, de cerfs et autres animaux de la faune locale, des cuirs secs et frais.

des diamants en petit nombre, etc. L’exportation du poisson salé est une des ressources du pays qui en envoie jusque sur les marchés de Diamantina, de Curvello et même de Bello Horizonte* le poisson se vend 500 reis le kilo, mais quand il arrive à destination le prix varie entre 4 et 6 mil reis. Nous avons vu pêcher un surumbi, poisson de 2 mètres de long, pesant plus de 120 livres ; la chair de ce poisson, salée depuis quelques jours, est vraiment savoureuse et bien supérieure à celle du pirarucu, autre poisson géant de l’Amazone.

Une filature de coton et fabrique de tissus, «Cédro et Cachoéira», installée à Pirapora, exporte par le Sâo Francisco et ses affluents pour plus de 500,000 francs de ses produits dans l’intérieur du nord de Minas et des Etats de Bahia, Pernambouc, Piauliy et Maranhâo. Cette compagnie vient d’introduire des machines pour extraire l’huile des noix d’une sorte de palmier que le professeur Orville Derby pense être le Pendoba-Âttalea humilis de Martius. Ce palmier donne des fruits toute l’année, produisant 40 à 50 p. 100 d’huile. Avec tous ces éléments joints à des gisements aurifères et diamantifères qui ont été signalés dans la région, il est- plus que probable que Pirapora deviendra d’ici peu d’années un vaste entrepôt commercial, et une ville pleine de vie et d’activité.

XXI. — Nous achèverons cet aperçu de Minas Geraes en exposant la situation financière de cet Etat dont la dette comprend des emprunts extérieurs et intérieurs. La dette intérieure consiste en apolices (bons ou obligations) 5 p, 100 du Trésor et s’élève à 46.000 contos environ.

La dette extérieure comprend deux emprunts 5 p. 100 qui ont été émis sur le marché de Paris ; l’un de 65 millions déjà amorti de 15 millions et un autre de 25 millions. Mais l’Etat de Minas Geraes vient de procéder en mai 1910 à un nouvel emprunt de 120 millions 41/2 p. 100 destiné à la conversion des obligations restant en circulation de l’emprunt de 1897, et à l’échange des autres emprunts de l’Etat. Le surplus est destiné à des travaux d’utilité publique. En regard de ces dettes l’actif total, de l’Etat représente plus de 500 millions de francs, en domaines, titres et dépôts dans les banques .

Le budget de l’Etat pour 1910 s’établit ainsi,: Total des recettes, 22.563 contos; total des dépenses, 20.162 contos, soit

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un excédent de 2.401 contes. Cet excédent n’est pas une exception, car les excédents budgétaires sont destinés à subventionner des coopératives, des expositions agricoles, à introduire des reproducteurs de race pour améliorer le bétail, enfin à toutes sortes d’oeuvres d’intérêt public.

En résumé, l’Etat de Minas Geraes est un des plus favorisés du Brésil^ par la multiplicité de ses ressources grâce auxquelles il peut produire tout ce qui lui est nécessaire, et principalement par une population nombreuse^ des facultés morales de laquelle il est permis de beaucoup attendre. Pour que cet Etat prenne dans l’Union la place prépondérante qui lui est réservée, il ne lui manque plus que d’achever son réseau de voies ferrées, jusqu’à présent fort bien conçu, et surtout de posséder une bonne, législation minière qui lui fait encore défaut.

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