‹ Au CamérounChapitre 10 sur 17 · ON LS · texte numérisé non relu

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la bonne nouvelle, mais il ne savait pas lire. D’une annexe voisine on envoya chez lui un garçon à moitié infirme qui avait été à l’école et se mit à l'aider ; le vieillard s’assit alors, une ardoise à la main, à côté des enfants, mais le maître d’école improvisé s’enorgueillit et s’enfuit après avoir dévoyé une jeune fille du village. Quelle tristesse pour Abraham ! Ur jour le missionnaire arriva et le trouva tout courbé en deux, il marchait en geignant.

— « Eh bien ! Abraham, qu’as-tu, mon pauvre ami?

— « Ah! missionnaire, j'étais allé couper des piquets dans la forêt et une grosse branche morte est tombée sur moi et m’a tout brisé. » Et, à chaque pas, c’étaient de nouveaux gémissements. « Que la volonté de Dieu soit faite, mais pourquoi ne me reprend-il pas au ciel avec lui ? Je le lui ai demandé bien souvent. Mon frère est mort, le jeune homme que tu avais baptisé l’année dernière et qui travaillait avec moi vient de mourir aussi ; «ue ne suis-je parti à sa place ? Il n’y a qu’une chose que je regretterais : c’est que j'aurais voulu apprendre à lire auparavant ; je commençais à savôir à, u, n, n'y a-t-il plus personne pour nous enseigner à lire la Parole de Dieu ? Ne nous abandonne pas !

— « Abraham, tu sais que j'aimerais bien pouvoir vous envoyer un nouveau catéchiste mais tous les villages en demandent et les hommes manquent, au moins ici tu es là pour encourager les gens et leur montrer le chemin de Dieu.

— « Oui, répondit-il, je le sais, mais quand je serai

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