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mort, que deviendront ceux-ci ? Donne-nous un catéchiste ! moi je demande à Dieu de me prendre. »
Alors le missionnaire lui expliqua qu’il avait probablement encore une tâche à accomplir sur terre puisque Dieu l’y laissait et qu’il devait travailler fidèelement sans se décourager.
Et certes il a une tâche à accomplir, car c’est le vrai bon Samaritain de la région ; un jour c’est un pauvre petit garçon malade d’un gros #lcère au pied recueilli par lui, soigné et nourri afin qu'il puisse continuer à fréquenter l’école ; une autre fcis c'est une très vieille femme, si malade, qu’elle avait été abandonnée de tous. Lorsqu'un « police » veut soutirer de l’argent à un garcon ou le frapper sans raison, c’est lui qui prend sa défense et paye au besoin Pamende pour le délivrer ; Administrateur est trop loin pour qu’on aille se plaindre et Abraham sait d’ailleurs qu’un chrétien doit éviter de faire des palabres. Un autre jour il aperçoit sur le chemin un pauvre Baffia tout nu et grelottant de fièvre, qui ne pouvait plus marcher (les Baffia encore très sauvages ignorent presque les vêtements). Aussitôt Abraham l'invite à entrer et à s'asseoir, il le restaure et s’informe. « J'étais allé à Yabassi avec une caravane d'hommes de ma tribu, je suis tombé malade et ils m'ont abandcnné ; il y a cinq jours de marche pour retourner chez moi, sûrement Je mourrai en route. »
Pendant quinze jours Abraham soigne ce malade avec amour, puis Comme aucune amélioration ne semblait se produire, il lui dit : « Je vais aller chercher
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des remèdes chez le missionnaire. » Il fait, malgré ses rhumatismes, les soixante-dix kilomètres qui le séparent de Yabassi et revient cinq jours après tout joyeux car il a reçu la médecine désirée. Hélas ; quand il arrive chez lui le Baffia avait fait sauter le cadenas de sa chambre et forcé la caisse dans laquelle étaient toutes ses économies, environ 600 francs ; le
Maison missionnaire à Yabassi
misérable avait tout emporté, argent et vêtements, jusqu’à deux gros livres allemands que le vieillard gardait comme la prunelle de ses yeux, quoiqu'il ne puisse rien en faire, jusqu’à sa fourchette et à sa cuiller. Abraham est consterné et des paroles amèéres Jui viennent à la bouche, puis il se calme et dit: « Maintenant je suis malheureux comme Job, mais que la volonté de Dieu soit faite. »
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Abraham ne s’est pas découragé, tous ceux qui passent par Ndol le connaissent, car il a continué à être la providence du voyageur isolé de quelque tribu qu’it soit, il lui offre un toit, avec lui il partage sa nourriture : « La faim, dit-il parfois, est le plus mauvais des maux, aussi lorsque je vois quelqu'un qui en souffre je ne puis m'empêcher de lui donner à manger » et dans sa pauvreté il donne parfois tout ce qui lui reste pour lui-même. Aussi on aime s'asseoir sur le pas de sa case devant le feu brillant.
Il raconte sa vie passée, ses combats avec les bêtes de la forêt, lorsque étant « police », il profitait de son fusil pour aller chasser, attaquant les buffles et les cynocéphales ; toujours Dieu l’a protégé. Sa voix s’anime tandis que du geste il complète la pensée, mime la scène ; puis il dit ses expériences bénies et sa confiance au Père qui entend les prières de ses enfants ; et sa voix devient plus douce et plus pénétrante.
« Il y a quelques années, raconte-t-il entre autres, ma femme était malade, le garçon que j'avais adopté s’était sauvé pour aller à la ville, je restais seul tout perclus de rhumatismes, devant faire tout à la fois le travail de la maison et celui des champs ; je n’en pouvais plus. Un soir, exténué, je me mis à prier et Je continuai ma supplication bien avant dans la nuit : « Vois-tu mon Dieu, lui disais-je, je n’ai même plus de garçon pour aller chercher de l’eau à la Makombée, loin, là-bas, au fond du val. Viens à mon aide. » Puis, je m’endormis paisiblement, sachant bien que