RAD
« Remonte à Somo pour reprendre ta tâche ; ton père règlera toutes les questions concernant ce mariage qu’il désire beaucoup pour toi et qu’il m’a promis de mener à bonne fin ; quand tout sera prêt tu reviendras chercher ta femme.
— « Oui, mais s’il pleut ?
— « Eh bien ! tu attendras qu’il ne pleuve plus.
— « Oui, mais ccmment ferai-jJe pour vivre à Somo, la nourriture y est si chère ?
— « Eh bien ! tu feras comme les autres un jardin à côté de ta case.
— « Mais le poisson ? :
— « Le poisson est-il indispensable à la vie ? Les hommes de Somo ne s’en passent-ils pas et ne sont-ils pas cependant des hommes forts et vaillants ?
-— « Oui, mais crois-tu que mon salaire soit suffisant ?
— « Ton salaire n’est pas bien élevé ; évidemment, dans le commerce ou l'administration, tu pourrais avoir deux ou trois fois plus, mais ton salaire est le même que celui de tous tes collègues, on ne peut te donner plus qu'aux autres. D’ailleurs est-ce pour lPargent que tu travailles ou pour le Seigneur ?
— « C’est pour le Seigneur ! je repartirai, mais donne-moi des porteurs pour mes bagages.
— « Des porteurs ? mais je n’en ai pas, tu saïs bien qu’il est impossible d’en trouver ici pour Somo, tu feras comme d’habitude : de village en village les catéchistes te donneront des garçons pour t’accompagner. | |
CE pie
— « Oui, mais s’ils m’abandonnent en route ?
— « Eh bien ! tu porteras toi-même ton baluchon ! Rappelle-toi que Jésus recommandait à ses disciples de ne pas s’encombrer de bagages ; ne prends pas trop de choses avec toi. Je vais te donner une lettre
Pirogue sur le fleuve
de recommandation pour tous les catéchistes qui sont installés le long de la route. Pour suivre le Maître tu as laissé de bonnes situations et maintenant courage : ne laisse pas s’éteindre la flamme qui est en toi; pour le Christ ne devons-nous pas accepter Joyeusement de tout souffrir ? »
Il n’avait pas l’air bien décidé mais promit cepen-