TRANS
paru apportant l'espérance et dissipant les terreurs de la nuit. Les simples récits qui vont suivre montreront quelques-unes des victoires de l'Evangile : les ténèbres païennes sont épaisses mais, sous ces peaux noires du Caméroun, palpitent des cœurs humains
s'épanouissant au contact des réalités divines.
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MBO-NU
À tâtons dans la nuit noire
« Les étwoussou anéantiront notre tribu », disent en secouant la têtè les hommes des Kinding entourant le feu dans la cour du chef Njabi. En dehors du groupe éclairé par le rougeoiement des flammes, c’est le cercle noir de la nuit, nuit pleine de mystère et d’effroi. La forêt fantastique semble tout en mouvement, des branches craquent tandis que là-haut hulule sinistrement un hibou. Un léger sifflement ailé a traversé la cour, très net au milieu du crissement des sauterelles et des mille bruits de la brousse nocturne : « C’est un éwoussou qui a passé, il faut le chasser ! » Aussitôt les hommes se lèvent, gesticulant et poussant des cris gutturaux ; ils font le tour des cours du chef entourées de hautes palissades et pendant des heures les clameurs les plus étranges seront poussées par les gosiers éraillés pour conjurer le mauvais sort.
L'éwoussou est une puissance magique que possèedent certains sorciers ; ceux-ci ont dans l’abdomen un
APT) 2e
double de leur personne qui peut sortir pendant la nuit pour aller attaquer leurs ennemis et manger leur chair intérieurement, sans toucher à la peau, de sorte qu’on peut avoir été mangé par un éWoussou sans
Danse païenne
s’en rendre compte soi-même ; seulement s’il revient et mange le cœur, c’est la mort. Ainsi s'expliquent J’amaigrissement de certains malades et les décès sans causes bien déterminées si nombreux ces derniers temps dans le village.