‹ Au CamérounChapitre 4 sur 17 · PR EE · texte numérisé non relu

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Et encore, s'il n’y avait que les éwoussous ! mais d’autres sorciers possédant des léopards, des gorilles où des sangliers agissent à leur volonté ; d’autres envoient des charançons dans les semences et les escargots dans les ‘champs de haricots des femmes.

« Les sorciers feront mourir notre tribu ! » répetent tristement les vieillards. I1 y a bien des fétiches, des médecines, pour se protéger, mais ceux que possède la tribu ne réussissent pas à lui donner le bonheur. Le crâne de l’ancêtre lui-même, enterré dans une marmite, sous le lit du chef et auquel on fait de nombreuses libations de vin de palme, n’empêche plus la mort de frapper le village de ses coups répétés.

Mais une nouvelle se répand comme une traînée de poudre. « Elle va venir ! Elle apporte des médecines puissantes et fait disparaître les enchantements néfastes des sorciers. Elle a déjà été chez Mombwé et chez Njakwa ; demain elle sera là ! C’est une chose toute nouvelle qui apportera la tranquillité dans le pays. »

Ainsi vivant dans une atmosphère continuelle d’insécurité et de peur, le païen est à laffût de tout ce qui pourrait lui apporter la vie ; constamment de nouvelles croyances surgissent, de nouveaux espoirs renaissent. Le paganisme n’est pas immobile, il est en mouvement continuel à la recherche d’un salut.

Elle, c’est Mbo-Nu, la Créatrice, elle vient des plateaux des Bamiléké où étaient autrefois les pères des

Kinding. Elle prétend avoir créé le ciel, la terre et toutes les choses qui y sont contenues, même les blancs, ajoute-t-elle pour affirmer son autorité divine.

Elle a, raconte-t-on, le pouvoir de se déplacer sans être visible, de déjouer les maléfices et de conjurer toutes les causes de malheur ; des milliers et des milliers de gens ont été la trouver faisant 3, 4, 5 jours de marche le long des sentiers de la forêt ; des villages entiers sont venus, hommes, femmes, vieillards, enfants et partout elle a apporté le bonheur, car les sorciers étant démasqués ne peuvent plus continuer leurs crimes secrets ; donc, plus de maladies, plus d’avortements, plus de morts, plus de bêtes sauvages attaquant les femmes et les enfants ou dévastant les plantations. Voici ce qui se dit avec grande animation tandis que les bûches du foyer remuées lancent vers le ciel scintillant de quelques étoiles, leurs étincelles d’or. |

Quelques jours après Mbo-Nu arrivait, forte femme vêtue d’une longue robe noire maculée et déchirée, coiffée d’une vieille casquette allemande à vaste visière. Elle réclame un fusil, car à son réveil elle doit en tirer un coup et c’est alors seulement qu’on pourra venir la voir ; il lui faut aussi une grande marmite pour préparer ses médecines : demain les femmes défileront devant elle, après-demain les hommes et chacun devra avouer les maléfices dont il est coupable. Le jour suivant, les cérémonies commencent : chacun doit venir faire sa confession, mais auparavant il doit payer une certaine somme, puis, après

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