‹ Au CamérounChapitre 6 sur 17 · ROUTE · texte numérisé non relu

ROUTE

le trouver un poignard à la main. — « Tu vois cette arme ? Le chef nous a dit de poursuivre et de frapper celui qui vient de partir; que devons-nous faire ? — Vous savez le commandement : « Tu ne tueras point. » Ils ont compris et partent sans se presser derrière le fuyard qui prend de lPavance et va se réfugier chez des parents dans une tribu éloignée. La jeune fille est sauvée car de peur d’une enquête le chef n’ose plus rien faire.

« Ah ! disaient ensuite des hommes du village à Georges, ne nous quitte pas car, si quelque mal nous arrive, tu te Jettes sur notre corps pour t'interposer. »

Naturellement l’indisposition du chef à son égard augmenta et la persécution sournoise semblait devoir empêcher tout travail de se faire. La femme de Georges tomba malade et le chef se réjouissait car « il lui avait jeté un sort, elle devait mourir ». Elle se remit, au contraire, assez bien pour que son mari puisse l’amener à l'hôpital pour la faire cpérer.

Pendant cette absence un autre catéchiste fut placé à Bakwa, un chrétien nommé Sama, peu instruit, mais très ferme. « Ce sera très dur, lui dit le missionnaire, mais prie et tu auras la victoire. » La première semaine, il ne reçut aucune nourriture et ne vit personne, ni au culte, ni à l’école. Il alla à quatre heures de marche de là trouver Pierre Mbock, le catéchiste le plus proche. Celui-ci lui dit: « Tu n’as qu’une chose à faire, persévère dans la prière. » Deux semaines après, Sama qui avait suivi ce

Page 1