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conseil pouvait lui écrire : « Viens et vois. » Se rendant aussitôt à l’appel, Pierre fut tout étonné de Ia. cordialité avec laquelle le chef les reçut : il leur avait fait préparer une abondante nourriture ; après le repas la conversation s’engagea, se prolongeant bien avant dans la nuit, Jusque vers les trois heures du matin. « Vois-tu, disait le chef à Pierre, jusqu’à présent je ne voulais pas écouter, J'étais un orgueilleux, mais, maintenant, parle-moi de Dieu, parlemoi de Jésus ; je veux que tous mes gens entendent votre message. »
Cette nuit-là le chef dormit à peine, car aux premières lueurs du jour il descendait le sentier escarpé pour aller au marché proclamer la liberté pour tous de venir à l’école, au culte, au catéchisme et, depuis lors, la case de l’église ne désemplit pas.
Il avait fallu trois ans de travail patient et persévérant pour que la petite lumière- réussisse à dissiper un peu des ténèbres.
ABRAHAM SOPO
Une humble lumière
dans la vallée obscure
Les grosses eaux roulent en grondant dans le lit de la Makombée, encombré de rochers. Les arbres géants essayent vainement de rejoindre leurs branches au-dessus des flots boueux et y laissent traîner des lianes semblables à de noirs serpents ; entre les racines immenses plongeant dans l’eau, sort parfois le museau brillant d’un crocodil:. Les mortagnes surgissent des bords mêmes du fleuve pour monter bien haut dans le ciel, elles asscmbrissent ce val étroit car elles sont couvertes de forêts aux ombres épaisses ; c’est le royaume des sangliers, des léopards et des grands singes, chimpanzés, mandrills ou cynocéphales, dont les cris déchirants se répètent d’un bord à l’autre. Vers les sommets, il y a de grands rochers et, tout là-haut seulement, lespace et le soleil.
Cascade dans'la forêt
Un étroit sentier suit la berge puis escalade la pente, serpentant à travers les racines et les blocs de granit. Quelques cases s’égrènent le long du chemin, une vingtaine à peine, et il faut plus d’une