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furent appelés s 1lurons parce qu’ ‘ils se rasaient les cheveux de manière à ne laisser sur le sommet de la têle qu'une espèce de crête assez semblable à la hure d'un Sanglier. De leur côté les Toudamans avaient té surnommés Jroquois, päreë qu'ils terminaient leurs harangues par Je mot hio : j'ai dit, et l’exclamation : koué!
* Après unc. lutte acharnée, les Hurons furent presque extcrminés par les lroquois, qui, de teur côté, furent considérablement affaiblis.
"Les descéndants des Hurons épargnés sont groupés aujourd'hui. autour.
de la Jeune Lorette. 11 y a deux siècles ils étaient environ 40,000, actuellement ils ne sont pas: 400. Et quel changement prodigieux s’est opéré. chez eux! . - : . #3 Po
Le voyagour qui n'a jamais parcouru que des pays civilisés et qui
“se rend à Lorette pour”voir des Sauvages couverts de peaux de- bêles S
ct ornès de plumes, s expose à ressentir de bien cruelles *désiHüsions.
En celfet, rien n’est moins ‘sauvage qu’un habitant de Lorctte. Depuis
leur grand désastre, les Hurons ont subi une métamorphose. absolue
au contact des colons ct des missionnaires. Convertis au catholicisme, civilisés de la façon la plus complète, ils ont contracté avec les blanes
des alliances répétées qui ‘ont singulièrement altéré chez eux lc type originel. qu'aucun n’a pu conserver intact. Beaucoup ont les yeux ,
bleus et de la barbe au menton, ce'qui, chez les Sauvages, est le signe indéniable d’une mésalliance. Leur costume est,. sauf les jouis de fêtes. le costume des blañcs ; leur langüe n’est plus parlée, par Tan la VD
* d'en{re ceux, que comme une langue morte ; leurs noms, dans la vi
réelle, sont ceux qui sont répandus partout: Vincent, Bastien, etc. +
"et ce n'est que, dans les rares fêtes indiennes encore existantes qu’ils
arborent leur nom de: guerre ainsi que lèur coiffure à plumes.
L'un des chefs de la tribu cumulait naguère ses fonctions de grand sachem avec celles de notaire! Le chef actuel fabrique des bibelots indiens pour les étrangers. Sa maison est meublée à l’européenne; dans : son salon-se trouve un piano à l’usage de la fille de la maison, ct sur ce piaro,. des sonales dè Mozart et les partitions en vogue!
Vraifent, on a peine à se figurer un Huron dressant un acte de mariage ou recevant un leslament, ct une jeune Huronne s'asseyant
à son piaño pour chanter un air de la Dame blanche ou la légende de 4 dladame Angot. Ce sont. à les progrès de la civilisation.
… La
‘Aux portes de Québec s'étend une région accidentée ct boisée que traverse le chemin de-fer, qui conduit au lac Saint-Jean. Ce the- . “min de fer cst'une véritable’ voice de pénétration qui à pour but d'amener directement à Québec tout lé trafic des bois du bassin du lac Saint-Jean ct du Saguenay, ct d'ouvrir de nouveaux cantons à lo colonisation. La Compagnie du chemin de fer a mis un train spécial à la dispôsition des délégués pour leur faire parcourir la section livrée’ à l'exploitation. La voie monte fréquemment, car il.faut franchir la chaîne des Laurentides. Lorsqu'on a traversé la rivière Jacques-Cartier, | au cours éinueux ct aux bords pittoresques, on sc trouve presque toujours aù milieu de la forêt. Près de la station de Saint-Joseph se trouve 1 le joli fac de cé nom, dans un cadre de verdure et de môntagnces, boisées qui rappelle les sites charmants de ces lacs d’Ecosse que.le ‘pinceau de Gustave Doré reproduisait avec tant de charme. .
A Saint-Raymond, le pavoisement de la gare, les vivals des habi-
tants ct uné adresse de Rienvenue ‘du conscil municipal nous font . sortir de. de: période de contemplation cl nous rappellent que nous
sommes revenus à la vie civilisée. Mais le ciel, jusqu'ici couvert, ouvre sans ménägement ses réservoirs. Les habitants sont désolés/de ne pouvoir montrer Jceur installation et leurs bois; mais, en revanche, ils nous ‘font, faire connaissance avec les chansons populaires du Canada, tantôt” pleines de gaïlé, d'originalité et d'entrain, tantôt graves, Jangoureuses où monotones. C'est ainsi qué défilent tour à tour la Huronne, au rythine sévère ct magistral, la Canadienne, chanson nationale du pays, à la fois joyeuse et bizarre dans son style ct d’une allure -musicale alérte ‘et entrainante. Le refrain donne une idée du tour, d’ esprit de la chanson :
Vive la Canadienne, Vole, mon cœur, vole, ., | - Vive la Canadienne |
Et ses.jolis yeux doux. | E
Et ses jolis yeux doux, doux, doux, Ta É ‘
"Et ses jolis yeux Udux, re ,
. La. séance se termine par l'audition de la Claire Fontaine, dontla | “mélodié a le défaut de-manquer de variété, mais dont-les paroles ont - ° un véritable cachet d’ ‘originalité. & Depuis le petit. enfant de sept ans | jusqu'a ’au vieillard. .aûx cheveux: blancs, dit Lu Ernest Gagnon, dans
En
son recucil de Chansons populaires, tout le monde, | au | Canada, sait ct chante la Claire Fontaine. On: n'est pas Canadien sans: cela. »
Voici la Claire Fontaine, qui: se chante encore.en Normandie, maisavec c quelques variantes ct sur uw air différent :
+ À la claire fontaine
M'en allant promener, :
J'ai trouvé l'eau si belle. . à Que'je m'y suis baigné. . Fo ‘
Lui y a longtemps que je t'aime | | Jamais je ne l'oublicrai. (1) j Mefrain
Sous les fouilles d'un chêne Je me suis fait sécher;
Sur la plus haute branche .
Le rossignol chantait.
Chante, rossignol, chante, Toi qui as le cœur gai;.
Tu as le cœur à rire Moi je l’ai-t-à picurer.
d'ai perdu ma maîtresse Sans l'avoir mérité;
Pour un bouquet de roses Que je Jui refusai.
* Je vodrais que la rose Fût encore au rosier,
Et que le rosier même Fût éncore à planter.
| Quelques habitants ont les larmes aux yeux en faisant entendre
.ces vicux airs qui leur rappcHent la mère patrie, ct, lorsque s’ébranlc"
le train qui ramënc les délégués à Québec, ceux-ci entendent encore
relentir à leurs orcilles le refrain de k Claire Fontaine que les
Canadiens adressent à la France : ..
Lui y. a longtemps que je’t'aime, n'. . ‘. Jamais je ne t'oublierai,
“Une des plus curieuses excursions que l’on puisse faire en partant de’ Québec est celle du Bas Saint-Laurent et du Saguenay. Un service
” (1): Chaque couple de vers se reprend successivement et forme un nouveau ‘quatrain en y ajoutant la couple suivante (2°et 3°, 3 et 4°, ele.), avec accompagnement du refrain.
CE
! régulier de bateaux à vapeur relie la capitale. du Bas Canada à Chi-
coulimi, terminus de la nävigalion sur la rivière ‘Saguenay. Ces
-balcaux. à vapeur, à deux éfages, comine ceux de la Compagnie Riche-
licu faisant le service du Hat Saint-Laurent, sont appelés souvent: des palais flottants à. cause du confort et du luxe qu’on rencontre à bord.
Au sortir du port, on descend le Saint-Laurent en longeant l'ile d'Orléans, lieu de plaisance très fréquenté dans la belle saison par les
-Québecquois” et les Québecquoises. Puis le grand fleuve canadien
s’élargil tout à coup. Bicntôt apparaissent sur la rive gauche. l'ile aux Coudres:ct la baie de Saint-Paul, dont les rives cscarpées, avec chaîne des Laurentides. à l'arrière- -plan,: rappellent quelque PU4 lac
jolies villas émergeant au milicu de gros blocs de rochers
venu. de divers points du Canada et même des Étatscains, en effet, fuyant les fortes chaleurs deleur pa apprécier de plus en plus” les plages. canadiennes,
. De l’autre côté du Saint-Laurent.sc trouvent I amouraska, la Rivière |
du Loup, Cacouna, et autres stations lrès fréqueñtées par les baigneurs.
La Rivièré du Loup surtout, se pose en rivale/ et en rivale heureuse de. variante, on y rencontre :
la Malbaie. Le site est agréable et, comn des Sauvages grandement civilisés qui wendent,.à grand- rénfort de piastres, des bibelots de leur fabricati ‘ |
À Tadoussac, où on se livre à l’éléyage du saumon, sc trouve l’ern-
- bouchurc du Saguenay. ‘Le Saint-Layfent a, en éct endroit, une largeur considérable. Be la Rivière du Loûp qui se trouvè presque en face de
re ct demic pour traverser le fleuve les cœurs faibles ,ne sont poïnt à l'abri
Tadoussac, il faut plus d’une h La houle se fait parfois sentir
du mal de mer. Bien plus reséerré que le Saint-Laurent, le Saguenay est constamment bordé d’ung double ccinture de rochers tantôt escarpés
et même à pic, tantôt en pente douce. L'entrée dans .ce large couloir est saisissante et le coup d'œil change fréquemment grâce aux sinuosités que décrit la rivièrgé. Mais ‘bientôt Ja nuit tombe et chacun rentre dans sa cabine. - :
entourent de tous côtis des sapins au. sombre feuillage. Sur le débarçcadère ct. sur la pläge’on aperçoit un public élégant, en grande artie féminin, | nis. Les Améris, commencent à
de la province de Québ !“pour.visiter les travaux de défriciiement. De cc côlé on rencontre encore . des Montagnais qui ont pu conserver leur Jarigue ci leur Costume.
ko . di
AU lover du solcil notre vapeur, TUnion, se.trouve au mouillage de Saint-Alphonse, dans Ja baie des Ha ! Ha ! formée par une dépression du Saguenay. En remontant celte riv ière,si on s'engage daré. un large"
- Et chenal, -qui a toutes les äpparences d'un grand Sours d'éh, on sc
trouve presque subitement arrêté dans unc impassé à àu gränd étonncment de ceux qui ; 7 entrent pour la première fois, De là vient, sans doute, le nom original: ‘dés Ha! Ha ! répondant à l'exclamation que poussèrent les premiers jfrproraeurs qui pénétrèrent dans ces parages. Peu après on arrive ù Chicoulimi,-où- touristes.el passagers metlténtpied à terre. Pañhi ces{ derniers. se. trouve le lieutenant-gouverneur à ‘M. Masson, qui se rond au. lac “Saint-Jean
Combien d'années encore en sera-t-il: ainsi %
Bien que ville encorc nouvelle, car'la colonisation du Saguenay ne ‘date que d’une vingtaine d'années, Chicoutimi esi déjà doté d’un évêché
. Ct d'établissements importants. NH s'y fait surlou” un grand, commerce
dc bois. Tout. près de la ville se trouve une grdnde cigric à vapeur appartenant à M. Price. Cet établissement, qui emploie 250 ouvricrs, est en activité nuit et jour, mais pendant sepE mois *<cilement, car
dans la saison d'hiver le Säguenaÿ ct. Je Saint-Laurent sont pris par les glaces. Fo ‘:
-Pour se rchdre à la scicrie, je fais usage’ d'une planche. C'est une “voiture à quatre roues, sans ressorts. qui descend au grand trot les
‘. pentes les s plus rapides. On'est secoué d'importance sur les coussins rien, Moins que moelleux de ce-véhicule. C’este seul en usage dans. ‘ Je pays et la simplicité n’en fait pas le charme.
Situé dans un des replis du Saguenay, Chicoutimi est foit pittores-
quement placé. C'est de ce point que, revenant sur no$ pas, nous com- *
mençons la descente du Saguenay, descente qui ne duré pas. moins
de. six heures. Le paysage est toujours sévère et le vapeur défile constamment entre deux murailles de rochers, tantôt revêtucs d’un maigre dichen, tantôt couvertes dej jeunes sapins. On ne voit pas de vieux arbres, car {ous les bois ont été détruits il y à quelques années par un incendie terrible qui n’a pas duré moins de huit jours. Le spectacle était “grandiose et des légions de touristes accouraient pour le contempler.
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MONTRÉAL - ÿ1
Près de Chicoulimi ct jusqu'à la hauteur de la baie des Ha! Ha! les:
-rives sont peu élevées, mais à. partir de ce dernier point, les collines se transforment en montagnes. Il faudrait un volume pour arriver à décrire. toutes les curiosités de cette navigation si pittoresque. Sur la rive gauche, une brèéhe faite dans les rochers porte le nom de Descente des Femmes, ct rappelle un des épisodes ‘des guerres {crribles que sç faisaient autrefois Hurons ct Iroquois. C est Île chemin que suivirént les femmes huronnes à la recherche de leurs guerriers magsacrés par leurs impitoyabléé ennemis: Prèsque en face, sur l'äutre rive, où rase à quelques mètres, le Tableau, grande paroi : de rocher lisse sur laquelle un jour ou l'autre on gravera le souvenir de quelque fait
mémorable. Plus loi se dresse le cap: Étornité qui n'a pas moins de.
1,800 pieds d’allitude. Sur un de ses côtés il'est complètement à.pic et rappelle le rocher de Gibraltar ‘dans sa partie [a plus escarpée. Le
bateau ralentit sd marche, fait entendre.son sifflet dont Fécho se réper-.
‘cute avec une remarrjuable sonorité, et longè celle énorme paroi, qui: vue d'aussi près, n’ên parait qüe plus écrasante encore. Tout à côté s'élève lc cap Trinité, de : même aspect, el presque de même hauteur que son voisin, avec lequel ik sernble partager la garde du Sagucnay. C'est le point le plus pitfofssque du fleuve, et la. vue de ces deux ‘blocs à pic produit une impressiôn: difficilement oubliable. =" "+21".
LR
‘On fait.cnsuite escale dans. la jolic -baic.de Saint-Jean, 6ù quelques bricks opèrent le chargement ‘d'immenses piles de bois alignées sur le : “rivage et. où l'Union embarque ün stock de caisses de bleucts, nom
que l'on donne aux: myrtiles ; puis on s'arrête à Saïnt-Barthélemi, à l'embouchure Ke la rivière au Canard, dans un site sauvage, qué la vue: d'un grand nombre d arbres brûlés contribue à rendre cffroyable-
‘ ment ‘triste. Le jour est déjà sur son déclin lorsqu’ en quittant Ta-
doussac on rentre dans le Saint- Laurent, et le lendemain au levér de
. l'aurore, ou pour mieux dire d'un ‘épais brouillard, hôte .trop. fidèle
. de ces bérages, l’Union $e trouve. amarrée dans ‘le port de Québec. Toute” la, région que nous. venons . de . visiter porte des noms
français, et ses habitants sont: ‘de race française; aussi cst-on fort.
étonné, à bord des grands bateaux à vapeur, de n entendre pour ainsi
dire parler qu'anglais, de’ voir les principales inscriptions, les guides, : -Jes cartes, les menus, ctc., en langue anglaise. Comme j'en manifestais
4 ” CES s
si
. meflent point de passer outre avant d’avoir visité leur ville. .Tous
T; 3 L ‘quelque surprise : « C’est, me à répondi-on, que ‘la plipart des passa- 7. gers son[ Anglais et Américains et, de ce fait, fort peu au courant ‘de
A. langue française. Et “Cômmeee sont les meilleurs clients dé la Conipagnic, 4] est logique d’avoir à leur égard loutes sortes d’attentions.
Les Canadiens-Français n'en souffrent point du reste, car presque tous
parlent les deux langues. L’é équipage est pourtant en grande partie fran- ‘ ,
çais, et le nom du capitaine, M. Barras, indique suffisèmment à quelle race il appartient. » Je n'en per sis{ai pas moins à penser que dans une région toute frañçaise el dont les habitants se font gloire de leur ori-
gine, ui peu plus de français à, bord ne serait AS une mauvaise P chose. - ‘ ‘
Cependant il faut: ‘quitter ‘Québec. De ‘lous côLÉS la délégaion a-reçu des i invitations, mais à son grand regret elle ne pourra répondre à
| Xe, loutes les. Marques de sympathie. dont on l’accabie. C’ost par un train : SH
gue nous partons de Québec, à destination de Montréal, en re- "mon ant R rive gauche du Saint-Laurent, à travers une magnifique : plainc'bien cultivée. Mais avant d’altcindre le but il faut faire halte aux — Trois-Rivières. Là encore, une réception brillante nous a été ménagée. *
Autorités, notabilités et habitants.sont à la gare, ct ne nous per- -
ceux’ qui ont voilure sont veñus à la station, ct réclament l’horineur d'avoir au moins un délégué pour lui montrer la villè ct les environs. Et quel coup d’œik original que ect assemblage de voitures de ‘toutes formes et de: louis’ grandeurs : : on dirait un rétour-de couréés. En ville, ‘une foule ënorme assiège les abords do la .mairie; dans la grande 6 belle salle de spectacle, plus de:4,000° personnes, parmi “Tesquellés un grand nombre de damés, acclament les délégués à leur
‘entrée, et au‘ moment de la présentation d une adresse de bienvenue . Par M: Malhiot, maire de la localité. . | : : La ville des Tr rois-Rivièrés tire son nom de sa position géographique. Située à l'émbouchure de la rivière Saint-Maüfice, qui se jette dans le . Saint-Laurent par trois bouches principales, clle est la troisième ville. du Canada, comme ancienneté, car sa fondation, par le sieur de la Viblette, remonte à ‘1634. Sa population èst.d’une dizaine de mille
àmes ‘ct, sur ce nombre,-on ne compte guère que 700 habitants qui
ne soient pas de race française. Crest. une gentille petite ville, régu- $. : Ÿ .
Li à . . . NN - . .. .
8 Eu
. vent se frayer un .passage au milieu des 10 à 12
c MONTRÉAL È - : 59
1 : lièrement bâtie; dont les habitants nous font si bien les honnours que plusieurs de nos-compagnons, séduits el charmés, oublient complètement le train qui les attend et manquent le départ. | ‘
* Il commence‘à faire nuit lorsque Îles délégués arrivent à Montréal. Dès qu ‘ils sont: descendus des « chars », sans mênic leur donner le temps de se -retourner, lé maire, M. Bcaugrand, qui csi venu les
recevoir à la gare avec les échevins. les fait monter en voiture pour les
emmencr au carré (square) Viger. Le soir, la musique se fait entendre
sur cette promenade, qui est le rendez-vous de tout Montréal. A l'arri--
.vüc des délégués, tous les assistants se lèvént ct poussent (rois: hourrahs en l'honneur de Ja France, pendant que la musique, interrompant le ‘concert, joue notre chant riational, la Murscillaise, aux. ‘applaudissements répétés de la foule. Les hommes agitent leur “chapeau, lcs femmes leur mouchoir, et c'est à grand'pcine que les visiteurs peu-
les acclament. Le maire présente les délégués à la. population ct les
hourrahs reprennent de plus belle. Tous les visages sont émus en
présence d’une ovatioh aussi touchante et aussi spontanée, ct c’est avec une bien douce satisfaction que nous constatons qu'il y.a encore
. un pays où la France, malgré ses malheurs ct son isolement, voit ses.
enfants accueillis ävec une-sympafhie si pleine de cordialité.. ”; Le: lendeïnaÿg de la réception populaire. a Jicu cu là réception offerte
sn . —< par municipalité. à lliôtel de ville. Ce beat ct grand bâtimént, qui
a toutes les allurès d’un palais, est éclairé à giorno. Les murs ct Jcs boiseries ‘ disparaissent sous les drapoaux:el les cnscignes de bienvenue. En haut des gratids escaliers on lit : Qué vive? Fr ancel.. Tout homme a deux patries, la sienne et puis la France. Kcoucilis à à
leur entrée par la :« bande » ‘du 65° bataillon, les délégués sent intro-. duits dans la salle” des séances, remplic par-une assistance d'élite, dans .
laquelle les Canadiënnes en grande toilette se trouvent en nombre. Les .échevins prennent place sur leur siège ct le maire, M. Beaugrand, monte à son fauteuil, revêtu de ses insignes d’apparat. D'une figure ouverlé, énergique, mais n’excluant pas la bonne humeur, M. Beaugrand rchausse encore, par sa grande taille, le prestige de son manteau. écarlate. Dune voix forle et brève, it détlare la séance ouverte et donne lecture de l'adrésse de. bienvenue, pleine . de démonstrations
,000 pcréonnes qui:
d'amitié .pour Ja France. Des applaudissements répétés saluent celte adresse ainsi que la réponse fort goûtéc de M. de Molinari et l’allocution -très fine du curé Labellc. L'un des échevins propose alors de consigner sur le registré des procès-verbaux du conseil municipal l'adresse qui vient d’être lue. «Pas d'opposition ? — Adopté à l’unamintité. » Puis la séance. est Jevéc et l'assistance se >» répand” dans les
salles et les galcries de l'hôtel de ville. | -
Peu après celte cérémonie, arrive le général Middicton, escorté de
son élal-major, et le maire souhaite aussi la bienvenue, -dans un des”
salons, au vainqueur de Riel, récemment arrivé du Nord-Ouest. Sin-
. gulier contraste, pour ceux qui n’ont pas l’habitudé de la coexis-
lence d'une autre race, avec laquelle il” faut vivre en bonne intelli- .gence.
Fondé, ke 17 mai 4642, par, M. de Maisonneuve, sous le ñom de: Ville-Marie. Montréal est, après Port-Royal en Acadie, Québec et les Trois Rivières, la plus ancienne cité canadienne. Dans le Nord-Ami- ‘ rique, trois autres villes, Orange (Albany), New-York et Boston, ont seules la priorité sur Montréal. Cette dernière est aujourd’hui la plus importante cité du Canada. - .
Lors du recensement de 1881, clle possédait 140,747 habitants dont 78,684 Français el.57,938 Anglo-Saxons. On estime actuellement : sa populalion à 180,000 âmes (), résultant de Faccroissement normal et de l'annexion à la ville de quelques faubourgs. L’ élément anglais, au-
refois prépondérant dans lés conseils de la cité, comme dans la population, décroit de jour en jour. Le maire est. d’origine française, ainsi que la majorité du conscil de ville.
Mais, si.la race anglaise ae minorité comme population, elle possède toujours l'influence que-donnent a fortune et une situation
*aëquise depuis un siècle. Les grandes maisons industrielles et commerciales, les principaux établissements de crédit, les compagnies de chemins de fer sont éntre des mains anglaises. Et si la raçe française, s
-c'est-à-dire la race vaincuc et pauvre, a pu, au prix de mille efforts, .
se faire une place dans la société, dans le commerce et dans la finance,
-ils’en faut encore de beaucoup qu’elle soit arrivée à la paït d'influence :
à laquelle son importance lui donne droit. Sans négliger la qualité, Q Plus de 200, 000 aujourd'hui. . , '
lés Canadions-Français recheïchént surtout, " avec raison, la. quantité ; Je jour où’ ils pourront être le nombre, le reste leur viendrà par‘ surcroît, grâce aux qualités éminentes de leur r race.
À l'inverse du vieux Québec entassé sur son rocher, Montréal n'a jamais eu la prétention d’être une ville for le; aussi Yespace ne lui a pas fait défaut. De belles et largesrues assez bicn entrelenues, mais point pavées, traversént la ville en tdüs sens. La place Jacques-Cartier qui possède, on se demande: pourquoi, + une colonne surmontée de la statue de Nelson, est un des points les plus fréquentés. Là se trouve notre quartier général, l'hôtel Richülicu, ‘ maison vraiment française. où la table est servie par de jeunes Hébés, coquettement. habillées de blanc et: de noir. Les rues Notre-Dame. ct Saint-Jacques, qui ont quelque chose comme 2 ct 3,000 numéros, possèdent des maisons à Yaçades “-monumentales. On y voit les plus beaux magasins de la ville, ainsi
qu'une quantité prodigieuse d'enscignes d'avocat. On dirait que toute
- la basoche du Cañada, et Dieu sait si elle est OmbreUSS; a fu domi-. cilc en ces parages. ‘
Dans le quarlier neuf de la rue de Sherbrooke, s se ‘dressent d'été ‘gantes villas -qui transforment agréablement un: faubourg naguère
presque inhabité, et en font le Monceau. et le Passy de Montréal. C'est
‘de ce côté que se trouvent : I inonumental hôtel Windsor, le plus
grand et le plus beau de tout le Canada; l’université. Victoria, école française de médecine et de chirurgie; le collège Mac Gill, université protestante anglaïse, ainsi appelée du nom de son fondateur, qui légué de quoi construire le bâtiment,. de style bizarre, qui rappelle sa mémoire; l’école normale Jacques Cartier, -qui possède un escalier en fer d’une construction originale, et dont le directeur, l'abbé Ver- “reau, est un ‘bibliophile érudit.
Les églises sont nombreuses, car chaque culte veut avoir au moins .
un temple, et Montréal ne possède pas moins d'une vingtaine de sectes protestantes: La plupart des églises sont construites dans Je style gothique,.avec des flèches . s’élevant gracieusement “vers. le ciel, mais . - elles ont plus de cachet à Jextérieur qu’à l’intérieur. La cathédrale catholique de Notre-Dame est un fort beau monument. Elle peut contenir 15,000 personnes, à l'äide de deux étages de larges tribunes Q occupant trois des côtés de l'édifice. |
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se ! AU CANADA ET CHEZ LES PEAUX-ROUGES
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| Pdur avoir une idée d'enscmble de Montréal, il faut faire l’ascen- ‘sion dù Moni-Royal, qui a donné son nom à la ville. Grâce au consoil municipal, qui a volé un crédit pour la réception des ‘délégués, l'ascension se fait sans fatiguc, car loute uncfile de voitures nous transporte à-destination par un chemin pilioresque qui gravit en zigzags les flancs boisés de la montagne où l'on a dessiné un pare. De la terrasse du Mont-Royal se déroule un magnifique panorama. Au premicr plan s'étend toute Ja ville de Montréal avec sa multitude de : . toits, les flèches. de ses églises ct les deux grandes tours de la cathé- “drale qui dominent toute la ville. Au delà, coul dans loule sa ma- # jesté le Saint-Laurent, aux larges bords, aux Îles nombreuses, dont quelques: unes, comme l'île Sainte-Hélène, sont des lieux de piquènique fort à Ja mode. L'ile Sainte-Hélène .n’a aucun rapport avec Napoléon : [* comme on serait tenté dé 1€ croire au premier abord ; elle tire son ñom d'Hülène Boulé, femme de -Champlain, | de même que l'ile Saint-Paul, sa voisine, ‘est ainsi dénommée en l’honneur de , ‘ M.P.de Maisonneuve. Le pont tubulaire qu’on aperçoit sur le fleuve estle pont Vicloria, un des plus grands du monde, car sa longueur Passe —— 2,000 mètres; Je chemin de fer, pour lequel il a été construit, met quatre minutes à le traverser. Cotte œuvre à demandé quatre années de tra- | Nail et a coûté 30 millions de francs. Si sa longueur fait son mérite, par - \- “contre son élégance ct l’harmonie de‘ses lignes laissent fort à désirer. ‘Le Mont-Royal possède encore son caractère demi-sauvage, mais-la ville, qui en a äcquis la propriété’ à :grands frais, y multiplie les voies d'accès ct le transforme en un vasle parc qui sera une des plus Pitloresques promenades de-la vallée du. Saint-Laurent. . Sar l'un des flancs de la montagne s'étend Ie cimetière protestant, - qui occupe une superficie considérablé, et se présente sous un aspect “qui n'a rien d’attristant. On n’y rencontre point cette: sombre végé- . | tatiou,.cet aspect morne ct sévère qui, d’ ‘ordinaire, vous impressionnent | et vous invitent au silence ct au recucillement. Non, c’est un véritable jardin, traversé par de jolies allées, planiéces d'arbres ct bordées, de côlé et d'autre par des corbcilles de fleurs admirablement ‘entretes hucs. De riches. mausoléck, an cerlain nombre de belles colonnes de granit, recouvrent des coricessions. L'une des alléés porte le nom de « Locuste ». Serait-elle réservée aux victimes du poison? Ünc.
: L . MONTRÉAL Lo 63
partie du:cimétière n'est point encore aménagée et, par un singulier contrasie, a conservé sa végélalion primitive; aussi n’est-on ‘pas - surpris de réncontrer des tombes en pleiñ bois. Non. loin de là se trouve le cimetière catholique, très étendu lui “aussi, mais moins riche en monuinents. On sent tout de suile que écn'est pas là que reposent les grands scignéurs ct les princes de la finance. Un obélisque y a élé élevé à a mémoire- des victimes, de l'insurrection de 1837. - , : Le re A la sortie du cimetière, on lit cc singulier avis : « Les personnes’ revenant des funérailles et désirant passer par les avenues sont priécs d’ôter leur crêpe. » Ccci rappelle une vicille coutume. suivant laquelle Ja famille du défunt, à l'issue de la cérémonie funèbre, distribuait un voile de deuil à chacun des assistants. Cet usage, qui ‘finissait par ‘devenir fort dispendicux en certaines circonstances, est aujourd’ hui tombé. en désuétude.. To - Avant de rentrer en ville nous faisong, halte ‘devant un établissement qui, par ses proportions, sinon par Xa forme, a {out l'air d’un petit Escurial; c'est le couvent de Ville-Marie, maison:mère des sœurs de Notre-Dame, congrégation fondée, danÿ les premiers temps de la colonisation, par la sœur Bourgeois, d royes. Ce gigantesque- -bâtiment est à la fois un noviciat ct un pensionnat. - Celui-ci renferme 250 à 300 jeunes filles ct, chose digne de remarque, on comipte.dans ce. nombre un quart de protesianies. Au point dœxvuc des nationalités, plus de la moitié des jeunes filles «provient des. États-Unis ou de: la . province anglaise d'Ontario. Ceitc répartition des élèves dans | uñ établissement foncièrement français, est le plus bel éloge que lon puisse faire du. système d'éducation qui y est suivi. . — | Situé dans une grande île formée par le Saint-Laurent ct l’ Outaouais, Montréal est la tête de ligne’ de la: navigation maritime, comme ‘du nouveau chemin de fer du Pacifique. qui-réuhit les deux océans par une ligne plus courte que celles des États-Unis. Assise, comme Anvers; sur les bords d'un fleuve magnifique, ot. bordée d’une longue file de quais accessibles aux navires du plus : fort tonnage, cette ville se pose en rivale de New-York. Mais’le. blocus ‘annuel du Saint-Laurent par les glaces doit lui enlever l'espoir de supplanter le premier port de commerce de l'Amérique. nt
LS Si la grande navigation s'arrête à Montréal, cela tient “à ce qu'en
.* amont de éctie ville le Saint-Laurent est barré par des rapides. C’est le nom qu'on donne aux points où la présence de blocs de rochers au fond du lit du fleuve occasionne un-remous cet des tourbillons,. qui entravent, el souvent empêchent complètement la navigation. Sil csl* : relativement facile de descendre les rapides, il est presque impossible de les remonter, et, pour ne pas arrêter Ja navigation il a fallu créer
- des-canaux latéraux au Saint-Laurent. Le premier canal que l’on rencontre est celui de Montréal à Lachine, petit village ainsi nominé parce que les premiers explorateurs qui s'arrêtèrent en cet endroit croyaient trouver par à la route de la Chine, de même que Christophe Colomb, abordant aux Antilles, croyait avoir découvert la route directe ds. Indes. En face de-Lachine, sur la rive ‘droite du Saint-Laurent, : | trouve le village indien de Caughnawaga, où se trouvent les derniers Iroquois, presque aussi civilisés que les Hurons, mais plus nonibreux | que ceux-ci, car ils sont encorc 1,400.
Sauter les rapides est une chose fort simple t telle que 1 nôus s allons la faire, c’est-à-dire en balcau à vapeur. Cette expression | sauter, fort exacie pour un canot que le remous des eaux agite en tous sens, perd “presque cntièremént sa valeur lorsqu’ il s’agit d’un gros bateau. Le rapide, à peine signalé par la blancheur de ses caux. formant raic
sur le ‘fleuve, tout le monde se précipite sur le pont. On ‘regarde avec curiosité, mais sans anxiété, car le passage n'a rien d’effrayant. La | modification subie par le niveau du fleuve ne sc {raduit que par une légère : oscillation du bateau: Par contre, les vagues déferlent contrel avant et parfois. même éclaboussent les passagers. Quatre hommes ticnnent con- “stamment la barre, et le vapeur, qui'a arrêté sa machine, se laisse un .: moment entraîner par le courant, mais ce n’est que l'affaire d’un instant. Le même effet se produit au Wildstrubel, sur le Danube, entre Linz et Vienne, dans un cadre plus sévère mais beaucoup moins étendu.
À Montréal, bien plus qu'à Québce, la presse française est puissante. cet ‘répandue, et les organcs politiques qui s’y publient donnent généralement la note dans tout le Dominion. Leur format est plus considt-
rable, leur tirage plus élevé; leurs nouvelles plus fraiches, ce qui leur permet de paraître deux et trois fois. par jour.
QI
Ten DC
La doyenne des { gazelles est la Afinerve.F ondée le 8 septembre 1826 par Ludger Duvernay, le grand patriote canadien-français qui créa la.
- Société nationale de Saint Jean-Baptiste, elle e eul pour premicr rédacteur
Morin, qui devint par la suite le chef du parti français au Parlement, |
. et ful premier ministre. Morin eut pour principal collaborateur Léon
Gosselin, qui lui- succéda comme rédacteur en chef. vers’ 4832. Les pre- : nières années de la Minerve furent consacrées à défendre la. cause française ct les droits: populaires contre le parti anglais et burcauérate.
Cette. lutte, qui durait au Parlement depuis un demi-siècle, aboutit à
l'insurrection de 4837, quifut noyée dans le sang. Le propr iétaire de la
Minerve, impliqué dans-les troubles, fut alors exilé et son journal suspendu. La publication en: fut reprise après l'acte d'union, en 4841.
Au moment de sa suppression, la. Minerve avait parmi secs’ colaborateurs M. Aubin, qui depuis fonda. le Castor à Québec, puis le Fantasque,
- qui eut son‘heure de succès. M. John Phelan, Irlandais dévoué à la
cause française, faisait également partie de. la rédaction à ce moment ct revint au journal au moment de sa réapparition. De 1845 à 4847 la Minerve eut pour directeur Antoine Gérin-Lajoie, un des littérateurs. les plus distinguës et les plus populaires du Canada. Encore assis sur les bancs du collège il avait publié une tragédie, le Jeune Latour ;
".i est aussi. auteur de Jean Rivard, roman en faveur de la .colonisa-
tion, qui 1 fut. populaire. De A847 à 1855, M. R. Bellemaré, écrivain ct bibliophile distingué, fut à soh tour rédacteur en chef. Il resta direc-
teur du journal jusqu'en 1870, mais en n’y apportant plüs qu' une
collaborälion moins assidue. . |
Vinrent ensuite M. Jéseph Royal,: depuis ministre au Manitoba, député. du comté de Prôvencher, à à la Chambre des communes; et chef reconnu du parti français ct catholique dans le Nord- Ouesl (1); M. Provencher, depuis à la Presse; M. “Arthur Danscreau, porcIste vigoureux, enfin M. Joseph Tassé. -
Parini les rédacteurs qui ont appoï {é dans ces dernières années leur
concours à Ja Miner ve, il faut.citer M. Trudel, depuis directeur de V'Étendard ; M. Evariste Gélinas, aujourd’hui décédé, dont le pseudo-
nyme était Carl Tom ; M. Elzéar Gérin, rédacteur au Journal de Paris à la fin du règne de 1 Napoléon LL, actuellement conseiller Jégislatif;
(1) Actucllement licutenant-gouver neur du Nord-Ouest. ‘ i . . . - 5
M. Oscar Dunn, uné plüme correcte, qui mourut secrétaire de Fins-
-truction publique à Québec; M. de Celles; aujourd'hui conservateur de
la bibliothèque du Parlement, à Ottawa.
M. Joseph Tassé, le jeune. directeur actuel, est un écrivain de mérite qui, sous ec litre: les Canadiens de L Ouest, a.écrit la biôgraphic les Canadiens qui se sont distingués dans l'ouest américain. Elu à 29.ans député, en 1878, il à représenté Ottawa à la Chambre : -des cominunes. Autour de lui gravitent MAL: Aimé Gélinas, Elie Tassé, Benjunin Sulte. ete. M. Sulle, aujourd’hui sous- -député-ministre de la milice à : Ottawa, n'aborde plus’ que les sujets littéraires et historiques.
est Tautcur d'une foule, de chroniques et de monographies, qu'il assaisonne tqujours de sel gaulois, ct qui ont pour but princijial l’étude ct. la glorifications sde la race française en Amérique. |
Après la mort de L' Duvernay, la propriété de Ja Minerve passa à ses fils qui la partagèrent ensuite avec M. Dansercau. Le journal appartient aujourd’hui à une Société pär ‘aclions présidée par AL Tasse.
La Minerve est un: journal. du malin, du prix de 2 centins le nunéro où de 6 piastres par an, pour la ville et de 5 piastres scu-
“lement pour la campagne et les États-Unis. Le samedi de chaque scmaine, le numéro étant double comme format, lès questions littéraires, scientifiques et autres y trouvent une large place: Le tirage quotidien est de 6 à 7,000 exemplaires. Une autre édition hebdomadaire, s’adressant particulièrement aux cultivalcurs, est Lirée à un nombre à peu près égal. Come opinion, la Minerve est lorganc atlitré du parti conservalcur el du parti canadien-français. Elle est regardée comme le © journal officieux français du, cabinet Macdonald. C'est ellè qui pour
ainsi dire, donne le mot d'ordre et de ralliément ? à tous les Grgänes de__ son parti. La Alinerve est une autorité pour le Canada et particuhière ménit pour le district de Montréal. C’est le.scul journa français, qui, au E moment. même de la mort de Ricl, aitapprouvé sans re restriction l” exÉCUE -
tion du chef” métis. . - 7
. Dans les mêmes eaux que la Afinerve on rencontre le Aonde. Il eut pour fondateur, le 15 août 1867, M: J. Royal, qui ne trouvait pas. les . intérêts catholiqués suffisamment représentés el voulait leur donner un organe spécial. A cette époque il s'appelait le :Nouveau Monde; ce n’est que neuf ans plus tard, quand d'ultra-c catholique il devint con-
eurent
sérvalèur modéré, qu'il prit. le nom qu'il porte acthellement.. M. Fe : méon Lesage, aujourd’hui sous- -ministre des travaux” publics. à Qué-- . bec, süccëda à M. Royal comme rédacteur en chef. Vinrent on 7
suile M. Cléophas Beausoleil, passé dépuis dans le camp libéral ;
M. Alphonse Desjardins, aüjourd’ hui président de Ja banque Jacques Cartier ct représentant d’Hochclaga aux Communes; où il jouit d’une
grande influence parmi la dépulation française; M: Frédéric Houde,
ancien député de Maskinongé à Québec, mort en 1883 ; M. F. X. De-
mers; MM. Provencher et Blumhart, que nous relrouverons à là Presse, el enfin M. Fabien Vanasse, député d'Yamaska aux Commrunes, entre les
appartient à la Compagnic d'imprimerie et de publication du. Canada.
refonduc depuis 1884, ct qui en a toujours cu lx propricté. . | Le Monde à trois éditions par jour : midi, 8 ct ë hours, au prix.
. de 1 centin le numéro ou 3 piastres par an. Le samedi paraît un . supplément littéraire. Le tirage moyen est de 14,000 exemplaires ; le .: samedi il aticint 18,000. En outre le Honde a une édition hebdomadaire :
de huit pages, résumant Lous les faits de la.semaine,. dont le tirage
MONTRÉAL 4e 2. ©‘: 61
mains duquel se trouve Ja direction du Monde depuis 1884. Le journal. -
arrive à 15,000 exemplaires, destinés, pour les deux-ticrs, aux Canadiens |
. des États-Unis. Le Monde cest un journal de nouv clles-ct une feuille
populaire, 1 peut revendiquer l'honneur d'avoir crét, - dans | française, le journal.à bon marché, rempli de ;renscigner nouvelles, politiques aussi bien que variées: IL est fait sur
modèl:
des "grands journaux anglais. Pour un sou il donñc quatre grandes pages .
d'impression, à à huit colonnes chacune avec des” caractères très fins ;
aussi le lecteur né peut-il se plaindre dé ne pas en avoir pour son argent. Comme opinion politique le Honde soutient les intérêts conservateurs
el recoit. les inspirations de sir Hector Langevin, ministre des travaux publiés:t à Ottawa: :. à
Fe LA
“Toutr aulre-est-le. journal la Patrie. - ,
Le 23 février 1879, au lendemain de la disparition du Näkioial, organe libéral du district, mort d'anémie après avoir longlemps végété,
‘un groupe de libéraux se trouvait réuni chez le sénateur Thibaudcau.
il s'agissait de trouver tout de. suile un successeur au défunt. Pour
ccla il fallait uné direction," un lecal et des. fonds. La chose semblait impossible, car il était admis qu'un journal de langue française” ne
eu Lulu nue e—— __
pouvait vivre sans es subventions de ses anis politiques et les annonces cl encouragements provenant du. gouvernement, ce qui sou- - vent ne F'empèchail pas d dure réduit à Ja mendicilé ainsi qu'il était advenu au National. La discussion s'échaufail et le bouillant sénaicur
s'impatienlail. « Bret, dit-il, combien fudrait il pour, fonder une el
‘5 cation provisoire ? 7 .»-2 où 3,000 piaslres, répondit, un peu en l'air, M: Beaugranid. ® Ep Disons 2,500; renrit M. -Thibaudeau, et je donne ma garantit per- D sonnelle que celle sonimié ‘scra à puÿéo dans le délai d'un ai, à. celui , » qui fondera le jouënal. »
Après quelques minutes. de réflexion, M. Beaugrañd acvepla la: direction de Ja nouvelle feuille. Le jour inême, il louait des bureaux ruc Saint-Gabriel, dans unè viëille’ maison, aujourd'hui démolie, qui avait
vu .naitre cl mourir le Moniteur candilien el J Union nationale. Le Jen-
demain, 2% février, paraissait le premier numéro de la Patrie. “Les commencements furent difliciles. Le format était celui des* polits jour naux. Trois, mois après il était agrandi et, le 4 janvier 1880, la
Patrie adoptait Ie format des grandes foüilles tout en maintenant le pri
. du numéro à: un sou. À l anniversaire de sa fondation le journal tirait à 5,000 exemplaires. Ce chiffre est aujourd'hui dé beaucoup dépassé, avec deux éditions par jour, à midi el à quatre heures. Le Peuple est
J édition hebdomadaire de lai Patrie ec. Son tirage est de 6 à 7,000 1 nu.
IMÉrOS, :
‘La Patrie est l'organe allitré du parti libéral, le journai rouge comme lappellent ses adversaires, Son direcieur, M. Honoïius Beaugränd- . Champagne, à fail campagne au Mexique dans la fameuse contre-guérilla Dupin. Devenu jourualiste {en 1869). il à fondé plusieurs feuilles "aux États-Unis, à Fall River -(en français), à Saint-Louis (en anglais), puis à Boston (en français). Maire de Montréal en 1885, il a été fait chevalicr de’ la Légion d'honneur #1 même année. A la même époque M. Marc Sauvalle a pris la rédaction en chef du-journal. Sous-lieutc-
nant de cuirassicrs dans l’armée frañçaise jusqu’en 1880, M. Sauvalle.
- ful ensuite rédäcieur à V'Abeille, de la Nouxclle- Orléans, et rédacteur en
chef du Trait d'Union, de Mexico, d'où il fut expulsé pour cause e poli- :
tique, sous la présidence du général Gonzalez. Parmi lés principaux collaborateurs de la Pairie se trouvent : M. H.
Mercier, député de Saint-Hyacinthe ct, depuis 4883, chef de l'opposition
‘ oe MONTRÉAL +69
libérale à l’Assembléc rive de Québec (1); M. Alphonse Lusignan, litérateur distingué, auteur de Coups d'œil et coups de plume; M.F.-G. Marchand, .poèle el ‘dramaturge, député de Saint-Jea à l’Assembléo “et ancien ministre à Québéc ; M. Hector Berthelot, fondateur et rédacteur en chef du journal satirique le Canard, ete. Fo I'faut signaler aussi la collaboration de M. Charles Savary, l’ancien - député de la Manche qui, après des mésaventures trop connues. on
France, trouva asile dans les bureaux de la Patrie et. de la Presse.‘ * Enfin, l'organe des libéraux a eu pour rédacteur le poète national Louis
.Fréchotte, qui, sous le « nom de plume.» de Cyprien, fut l’auteur de £hroniques à sensalion, Né à Lévis, le. 16. novembre 1839, d'une famille originaire. de Saint-Martin, île de Ré, Louis F réchette eut une
existence assez agitée, comme cela arrive souvent en Amérique. ILfut
tour à {our traducteur au Parlement, avocat,-journaliste, fondateur du Journal de Lévis, en 1865, imprimeur, député aux Communes, en 1874, secrétaire, à Chicago, d’une grande société de colonisation. Tout ‘cela ne l’empêcha pas de produire de nombreuses œuvres poétiques dont les principales sont : ‘Mes Loisirs, la Voix d'un exilé, Péle-Aéle, les Fleurs: boréales, les Oiséaux de Neige. Ces deux derniers ouvrages * furent couronnés par lPAcadémic française, cn 1880, ct le poète cana- dien fut, à celte époque, le lion du jour dans toute la France. Devenu
| rédacteur en chef de la Patrie, cn: 188%, il quitta ce “poste de combat: * l'année suivante. « Cest, dit-il dans-une de ses lelires, pour me retirer à “Nicolet, une charmante campagne, où, Dieu aidant, jé vais avoir assez.
de loisiés pour chanter les héroïques légendes de l'histoire française en Amérique » (2). ‘ , Après le journal rouge: celui des castors.
‘En 1882, le parti ultra-catholique, quin avait plus de journal” depuis
la transformation du Nouveau-Monde, réussit à grouper 300 de ses
membres qui se formèrent en Société et fournirent les fonds nécessaires ‘à la publication’ d'une nouvelle feuille. L'Etendard parut le 27 jan-
vier 4882; ét devint l'organe reconnu des castors, nom sous ‘lequel on
désignic des ultramontains.
(1) Premier ministre, à Québec, depuis 1887.
(2) La Légende d'un peuple, publiée à Paris en 1888. Depuis 1889, M. Fréchotte est: A
greffier du Parlement de Québec.
ge
La même année avait été publiée à Montréal, sous ce titre: Le pays, le parti, le g grand homme une-brochure qui dénonçail certains agissements du parti conser valeur. Celle brochure, qui fil beaucoup de bruit, étail siwnée: Castor. On donna ce nom à un groupe d’ultramontains quel on
stpposail avoit F écrit ou inspiré le pamphlet, el depuis le nom el resté au ra °
| M. F.-X.-A. Trudel; avocat et conseil de la Reine, est, depuis sa fondation, dircelcur cl rédacleur en chef de l'Étendard. Après avoir’
‘. passé quelque lemps à la Hine rve ‘en 1860, il. collabora à plusieurs revues, et ‘représonta .le comié de Champlain” à *EAssomblée de : Québec, de 1871 à 1874. Créé sénaleur, en 1878, à une. -époque où le “double:mandat existait encore, il n'a pas cvsst, depuis ce moment, de faire partie, de Ja haule Assemblée ( [De L'Etendard à deux éditions par jour, üne le matin ct une le soir, au prix de 4’ centin le numéro ou de 3 piastres par an pour la ville, ct 5 piastres pour la campagne et les États-Unis. En oülre, une édition
hebdomadaire à À piastre par an est destinée aux cullivatcurs. Le
tirage de cette édition est, comme celui du numéro quôtidien, de 6 à 1,000 exemplaires, L'influence de- l'Étèndard” s s'étend de préférence dans Jos campagnes. Le jôurnal des caslors peut être considéré comme le chef de file des’ petites feuilles’ d’une. nuance analoguë comme Je Journal des Trois-Rivières, Je Pionnier de Sherbrooke, etc.
- La Société de l'Étenda que dirigent MM. Trûdél et J.-A. Prendergast. a, depuis 1883, lt propriété de Ja Revue. canadienne, publica-
tion littéraire et scientifique mensuelle, dirigée par M. Lamothe. Celte: revue, après avoir passé en bien des mains depuis 1863, est revenue
- dans le milicu où elle a vu le‘jour.
La Presse est le dérnier venu des journaux français de Montréal. ©
H'aôté fondé le 44.octobre 1884, lorsque MAI. ‘Blumhart et Pro-
vencher quitièren!t le Monde à la suite des modifications survenues
)dans Ja propriété de ce journal. Son histoire est donc bien courte. Son .
diretieur et propriétaire, M: Blumhart, fit ses débuts en 1874 au Canadien dont il acheta la propriété qu’il revendit ensuite à M. Tarte
en 1876, après avoir fondé le Cultivaleur, édition hebdomadaire du
(1 } Décédé en janvier 1890, M. À. Trudel a êlé remplacé, dans la direction de l'Étendard, par M. Henri Trudel.
Ps
précédent. Quittant alors la presse, il fut attaché à l'exploitation des.
chemins de fer canadiens ét devint secrélairegénéral dela ligne du Nord, fonctions qu'il remplit jusqu’en 4883. Au mois de janvier suivant, il prit a direction du “Monde Jusqu'à au jour qui vit naître la
. Presse. ”
Parmi ses collabor ateurs, il faut citét MM. Lrovencher ct Achintre…
“Simple rédacteur, puis rédacteur en chef de la Minerve, M. Proyen-
cher fut ensuile agent du gouvernement canadien à Paris (1870-1871), puis commissaire des affaires indiennes du Manitoba et du Nord-Ouest à Winnipeg, de 4872 à.1880. À cette dernière date il rentra comme rédacteur: à la. Minerve, puis passa au Aonde ct à la Presse comme rédacteur en chef. Depuis près de trente ans dans le journalisme, M. Provencher, qui. est'un des écrivains les plus instruits du Domi-
européennes. M. Achintre, originaire de Besançon, mais Canadien
depuis vingt-cinq ans, a élé direcieur de l’Opinion publique et rédacteur ”
min, à. publié de: nombreux articles dans des revues américaines et :
à la Revue canadienne. 1 est l’auteur d’une Galerie des portraits poli- |
tiques canadiens ct de nombreux récits de voyage (1).
Comme le Monde, la Presse ‘est un grand journal d'informations à À centih le numéro ou 3 piastres par an, ayant.trois éditions quolidicnnes et uné édition hebdomadaire. Au début parut aussi un sup
“plément litéraire, 1e samedi de chaque semaine
La Presse.lire de 13 à 14,000 exemplaires (2). “Comme ligne poli-
4. tique, le journal ‘est conservatqur indépendant sans affiliation à aucun
parti. . \
Les j journaux anglais, que je ne ferai que citer, sont au nombre de cinq. d'Ge sont: The Gazette, journal conservateur, organe de M. White.
* ministre de l’intérieur (l'ancienne Gasette de Montréal, créée en 1718); The Herald, gouvernemental, organe de ‘la Compagnie du Pacifique
tanadicn; The Post, d'opinions -variables, mais spécialement l'organe
{) M. Blumhart, ayant quitté le- journalisme en 1887, la Presse est devenue la proprièté d'une Société présidée par M. “Würtele, et la direction du journäl a été confiée à-M. Nantel, député de Terrebonne à l'Assemblée de Québec. M. Nantel était alors directeur du Nord, de Saint Jérôme. +.
(2) Ces chiffres,.comme ceux des autres journaux cités, sont aujourd’hui quelque
pen modifiés. En ce qui concerne la Presse, notamment, le tirage quotidien est t de 173 à
18,000 exemplaires.
J * CES > E , . ! | L 4 . 0 : : ES : 12 TA AË CANADA € ET 'CHEZ LES PEAUX -ROUGES
Tr
libérale, o
, des Irlandais ; The Star. “indépendant; enfin” The Witness, de nuance | organe des Sociétés bibliques et célèbre dans lodt le Canada . par ses accès ‘de. francophobie aiguë analogues À .ceux du Globe. .de
. Toronto. Cest le, seul: journal qui ait salué qd un article malveillant.
‘ l'arrivée de la dé és gatiorfifrançaist.
ll + . =” n ———— - D on D a x“ - on : Te , Pe-4 3 e :
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; LR eo. om 1. : V , < à. , \ .P | 4 csr
OTTAWA os,
Je curé Labelle. — Saint-Jérôme un jour de fête, — Ottawa, — Les blocs du gouvernement, — Les partis politiques : conservateurs etlibéraux, — Français et Anglais, — Ba marche sur l'Ontario. — La Chaudière et les glissoires. — Un dimanche à
Ottawa. — Toronto. — Le coté d'Essex. — Détroit et le Monde où l’on s'ennuie. —. Le Niagara. — Les Mille les, — Retour à Montréal. — Séparation. — La picolte. —
Sherbrooke.
Aux portes, de Montréal, sur un embranchement du chemin de fer du Pacifique, se trouve la paroisse de Saint-Jérôme, dont le pasteur,
M: lé curé Labclle, est un. des hommes les plus remarquables en son
genre et’ les plus populaires du Canada français. D'une haute stature et d’une carrure tout en proportion, d'une physionomie franche ct sympathique, renfermanten lui tout ce qu ‘il faut pour faire :un tribun,
“il possède encore, bien que déjà chargé d’une cinquantaine d'années,
«d’esprit qui lui sont familiers, charme, s’il nèdésarme pas toujours ses.
l'entrain et lardeur d’un jeûne homme, “auxquels il sait “joindre la:
sûreté de,conception etla sagesse d'exécution d’un homme d'expérience. Ses traits, surtout vus de.profil, lui donnent une grande ressem-
blance avec Napoléon le ct particulièrement ne Jérôme.
Il est du nombre de ceux qui pensent qu’une honte ÿaieté n’est pas ‘”
bannie des choses ‘de ce monde, et souvent & sur sa bonne et large, face s’'épanouit un de, ces grôs rires malicieux qui, joirit à à un, de ces. traits
b Vontradicteurs. ÆEn un mot, c’est un homme tout rond au-moral co
au? hysique @). oc # L° -
(1) Élevé à la dignité défotonotatre apostolique, Ms° Labelle est. “aus 1888, °
assi$tant-commissaire (Sous- “fiistre) de l'agriculture et de la colonisation à Québec}
. « | . | L . e | $ ù ct ".
u è . D ° : D 4 . , Li «4 ! ..
14 AU CANADA ET GHEZ LES PEAUX-ROUGES . à et
Le curé Labelle s'est tail l'apôtre de la colônisation: lruiçaisé au nord
du Saint-Laurent. Grâce à son influence et à ses cfforis. des roulés ont : été percées. des chemins de fer .-créts.. des villages fondés dans mainte «: “région couverte de forêts. Que de fois ne l'a-t-on pas vu, à Otlawa, . commé à Québec, arpenter les couloirs du Parlement, encombrar desa puissante personne les bureaux des ministères, afin d'obtenir os sub sides nécessaires à ses pacifiques calreprises ! À poifie ai achevé de | plaider sa cause, ët gagné son procès, qu'il vole, en “corpaénie À ét A
vinséparable pipe, à la création de -nouveaux centres de population, vi-
“sitant cl encourageant sans cesse ses colons qui lui apportent le concours le plusprécieux pour le succès de ses entrepri ises en mettant si bien en pratique ce précepte de l'Évangile + Croissez ct multipliez. El comme le Canada semblait ne pas suffire à son amilion, "il st vobu cn .mission dans la vicille France en vue de diriger vers la France d’: Amérique un fort courant d'émigration. Rien ne lui résiste'et tout'lui-réussit ; aussi
day le pays l'a-t-on surnommé le Roi du, Nord. Malgré * ses multiples écupations, il n'oublie pas les devoirs de son ministère, et les habitants
e Montréal se souviennent encore d’un: hiver. :rigoureux pendant lequel le curé Labelle, est arrivé, à la tête de ses paroissiens, appôr tant aux pauvres de la ville, qui en manquaient | totalement, le bois de. chauffage aussi ‘indispensable pour eux que le pain de chaque j jour. -
Parti de France, sur le Damara, avec la délégation française, le curé ” : Lahelle n’a-cessé d'être, depuis son relour au Canada, l’objet de démonstrations tout à la fois affectueuses .et enthousiastes. Mais c'est à à” Saint-Jérôme que les paroissiens du curé’ lui préparaient, ‘ainsi qu'à la délégation, un, réception des plus. “chaleureuses. Déjà à Sainte--
T hérèse les ovations avaieñt commencé ; les habitants, sous la conduite.
‘du maire, du clergé, des’ professeurs du collège, élaicnt rangés sur le
quai de la gare pour acclamer les déléguës et leur présenter une adressæ de bienvenue à l'ombre d’ un magnifique drapeau blanc fleurdelisé. Ce fut bien autre chose à Saint-Jérôme. La gare de cette petite ville disparaissait sous les drapeaux ct les ar ceaux ‘de verdure, ct “un are de tgiomphe avait été dressé pour la circénstance. Les habitants de Saint-Jérôme, ainsi que ceux: des paroisses voisines, tous -de race française, se pressaïént en flots tumultucux autour du débarcadère. A
peine Je, train spécial, gracieusement. mis à la disposition des délégués 4, f'
de M. Joliot.
D'après une photographi
‘ , . | TOR L2 : . " -1 , | Æ | - . u : . | | ni « ‘ , , I | Ph ° | » , ..
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par Ja Compagnie du Pacifique, entre-t-il en. garc qué des acclamalions et des hourras éclatent de toutes parts. La musique de Ja ville fail .entendre ses plus vigoureux accents, au milicu -du brouhaha causé par le siMet de la locomotive el° le son relentissant . de. sa cloche d'alarme, Is” délonations- des pétards et des boîtes’ à: -miträille. Onncs entend plus, on” est littéralement élourdi'; mais cela-nt. fai rien, la démoristration n'en rest. que plus imposarile,. l'enthousiasme est à son éomble: Vive le Canñda! Vive la France! 2°: "+ +: - ' : Boei L
Tout le village esi pv oisé de drapeaux. uniquemènt tiicolgres, chäcurr . voulañt par-cetle.démonsträtion témoigner de ses sentiments français; |
“etes Plus pauvreé maisons ont lenu à prendre. un air, de fête; Les -“liabitants ont-bicn conservé leur type d origine, À voir ‘ces figures ouvér Les Péspirant: da: Donnc hümeur ch la curiosilé, -à entendre -païler - | . français avec celte accentuation particulière" à-nos paysans, on se croi-
“rail'au cœur d’une onne “petite ville de: ‘Noëmandic. On se sent. revivre
/ à cette atmosphère: "ct toutes. les, ftigues du. voyage s'évänouissent
. comme ‘un rêve aû contact de ces: braves® habifants” dont-. les. cœurs
per:
: À élentà à J'ünisson- des nôtres... à: Lee Let CT ? 7
- Le +.
: # CL Saint- Jérôme-rappelle toit à. Rail ce£. villes. de H-Puzta agyarc aux
. larges rucs poussiér eusCS, AUX rai ns Spacieuses ct de-peu d’ élévation :‘disséminéés-sur. une grande cunduè de téfrain. Lecheñin de fer, dont, ‘Saint-Jérônie: est le terminus, . doit:se ‘prolonger dans-Jà direction. du Jac Témiseamingue; line äctuelle de la colonisation -&t centre futur. d une-forte population: de race française. Leg , Après un Te-Deuin charilé par le curé Labellè, dot. l'émotion dagne. tous. is assistants, nôus visitons Ja fabrique, de- -päpier de M. “Roflaid” "les scicries “éjablics sur les hords. “pittoresques des: cours ‘d'eau; . cas. “cadant au “ilieu dés: rochers à- ombre des grands” bois. Tous les. “habitants ont'inis, Chevaux et, voilures à notre disposition. el c'est à à qui. se montrera le plus ébligeant et IC plus crpressé, Yis-à-vis -de nous. De plus, pendant notre exeursion unc éinquäntaine, de. cavalicns; ornés
de rubäns tricolores cl dela feuille d'érable: symbole du Canada, galopent” . à droite.et à gäucie de noirè. interminable ‘file de voiture, en :noûs “faisant” escorte. Ces braves jeunes-geñs ont dû absorber une dose consi-'
+ dérable de- poussière, Si Ÿ on'en juge d’après ce que 1 nous avons récolté *
: nouS-mê mes. iidis"} ' en, at 3 cu ün' ‘seul parmi cux dûr vait séulement |
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-fait attention ? Cette magnifiquejournée se termina par Je traditionnel -.
: banquet donné dans la.grande et belle salle du marclié couvert. Est-il: besoin: de dire que la plus franche cordialité ne cessa de régner -parmi les 200 convives présents et qué l'abondance des vins généreux
Eu ne fut pas. un éteignoir pour la vicille gaicté gauloise? Les toasts furent
* innombrables et auraient peut-être duré jusqu'au lendemain si le ‘train de- Montréal n'avait donné le signal du retour. Par une délicate attention, Ja Musique avait appris à la hâte’ le. Chant du Damara. * Aussi.ce morccau,: -devenu pour ainsi dire l'enfant adoptif des passagers -. du Damaïa, fut-il. ‘salué à son apparition par des acclamations sans
C'prise,. dont” il ‘faut fcporter le mérite au curé Labelle. Deux heures,
pour ‘Ottawa, Toronto etle Niagara. .
Quatre. houres de chemin: de fer séparent Montréal d' Ottawa, el deux ‘lignes différentes réunissent’ és deux cités. Capitale du Dominion du ‘Canada, Ottiwa, situé dans la. province d’Ontario, est une villé toute
. nouvelle que lon aperçoil, dès l'arrivée, dans un site pittoresque sur les :
bords de- l'Outaouais. Au commencement du siècle, Ia vallée de TOu: laouais n ’élait encore qu'une immense forêt. En ‘1826, le colonel By, chargé de construire le canal reliant les caux de l Outaouais à
nom d Ottawa: "a population” compte. 30, 000 à âmes fnvirôp, dont près
d’un ‘tiers est dé, face: française. Bien que l'élément ang is domine ; dans la. population et‘ dans les . de ‘la cité, némbre Ke maisons
SOnk, payoisées et. üinécs s d'inscrip ns de biénvénue ch fra çais ou en
‘même voté. des crédits pour ‘défray cr° “es visiteurs, que de superbes carrosses-atlendent à Ja gare. Comme dans Ics autres villes, un comité
.dé réception s'est formé, ct ses membres onf'eu pour. mission de servi
. de pilotes à: leurs “hôtes ‘dé passage. A Ja tête d® ce comité sc’ trouve M. Bonjämin Sulte, .sous- député-ministre de- la’ milice, que nous con-
naissions - déj jà comme écrivain de, mérite a qui sé révèle ici comme cau- . - seur plein. de. charme. Lee d ‘
La première visite. faite pas. les délégués, au saut du train, est pour
“ x OUR Le * ‘ . Ph ts ù ; Ÿ + ‘ :
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Ain, succédant’à un. moment de, silence causé par cette agréable suTr-
après nous étions à Montréal," préparant notre départ du lendemain ‘
Le .. OTTAWA * 77
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le gouverneur général, lord Lansdowne, ‘qui accucille: avéc bienvcillanée tous ceux qui lui sont individucllement ‘présentés. Successeur du marquis de Lorne et de lord Dulfcrini, deux hommes qui ont. laissé les meilleurs souvenirs parmi les Canadiens-F rançais, le marquis de Länsdowne, bien que protestant, à dû à son tacl et à sa profénde : connaissance de la languc française, d'étrétout de suite sympathique danse Bas- Canaga. Puis viennent les cérémonies habituelles : réception à l'hôtel de ville, où le maire, M. Mac Dougal, revêtu. de scs insignes d'apparat, - donne lecture en français, d'une adresse conçue. dans les Lermeÿ de la plus sympathique courtoisie : réponse, toujours finc de : M. de Molinari ; exercices de la brigade de feu, remarquables à tous les- points de.vue: lunch offert par la ville; loasts nombreux... oh! pardon, il n° y en: eut qu'un, ct {rès bref, suivi d’un remerciement: “Les; bâtiments officiels sont le principal ornement d'Ottawa. Élevés. ; autour d’une vaste placé, ils sont remarquables par. leur masse imposante, leurétructüre bizarre et un assemblage de pierres rocailleuses faisant beaucoup plus d'effet de loin que de près: Deux de ces blocs sont OCCUPÉS par le gouverneur général ct les services des ministères.
LS
rx {Mais bien que ces édifices soient très ; grands, ils sont déjà notoirement ms suffisants ; ils ne passent’ pas, en oùtre, pour être très pratiquement
+: aménagés. Le bâtiment principal; situé au sommet, de la colline qui domine l'Outaouais ,. dont les bords ont été transformés en jardin anglais; est consacré tout. entier au Parlement fédéral. C esl lèzæen effet que siègent Chambres ct ministres, dépuis 4866, un an ayant l'acte qui a créé ia Confédération canädienne. Bien des luttes par- — Jementaires ont déjà eù lieu dans celle enceinte entre les deux partis politiques qui se: disputent le pouvoir : : le parti conservateur ct CE parti libéral ou grit,. qu'on appelle'aussi le parti. rouge. A l'aile droite des coriservateurs marchent les casiors ou ultramontains,: mais ce n'est. qu'une avant-garde généralement, confondue - dans le gros des troupes: conservatrices. Cette division des partis correspond assez à celle des torys ct des whigs, mais, moins encore qu’en Angleterre; il n’y: a de différence entre les programmes des conservateurs ct des libéraux ; des ‘nuances seules les séparent. IF n’y à point de radicaux ni de socia- | listes, ‘et le nom de parti rouye ne saurait être pris un seul instant dans le sens qui-lui est donné-en France, car les rouges canadiens ne
Fr
se
—— Le ——: sont rien moins s qué révélutionnaires el profeséent al égard du clergé, * tout comme les conservateurs, ‘un sentiment de, respect et de reconnaissance. Ce quisressorl l plus, c'est que l’un dès. partis. tient le
pouvoir et que l’autre le convoite. Depuis la formtion de’ la Confédi-
- ralion les conservateurs ont toujours-cu la direéti ion des affaires, s sauf
de 1818 à 1878 où lé parti libéral est arrivé au pouvoir avec le ministére" - Mackéngie-Dorion: (‘). Actuellement le. cabine Mèkdgnald-Langevin;,
ayant à sa Lèle deux vétérans des luttes politiques, tient les rènes du
pouver nement depuis le 47 octobre 1878 sans interruption. Combien de pays parlementaires, à commencer aujourd’hui par PA gleterre, | pourraient envier .au- Canada gine Jongévité ministérielle qui est le meilleur gage de r anquillité ct de progrès pour un peuple!
Les ministres fédéraux sont au nombre de quatorze ; l'élément français
-n'y est représenté que par- rois. membres : sir Hector Langevin; mi-
nistre des travaux publics; sir Adolphe Caréni, ministre de la milice, cl . M: Chapleau, secrétaire d'État, Cest peu en proportion de la popu- “lation française du Dominion. Six des minisies “professent la religion none o ;
Le
constil, sont répartis entre les diverses provinces el ont censéé Te- ‘sprésenter une division territoriale (?). . |.
Les 215 membres de la Chambre des Communes sont nommés par des électeurs (*). Leur nombre. varie suivant la population ; mais c’est * toujours a provinec de Québre, avec son chiffre immuable de 63 députés, qui sert de base à la répartition du nombre des sièges entre les autres provinces, Le recensement de la population . a lièu lous les dix ans, La duréc d’unc législature esi de’ cinq années; clle’est souyent abré séc par Ja dissolution. Les députés ont. droit à un traitefnent el à unc indemnité de route; par contre, une retenue leur est faite cn cas-d’absènce non | justifiée, ce qui, n “empéche pas le Parlement dè
{4} Les ministères son£ “Labitnellement désighés par le nôm 1 du chef de parti de chacunc (les deux races.
(2) La province de Qnébee a droit à 94 sénateubs, Ontario à 24, la Nouvelle-Écosse | à 10, le Nouveäu-Lronswick à 10, l'ile du Priree-Édouard à 4, le Mañitoba à 3, ct la Colombic- -à.3. Le Nord-Onest a aussi 2 sénateurs depuis 1888.
(3] Ontario envoic 92 députés, Québec 65, la Nouvelle-Écosse 21, le Nouvean-Bruns:
wick 16, l'ile-du Priñce-Édouard 6, Ia ones 6, le uns 5, Je Nord-Ouest 4 (Alberta 1, Saskatchewan 1, Assiniboia 7 . ‘
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JTTAWA | 19
ne.compler comme assistant régulièrement aux séances qu’un nombre
“très restreint de membres. C'est là une imitation fâcheuse des mœurs
poliliques de Angleterre. Auss) la présenée de 13 sénateurs ct de . 20 députés est-clle considérée comme suffisante pour assurer la validité des délibérations.
‘La majorité de la. Chambre appartient pour Jes ‘deux tiers -à l’o- Pinion conscrvatrice, ct tous les efforts des chefs de l'opposition, MM. Blake et Laurier, n "ont pu l’entamer lors de la discussion des actes du couvernement concernant l'insurrection des Métis du Nord- Ouest. La minorité libérale recrule ses membres presque exclusivement-dans Ontario et Québec: Les députés de la Colombie ct du Manitoba sonf tous conservateurs, ct ceux des :provinces maritimes presque (ous. ‘ |
Si Pon considère la Chambre au point de vuc-de Ja représentation des races, on remarque que l'élément français y est en assez forte minorité ct compte à peine une sôixantaine de membres, soit un’ peu plus du quart de l'Assemblée. 1” Ontario en envoie 2 (:), le Nouveau- Brunswick et le Manitoba 4 (2); tout le resic est fourni par la province . de Québec. La Nouvelle-Écosse, Pile du Prince-Édouard, la ‘Colombic n'envoient que.dès députés anglais,, .° ‘ ‘
-Sfle nombre des représentants de race française n'esl pas plus considérable, cela tient à ce que, au moment où s'élaborait le projet de confédération, il avait élé convenu que chaque comté nommcrail un représentant” de la nationalité qui. y était en majorilé-ou, en Cas d'é-
yalité, -cnverrait un député de chaque race à PAssembléc fédérale ou ‘à lAssembléé provinciale. Cet açcord subsiste encore, bien que- la situation ne soit plus la même, en: présence du recul constant de la population anglaise vers le. Sud ct’ l'Ouest. C'est ainsi que des troize divisions électorales de la province de Québec, : où l’élément.anglais
. avait naguère la prépondérancé, sept possèdent aujourd’ hui une pôpulation en majorité française 6); ot tandis que la race française aug-.
mentait sans cesse dans ces comtés, la population anglaise restait à | peu. près stationnaire, ct diminuait même. Dans les six autres comtés,
(1) Circonseriptions d'Ottawa et de Préseott. «
(2) Circonscriptions de Kent (N. B.) et de Provencher Dan. 3.
(3) Ce sont les circonscriptions de Mégantie, Dr ummond et- âr thabaska, Richmond | et Wolte, Sher brooke, Sheffoïd, 1; Assisquoi, Ottawa.
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la progression de nos compatriotes” est constante (‘). Un jour viendra . bientôt tr la nationalité anglaise daura plus la majorité dans aucun : des comtés de la provinee de Québec.
® Dans Ja province d'Ontario, la poussée de: la colonisation française sc fait déjà | scnlir, ct, au fur cl à mesure que l'élément français, débordant - de“la. province de. Québec, s avance en remontant le Saint- Laureni ét l’Oufaouais, l'élément anglais, moins prolifique, et gène. par ce‘ nouveau voisinage, :s’efface peu à peu devant lui pour: se diriger vers-les lerres neuves du Nord-Ouest. Cest ainsi que le comité
‘de Prescolt, qui fait saillie dans la province. de Québec, est déjà passé
“avec armes ct bagages dans le camp français ; son voisin, le comté de Russell, esL presque cog#is d'une façon: tout aussi pacifique, et les circonscriplions qui l'entourent, Glengarr ;/Cornwal et Stormont, Carleton, . sont, à l’heurc actuelle, fortément e entamée, ainsi que lé comté d'Essex, à l'extrémité opposée de Ja Provinge d'Ontario. : Le courant. migrateur remonte ainsi a deux grands fleuves de lalPuissance et prend pied sur Jeurs bords avant de pénétrèr ‘à "Rintérieur. C'est surtout dans la vallée de l Outaouais que cè fait est digne de"remarque. L'installalion .
. dans ces parages d’une forte colonie française ést-d’autant plus précieuse
- qu'elle sérvira un jour de trait d'union Jentre: Jes Français, de ‘Québec ‘et ceux du Manitoba, cnlourés de, loutes parts. Par: les flots sans cesse
grossissants de l'immigration. anglaise. Ce
En 1861, la population française. d’Ontario n’é était. “que de 33,24 habitants; en 1871. elle s'élevait à°75; 388, “pour atteindre 102,743 on EC #
Tous ces faits démontre né fon” évidente que l'influeñcs fran- : - çaise ne fait que s’ac Gitre dans’ le- bassin du Saint-Laurent, tandis. ‘ que: l'ifluence anglise,: dans celte région, -est bien. près d’ayoir atieint - Son maximum: Par la: ‘force des chosés, les ancicnnes circonscriptions anglaises en viendront à nommer des- députés français, ‘el le. nombre de ces derniers sera alors beaucoup plus en rapport avec la population . de inême race. : . , ‘ s
. Mais il faut dire.que la distinction ci-dessus, n’a pas d'importance au point de vue de la direction des affaires’ ct de Ja. formation: d’une
(4) Ce sont-les circonscriplions d'Argenteuil, Bree Compton, Huntingdon, Pontiac, ‘. , Stanstead. |
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Orrawa. — BIBLIOTHÈQUE DU PARLEMENT
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- lique. ou orangiste. Il n’en était pas ainsi à
majorité. Aux Communes il n'y a-point, à ‘préprement parier, de
groupe français ou anglais. pas plus. qu'il ny a de groupe catho-
à Pépoque où le grand Papineau faisait relentir Lx tribune: des justes revendications de ses
compatriotes. L'union .du Haut ct du Bas-Canada changea la face des
. choses, el avec des hommes d'État comme Lafontaine, Morin, Étienne
Taclié, George Cartier, dont la statue s'élève depuis peu sur la :place
du-Parlement, les queslons de - races firent place aux questions purc- - ment politiques. Français el Anglais légiférent aujourd’hui côle à
côle sans se froisser, el, en fait, il n’y a plus.que des conservateurs ei des libéraux. La politique d’apaisement triomphe enfin; mais par quelles
luttes n’a-t-il pas fallu passer pour y arriver el jusqu à quand l'accord
durera-t-i1?
La sallè des- séances des Communes- est carrée. Le président, que l’on ‘appelle orateur (speaker), a son fautouil placé dans le bas, en face de la porte d'entrée. A droite ct à gauche, 1 a salle se relève en gradins sur lesquels sont les siègcs des dépulés. Le public est placé en haut, tout autour de la salle. ‘
Tout à-côté du’ palais législalif, et communiquant avéc ce dernier, se dresse une élégante rotonde qui sert de bibliothèque au Parlement. ‘
. L'aspect extérieur de cé grand pavillon est.aussi original que gra-
cieux, ct l'intérieur est non moins séduisant; tout y cest reluisant et entretenu avec le plus grand soin. Outre des livres de tout genre, on
y trouve des dessins, gravures, cartes géographiques, médailles, .cte.,
et jusqu'à une collection complète de timbres-poste. Une salle spéciale est consacrée aux journaux du jour, qui arrivent de tous les points du Canada et de l'étranger. La bibliothèque du Parlement a subi bien
. des vicissitudes, suivant toujours le gouvernement lors des change-
ments de capitale, ct a été plus d’une -tois viclimè d'incendies ‘qui ont détruit une partie de ses collections. Malheureusement, ce joli bä-
- timent pèche par un vice d'architecture: : sa forme même en empêche : l'agrandissement, et l’on prévoit, un peu : ‘tard, le moment où l'ins-
tallation actuelle sera insuffisante. Deux: bibliothècaires sont à la.
tête des collections : : un Anglais ct:un “Français. Ce ‘dernier est M. de Celles, homme aussi érudit qu aitiable.
Sous la: ‘conduite de nos-hôtes, nous visitons toute la ville, le musée,
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eux 4 | | L UT
- "82 Ù AU CANADA ET cHEz LES PEAUX-ROUGES . \
6 À are salle. des armures, la basilique, dont. l’intérieur est tout en -bois ct ‘ ressemble en plus petit à celui de la cathédrale de Montréal, Le mattre-" autel est finement : sculpté ; la voûte .esl: peinte en bleu avec étoiles d'argent, mais les grands. piliers de bois et les boiseries voisines sont couverts dé peintures multicolores de mauvais goût. Le frêne est très èmployé dans ces constructions et lient la place du ‘noyer auquel il ressemble “beaucoup. C'esl aussi én bois de frêne qu'est bâtie la bibliothèque du. Parlement. :
A l'autré extrémité de la ville se. trouvela magnifique cascade de
… form de demi-cercle. et par degrés, dans un entonnoir profond où
cn l'eau bouillonne avec furic. Le coup d'œil cest malheureusement un
D , -- pe resserré ct le pittoresque du Jieu est fortement gâté-par les billes D © “de-hois; que l'on aperçoit ün peu partout sur les rives, et par lès usincs qui entourent la chute et lui dérobent, par des prises d’eau nombreuses, une partie de son élément. C’est là que s'élève la grande ‘
scièrie de M. Eddy, qui fonctionne sans relâche, la nuit. comme le
‘jour, grâce‘à son éclairage électrique. Les billots de bois sont harpon-
| : nés par.un manœuvre qui les accroche à une chaîne, sans fin. Celle-ci . - - * 7: les dépose devant. es: appareils de sciage à vapeur, et le ‘débitag ge du ‘+, : hillot, sa transformation en. planches, qui s’empilent d'elles-mêmes à
? . un endroit désigné, s’opèrent aütomatiquement. en un rien de temps. : ee Avec les bouis de: planches on fait des-aïlumettes.
: : : "" Afin de permettre. aux trains de bois Venant du. nôrd d'arriver à : | ve L. Ottawa malgré la chute, , on à cons{ruit d'é irbits canaux en pente rapide qui permettent -de tourner la: Chaudière el, dans lésquels l’eau se pré-
“cipite à touté vilessc'en formant des remous. C'est ce qu’on appelle les glaire Les radeaux de bois s’ eng gagent dans les-glissoires ct sautent- Ssez fortement dans les rémous. L'eau jaillit et se déversè sur le . Dre qu'elle couvre en grande. partie, éclaboussant tous ceux qui, par +: nécessité .ou par. plaisir, exécutent cette descente tout à fait originale -.0t sans dangtr. Cest là une dés. distractions les plus recherchées par les étrangers à Oftawa. : . ; “Du pont suspendu, qui. se trouve. près de la° Chaudière et:des glis- .soires, on-jouit d’une’ vue des plus pittoresques sur la capitale et “principalement suï les édificés officiels, juchés en haut. d'une colline
: 4 : ee De F7... Va ‘Chaudière. Après une série de rapides, l'Outaouais se précipite, en ER
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dont les flancs boisés ont été ‘transformés en jardin ana. Le point
de vüe ne laisserait rich à désirer si -Fon n'apercovait en.même temps . à la: Surface de l'Outaouais, qui fgrme en cet endroit une large dé- :
pression, d'énormes taches formées par. la séiure
. de bois. Au picd:
‘de la ville et surtoul à Hull, faubourg d'Ottawa pour ainsi dire, sc dressent à l'infini des piles de bois qui vouisent singulièrement au
paysage. |
Hull n’est séparé de la “capitale « que par : Lrouve, “par suite de celle circonstance, dépendre
l'Outaouais, mais se
de la” province de
| Québéc: ‘Sa population forte de 7 à 8,000 âmes est presque entièrcment’ de ract française. Hull possède un journal français: la Vallée ‘d'Ottawa, “tout comme Ottawa où se publie : encore que des fouilles de pelit format, qui, pür la pénurie de leurs “nouvelles, ont peine à lutter contre les trois où quatre grands jour-
“aux anglais de la! capitale.
. À ütre.de-ville nouvelle, Ottawa rénferme tout un ensemble de rues
le Canada. Ce ne sont
dirécs: au cordeau ; clles sont- larges, non pavées, ‘ souvent ‘de trottoirs .en bois, ct d'une monotonie désespérante. Quand la bise souffle à travers ces grands couloirs, on éprouve un sentiment de tristesse indéfinissable. Je” ‘n’oublicrai jamais certain dimanche passé à Oùtava, à à notre retour du Nord-Ouest, au mois. d'octobre 1885. Le temps, était. sombre, les boutiques fermées et les rues désertes. On “ne sait, vraiment pas ‘ce que deviennent les habitants le dimanche, dans” les villes protestantes. Los bars, lieux de réunion par excellencé, “ont porte closé, — au moins sur’le devant. Afin de laisser. au personnel servant le temps d'aller aux offices, — si cela lui plaît — les repas sont réduits à deux; le lunch et le thé ‘du soir sont supprimés. Malgré cela la salle à manger est à moitié vide. Tout ce qui est lieu ÿdc distraction est fermé, comme si, dans la Bible, le jour du repos devait être un jour d’enni.: La passion de la fermeture est à un tel
bordées le plus
‘point poussée qi, dans uné grande ville’ protestante" anglaise du:
Manitoba — pourquoi ne pas la nommer? — à Winnipeg, il. hous ârriva, un après-midi, de trouver close la porle menant au washroom cet à certain petit établissement de nécessité situé « dans’ le voi-
sinage. Étit-ce à cause. du dimanche?
A l'hôtel Russell, où nous étions descendus à Ottawa, : le hall, ordi-
ave
a . : \ | | L : . - 84 ©. AU CANADA ET CUEZ LES PEAUX-ROUGES
nairement si fréquenté, était sans animation, les escaliers ct les couloirs silencieux et déserts. Au. salon se trouvaient un piano .ct deux dames
anglaises. À peine l'harmonieux instrument eut-il fait entendre quelques, ‘accords, qui pour n’êlre pas bibliques, n’appartenaient cependant pas
au répertoire d'Offenbach, que les.deux puritaines filles d’Albion se
” levèrent d’un air shocking et se replièrent en bon -ordre ‘vers. leurs :
appartements. Par une condescendance exagérée, le piano sc tut. Nous n'étions que deux à ce moment; nous nous mîmes à la fonêlre du grand salon qui donne sur le pont du canal Rideaü.. C'était au beau
milieu de la journée. Au bout d’un quart d'heure, nous n'avions vu . passer que quelques chiens en rupture de laisse. Tout à coup une . forme pumaine’ apparaît à l'angle d’ une ruc. C'est.un policeman qui ‘s'avance à pas lents et d’un air morue. Ïl lève la tête. vers F hôtel, ouvre une large -bouche, Jaisse échapper un formidable bâillement, qu'aucun. |
obstacle eût pu retenir, et disparait au tournant de'la rue.
Pour se rendre d'Oltawa à Toiénto il fâut pénétrér au cœur de, kB
province d'Outario, le rempart de 1° ‘fationalité anglaise au Canada;
Le pays est assez peuplé, cultivé en beaucoup d’endroits, bien que l'on
aperçoive ehcore des champs en friche, des forêts inexploitées et une
infinité de petits. étangs. Si l'on établit une comparaison entre Îes deux provinces de Québec et d'Ontario. on remarque que, toutes pro-
portions gardées, la première rést plus” commerçante et la deuxième plus industrielle et plus ‘agricole. Ontario exporte. du grain non seule-
ment à l'étranger, mais encore à Québec. Sa supériorité tient surtout . aux procédés de culture et à l'outillage, car le sol des’ deux provinces.
est le même. ct La province d'Ontario est la plus riche, ‘la plus prospère et la plus
| peuplée de ia Confédération. Elle possédait en effét, en 1881, 1,923,000 habitants,. de race anglaise pour la plupart (:), sur un total de 4,324,000 .
que renferme le Canada. Aussi at-elle avec le nombre et la richesse, l'influence et la domination. Toronto, sa capitale, fondée en 17193, et dont la population dépasse adfjourd'hui 100,000 âmes, est assise
sur les bords du lac Ontario. Centre d’un commerce très important -
avec les États-Unis, elle est, après Montréal, la seconde ville du Dominion. Ses rues sont tracées en damier ; à l'inverse de celles d'Ottawa, {1} La population française n'était que -de 102,743 habitants
4er
D — — eee
- elles sont propres et bordées. dans la partie centrale, de magnifiques. | ‘ habitations, de riches ‘magasins devant les(uËté-s arrête une aflluencc ‘de curieux. La rue la plus fréquentée est: la Yonge ‘strect, qui part ‘du lac-Ontario et se prolonge à l'infini. Les grandes voies de communication, que sillonnent de nombreux tramways, sont garnics de pavés de bois ; c'est-la ville la micux entretenue de toht | le Dominion.” |
C'est à Toronto que” la race noire commence à entrer en ligne. Au. :. Queen's hotel, qui, soit diffé passark, est k le meilleur que.nous ayons trouvé au Canäda au point de vuc d la” fable, : de: sérvice de bouche est faite exclusivement paï des nègres. Ceux-ci ont la tête rasée ; aussi-cst-il facile d'observer la variélé en même Lerhps que la difformité de lcurs boîtes osseuses qui semblent justifier 1 a parenté de l'homme avec le singe. L'hôtel est rempli de serviteurs couleur chocolat, ct l’un d'eux, | assis sur une chaise. froisse avec gravité certains petits papiers destinés à rejoindre le‘sonnct d'Oronte.
Non loin de l'hôtel se trouve la Queen’s street, qui pourrait bien s'appeler. hr je aux Fruits, tant on en “voit dans les boutiques. Un . commerce as$ez bizaïre-cst celui des cercucils. Des magasins en exposent dans leurs- vitrines, de toute forme et de tout bois. I yena qui paraissent fort coquets et doivent sans doute ‘tenter le passant. Sur les murs ct les clôtures en planches s'étalent les gigantesques affiches de Barnum, dont le cirque est dans la’ ville. A côté, on lit cette enscigne énigmatique: Pllitesse et propreté sur le Pacifique canadien. Gela donné
à croire qu'il n’en est pas de même sur les autres “lignes. Enfin. dominant le tout, apparaît Sosodont, l'homme à la poudre dentifrice. dout le nom seul doit suffire à toute explication.
Le soir les principales rucs sont éclairées à la lumière électrique. Les autres doivent se contenter de becs: de gaz fortement .espacés ; aussi ces rues sont-elles passablement noires, d'autant plus que %es’ boutiques sont fermêcs après le dîner’ Beaucoup de magasins ne
.….iettent pas de volets devant leurs vitrines, ayani confiance dans la sagesse de fous. Jusque vers 9 heures ‘du soir on circule dans Îa. .Yonge street; mais, à ce moment, : on dirait qu une machine .pneu- -matique à fait le vide. -
Une longue avenue plantée conduit au Parc, “vaste superficie ga-
zonnée et couverte ” d'arbres par-ci par-là. À l'entrée, un .carré
un beau monument élevé à
‘entouré de grilles el couvert de fleurs (ci qu cl yade mieux dans {out le Parc) sert. de cadre à. deux pièces de canon prises à Sébastopol et
données par la reine Victoria à la ville de Toronto. Plus loin se dresse -
l'invasion féniane de 4866. À côté-s’élève la statue peu artistique de George Brown; celui-éi- a l'air d'être habillé avec des lamelles de
zinc. … : ‘ .
. Le long du Parc sc dressent l Observatoire, grañd bÿtiment en briques
rouges, sans cachet, ‘ét l'Université. Cette- massive ‘construction. qui date de 4857, semble n'avoir que deùx côtés “à être construilc en forme d'angle. Sur la façade s'élève au centre une grosse tour carrée. dont les ailes sont incgalement construites. Les hauleurs sont différentes ct aucune des fenêtres de l'aile droile n’est au niveau de celles de aile £ gauche. Bien plus, le côté qui louche à la bibliothèque semble lail de pièces et de morceaux. La bibliothèque à Ja forme d’une ro-
la mémoire des volontaires tués lors de
tonde. ‘La pierre de construction est grisûtre el jaunâtre. Tout céla
est original, mais manque totalement d'harmonie (1). C’est un peu sur
ce modèle. qu'ont été consiruits les palais officiels d'Ottawa. Dovant
l'Université #étend une belle pelouse verte’ sur laquelle les étudiants s'adonnent avec ardeur au: jeu de la crosse.
du,
Comme dans toutes les villes-canadiennes anglai ses, les églises sont fort nombreuses; ilyena bien une ‘cinquantaine.’
Le Parlement est un grand bâtiment, sombre donnant sur-t#f jardin. Quelques colonnades le distinguent seules du reste des habitations. La province d'Ontario est une des trois qui ne possèdent pas de
douze membres, dont un seul est du race française.
* Conseil législatif. Son assembiée unique se compose de quatre-vingt
Les environs de Toronto sont bien cultivés él affectés plus spéci: ue.
ment à la culture maraîchère. Cette région est très peuplée et Les chemins ‘de fer commencent à y abonder. La ligne du Grand-Tronc. qué nous prenons à Toronto, va jusqu'à la ville américaine de Détroit, traversant l'Ontario dans toute sa longueur. À l'extrémité de cctle
‘province se trouve le comté d’Essex, où habite une colonie de plus de
30.000 Canadiens-Francçais. ayant la majorité, sinon dans le comté.
du moins dans plusieurs centres importants. Un journal français. le:
(1) Le feu s'est chargé de rétablir l'unité en détruisant totalement l'Université (1890). ; “
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Courrier de l'Ouest, qui se publie à Windsor chaque semaine. est le,
-seul organe de cette colonie de plus en. plus prospère. Le climat du.
© comté d'Essex est fort doux, 1 es fruits. y abondent et la culture de la
vigne ‘y à pris une grande extension. C'est là que: se trouve la Pointe, Pelée, près de laquelle on récolte. les bons petits vins blanes de Diana et Catawba avec lesquels nous avions fait Conhaissance à Toronto.
Détroit, dont Ja fondation remonte au: chevalier de Cadillac, n’est :
séparé du Canada que par-la rivière. qui unit lc lac Erié au lac Säint- * Clair et au lac Huron. Après la e eonquête anglaise, Détroit ct la région environnante ont êté un foyer de résistance contre les conquérants. C'ést sur ce sol que le célèbre chef sauvage Pontiac souleva les Indiens contre la domination anglaise ct, sutenu par quelques” Français, résista pendant plus de deux ‘années aux forces supéricures que le gouvernement britannique lança. contre Jui.’
Aujourd'hui encore les descendants des colons français ont su con- .
server parmi eux la langue de leurs pères et forment un sixième environ de la population de la ville. Afin de donner un point d'appui
à la langue française, quarante dames de Détroit ont: fondé tout ré- :
cemment une académie dont les membres se réunissent toutes les semaines. Ces dames ont surnommé leur assemblée le Monde où l'on s'ennuie, ct leur présidente, la baronne Salvador, à fait part à l’auteur
de cette charmante comédie de la naissance de la Société. M. Edouard :
Pailleron, dans une lettre fort spirituelle. à accepté avec -empresscment : le parrainage d’une académie dont il ne soupçonnait guère l'heurcuse arrivée en ce monde. | C'est entre Toronto et: Détroit qüe l'on prend, non loin.de la: ville déjà importante d’Hamillon, la bifurcation qui conduit à Niagara Suspension-Bridge. (PontSuspendu). Je n'ai pas l'intention de décrire. ici cette incomparable merveille que tout le monde connaît, même sans lavoir vuc,-ctque les Sauvages, dans leur langage imagé,
- appellent le « Tonnerre des caux. » Qu'il suffise de dire que, pour :
avoir une idée de la puissance de li chute: dont la hauteur égale celle des tours Notre-Dame ct dont le volume d’eau est douze fois
supérieur à celui de la Seine, il faut descendre couvert d’un vêtement :
spécial, peu poétique mais fort commode, dans le lit escarpé du fleuve et. pénétrer, jusqu’en . dessous de la cataracte. Là seulement,
1 fe
AV
tm hrs +
- 88 ‘ AU: CGANADA"ET CNEZ LES PEÂUX-ROUGES
E au. “milicu d’une e pluie de poussière. d'eau et d'ün’ vacarme “infernal, on. peut avoir uné idée complète de Ja réalité.
Le Niagara sert dé frontière entre le Canada et les États-Unis. Les
" deux rives, sont réunies par un magnifique port suspendu dont les tauriklos sont invités à assurer l’entrelien par une petite souscriplion tout involontaire. Mais, chose bizarre, tandis. que Fon ne paic: ‘que 20 cents sur la rive canadienne, il faut en débourser 25 sur la rive américaine. Le gouvernement des É lats-Unis à rachelë dernièrement
. les droits de passage perçus le long. du fleuve, mais. le- gouvernement canadien na pas encore suivi ce bon exemple. -
Après sa chute, le Niagera s'écoule imajestucüisement entre deux parois de rachers à pic sur lesquels se dressent de temps à autre de grandes usines aux affreuses murailles et des annonces-réclames d'un
format gigantesque. Plus bas. au Whirlpool (lourbillon). au point
où le fleuve tourne br usquement. à angle-droit, un petit chemin de fer à ficelle conduit jusqu'au bord des rapides, où le capitaine Webbs a
* perdu la vie à la suite d’un pari imprudent. C'est au même endroit que ‘tout dernièrement un lonnelier, nommé Graham, à par deux fois franchi ce dangereux passage dans un’ tonneau construit par’ lui pour la circonstance.” |
Le Niagar a étant un obstacle insurmontable : à toute navigation, On à. creusé, pour le tourner, le canal Welland, qui met en communication es lacs Érié et Ontario. C’est par là que passent les navires qui vont
s'amarrer aux quais de Chicago pour ‘y charger les grains qu'ils lransportent en Europe sans transbordement. .
De l'embouchure du Niagara nous noûs rendons en bateau à vapeur à Toronto où nous prenons le steamer à deux étages Corinthian, de la Compagnie Richelieu et Ontario, qui doit nous ramencr à Montréal. li rie faut pas moins de quinze heures pour traverser. le. lac Ontario de Toronto à Kingston, el presque autant de temps pour descendre de celte dernière ville à Montréal. Près de Kingston. bâli sur l'emplacement du fort Frontenac. et où se trouve une école militaire, “prend naissance Ie Saint-Laurent. qui forme à partir de cc point üne mullitude d'îles. petites .et grandes, qu'on appelle à juste titre -les
‘Mille les. Pendant près de trois heures le stcamer navigue capricieusement au milieu dé bouquets de verdure ou de rochers arides