‹ Au CaucaseChapitre 5 sur 19 · Danse nationale indigène · texte numérisé non relu

Danse nationale indigène

Schamyl a eu l'idée de se révolter Dans les années passées...

Traï-raï, ra-ta-taï...

Dans les années passées...

Parmi ces officiers, se trouvait aussi ce jeune sous-lieutenant qui nous avait dépassés le matin. Il était fort amusant : ses yeux étincelaient ; sa langue s'embrouillait quelque peu; il accablait chacun d'embrassades et de protestations d'amitié. Pauvre petit! Il ne savait pas encore à quel point il pouvait être ridicule, et que la franchise et la tendresse dont il assommait ses camarades provoqueraient, non point l'affection dont il était avide, mais des railleries. Une savait pas non plus, lorsque, s'étendant sur son manteau et s'accoudant sur le sol, il rejetait en arrière ses épais cheveux noirs, à quel point il était gentil.

Deux officiers, assis sous le fourgon, jouaient au dourak l sur un nécessaire de voyage.

J'écoutai curieusement les conversations des soldats et des officiers, j'examinai d'un œil attentif l'expression de leurs physionomies. Mais je ne pus décidément remarquer chez aucun même l'ombre de l'inquiétude que je ressentais moi-même : leurs lazzi , leurs rires, leurs histoires exprimaient une indifférence, une insouciance absolues des dangers imminents. Ils n'avaient pas môme l'air de se douter que plus d'un parmi eux ne repasserait plus par cette route.

i. Jeu de cartes.

A sept heures du soir, tout poudreux et tout fatigués, nous entrions par la large porte du fort N**\ Le soleil se couchait, jetant d'obliques rayons roses sur les batteries pittoresques et les jardins aux grands arbres qui couronnaient la forteresse, et les champs jaunissants, et les nuages blancs qui s'amoncelaient le long des montagnes neigeuses, comme pour les imiter en formant une chaîne aux contours fantasques. Le jeune croissant de la lune apparaissait à l'horizon

comme un petit nuage transparent. Dans l'aoul1 situé au pied du fort, un Tartare appelait les fidèles à la prière du haut de sa terrasse. Les chanteurs chantaient plus allègrement.

Après avoir changé de toilette et pris un peu de repos, je me rendis chez un aide-decamp de mes amis pour le prier de faire part au général de mes intentions. En m'éloignant du faubourg où je m'étais arrêté , j'eus l'occasion d'observer dans le fort un spectacle assez inattendu pour moi . Un coquet équipage à deux places passa devant moi : on distinguait un élégant chapeau de femme et l'on entendait des lambeaux de conversation en langue française. D'une

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