XIV PRÉFACE
faute de pouvoir les appeler gentilshommes. On ne s'en apercevait pas, et je parierais qu'euxmêmes ne s'en aperçurent jamais. Que sommesnous, pauvres hobereaux de province, n'ayant plus ni pigeonniers ni ailes de pigeon, si on nous compare à ces bourgeois, nobles par reflet, par vocation et par alliance, possédant assez de chevaux pour être chevaliers de plusieurs ordres, modernes privilégiés qui font courir, ont leur place dans les avant-scènes, fraternisent avec les La Rochefoucauld, les La Trémoille et les Rohan, fascinent les ingénues de rOpéra rien qu'avec ces mots cabalistiques : K{ Monsieur est du Jockçy, » et qui, le jour où ils ont gagné -le Derby où le prix de la Yille de Paris, pourraient dire que le roi n'est pas leur cousin, s'il y avait encore des rois?
Je ne veux pas exagérer. Je ne prétends pas que, être reçu membre d'un de ces grands Cercles si bien décrits par M. de La Brière, ce soit s'engager à des vertus d'anachorète ou de républicain. Néanmoins, je me suis parfois figuré — ô puissance de l'imagination ! — que