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Un mot encore.
Il est exigé par un fait tout récent.
Un promeneur faisait, le 44 juillet, des réflexions défavorables, en voyant scintiller, au balcon du Jockey, le cordon de gaz officiel.
— Comment, se disait-il, un cercle, qui ne comprend que des gens comme il faut, décoret-ilsa façade à l'occasion de l'anniversaire révolutionnaire? Ceux qui le composent ferment leur maison le 14 juillet et s'estimeraient peu si leur babitation particulière prenait un air de fête à l'occasion de cette date, chère aux mastroquets. Pourquoi donc le salon qui les réunit exhibe-t-il des faisceaux et des illuminations ?
Ce questionneur eût parlé de même, s'il eût passé devant V Union, qui avait pavoisé ses fenêtres, et devant d'autres Cercles, qui, manifestement peu sympathiques à la Révolution,
avaient cependant obéi aux consignes policières de l'administration municipale.
Ce serait faire injure aux membres de ces associations que de supposer chez eux une tendance nouvelle. Si les Cercles se sont conformés au programme obligatoire du i^ juillet, c'est que le bon plaisir administratif s'exerce toujours à leur égard dans une certaine mesure; c'est qu'ils constituent des établissements autorisés, sujets par conséquent aux vexations de l'autorité, laquelle interprète les lois et les applique.
Les particuliers peuvent se soustraire aux désirs du maître; les groupes ne le peuvent pas. Dans l'état actuel de nos libertés publiques, tout groupement reconnu constitue un privilège, suppose une autorisation ancienne ou nouvelle, un arrêté préfectoral, et dépend, en quelque ftiçon, du caprice administratif.
Une façade sombre, le soir du 14 juillet, appelle les foudres du pouvoir. Ces foudres ne vous préoccupent guère, en tant que libre citoyen : le gouvernement peut vous tracasser, non vous supprimer. Les associations reconnues, au conraire, ont tout à craindre, y compris l'étran-
glement, d'un maître qui ne se pique pas de tolérance : elles ont la vie si fragile! Plaignez-les de ce qu'elles ont à subir ce semblant de fourches caudines, ces règlements de voirie acceptés par force ; mais ne vous méprenez point sur le sens de leur manifestation.
En voyant leurs façades flamboyer à contrecœur, je pensais, pour ma part, aux marquis de 1793, endossant la carmagnole, pour pouvoir circuler et jouir du droit commun, jusqu'au jour où, lassés de ce masque, irrités de quelque exigence plus humiliante encore, ils secouaient la contrainte et affrontaient les risques résultant de leur sincérité.
Modérez vos jugements, pensez que chaque chose a son temps, et chaque heure son devoir.