NICE
■Nous avons cherché, dans ses centres différents, la haute société européenne. Mais il est un éden enchanté qui écréme tous ces salons divers, il est des jardins fleuris, des rivages ensoleillés qui, chaque hiver, appellent, de tous les royaumes, les grands et les heureux. A Nice, au bord du golfe azuré, se tiennent les assises annuelles de l'élégance et de la haute vie. Le cosmopolitisme est le caractère spécial de ce riant rendez-vous où fraternisent, en passant, toutes les aristocraties du monde.
On s'y rencontre, on s'y salue de bonne grâce, comme dans le salon neutre d'un paquebot transatlantique, jouissant de la compagnie telle qu'elle est, sans éplucher trop rigoureusement les parchemins de chacun, mais aussi sans entendre se lier ni s'engager au delà du temps de la traversée.
Toutes ces hirondelles aux plumes d'or qui cherchent à la fois le soleil et le plaisir, où se rencontrent-elles?
Sans doute, il est à Nice et aux environs des demeures largement hospitalières, celle par exemple qu'ouvrent à leurs amis le comte et la comtesse de Ghambrun, temple artistique et charmant qui s'élève au milieu des ileurs, au milieu des grands arbres, attrayant foyer de la charité infatigable, du charme littéraire, du goût musical, de toutes les distinctions intellectuelles, que visitent avec empressement les privilégiés, qui a vu jusqu'à douze Altesses Impériales ou Royales s'asseoir à la fois autour de sa table amie. Mais il s'en faut que ces villas aux fées puissantes deviennent terrain banal et se prêtent sans contrôle à l'invasion des étrangers.
Un salon libre, ouvert à tous, un salon sans maître, où personne ne répond d'autrui, où Ton vit presque intimement avec son voisin sans presque le connaître, devait naturellement se former de ces éléments multiples : il existe^ c'est le Cercle; le Cercle Masséna, le Cercle de la MécUlerranée.
Ce dernier s'est fondé sur l'initiative de M. le vicomte Vigier; il a brillé douze ans, réunissant dans son superbe palais toutes les élégances et toutes les grandeurs, les vraies avec les fausses, honoré par cent visites souveraines, prêtant ses échos aux dansantes harmonies, à la musique argentine des enjeux prodigués, à toutes les gaietés éclatantes et somptueuses.
Puis les crêpes d'un deuil royal sont descendus soudain. Au printemps dernier, une fête plus belle encore que toutes les précédentes
fui donnée à la Méditerranée en l'honneur de S. A. R. le duc d'Albany. Le prince anglais dansa joyeusement : on admirait sa grâce, sa courtoisie, son entrain... Quelques heures après, il était mort. La destinée voulut ce rapprochement que le Cercle menacé, dit-on, par des embarras financiers, n'ait pas survécu au deuil de la colonie anglaise, ait dû fermer ses portes au lendemain de la triste catastrophe.
L'éclipsé aura été temporaire : le Cercle de la Méditerranée travaille présentement à sa reconstitution, jaloux de continuer l'élégance de son passé.
Ce passé offre plusieurs particularités qui ont fait au Cercle de Nice une vie propre, une histoire toute spéciale.
D'abord jamais cercle, pas même en Angleterre, n'occupa si magnifique local; la Méditerranée payait à ceux de ses membres qui partageaient, avec le vicomte Vigier, la propriété de rimmeuble un loyer annuel supérieur à celui que s'est imposé le Jockey-Club de Paris. Les dimensions de ce palais, son installation sans rivale, sa situation sur la Promenade des An-
glais, devant l'éclatant panorama de la mer bleue, son joli théâtre, la disposition spéciale des beaux salons autour d'une vaste galerie centrale qui a dix mètres de hauteur, salle de bal merveilleuse telle qu'il en est peu dans les palais souverains, étonnent et charment tous les arrivants.
Autre note plus caractéristique, plus spéciale : les cercles de Nice admettent régulièrement les dames.
Non seulement elles entrent aux concerts pour les pauvres que rend si exceptionnellement attrayants le beau talent de madame la vicomtesse Vigier ; non seulement on les invite la nuit à plusieurs grandes fêtes vraiment féeriques; mais encore, tous les mercredis, pendant la saison, la Médllerranée donne un bal de jour : on danse depuis cinq heures jusqu'au dîner.
Ce spectacle est un des plus curieux qui se puissent imaginer, à cause de la variété absolument fantaisiste qiû règne entre les toilettes. Les Françaises sont élégantes; les Américaines le sont encore plus; quant aux Anglaises, elles semblent vouloir défier, là comme ailleurs, tous
les continentaux. Elles arborent, pour ces réunions de cinq heures, des sacs inénarrables, ces cotonnades bizarres dont elles ont, grâce à Dieu, conservé le monopole exclusif. Ce mélange des raffinées avec les insulaires fagotées qui n'ont aucune conscience de leur drôlerie est vraiment divertissant.
Le Cercle de la Méditerranée se distingue encore par l'importance tout exceptionnelle de la partie.
On croit que, chaque matin, tout Nice monte en wagon, descend à Monte-Carlo et s'y oublie, jusqu'au dernier train, dans les délices de la roulette. On se trompe. Nice se dédouble; son tapis vert fait concurrence au tapis voisin; son règlement autorise les jeux dits de commerce. Aussi je ne sais trop de quel côté de la frontière monégasque ont lieu, certains soirs, les plus fantastiques différences. Insister là-dessus serait d'une mauvaise langue. Mais encore fallaitil expliquer la source de revenus que le chiffre des cotisations ne justifierait guère. On ne verse en effet que deux cents francs pour la saison, ou cinquante francs par mois.
Les élections sont quotidiennes; les noms des candidats ne sont affichés que deux jours : l'admission est prononcée non par le suffrage universel qui ne trouverait pas, au milieu des fluctuations du personnel, une base très solide, mais par le vote du comité permanent.
Le caractère vraiment particulier du Cercle, €'est sa composition même, ce rapprochement temporaire d'éléments hétérogènes, où tous les pays, et même toutes les classes se confondent sous le vernis uniforme de la dépense et du luxe. Nous retrouvons ici, fusionnés pour une saison, beaucoup de noms que nous avons rencontrés isolément, au lieu de leur origine.
La Russie a envoyé, outre ses grands-ducs, le comte Schouvaloff, le général Orloff, le comte Bloudoff et le comte Rimski-Korsakov bien connu des Parisiens par sa fastueuse hospitaUté.
L'Italie : le duc abdicataire de Parme, comte de Villafranca, aujourd'hui décédé, grand-père du duc actuel, S. A. R. Robert de Bourbon; le comte Borromée, le prince Pignatelli, le comte Orsetti, le prince Borghèse, et l'élégant marquis Rangoni.
La Belgique : le comte d'Aspremont,le comte d'Oultremont, M. Anspach.
L'Autriche : un Liechtenstein et un Traustmandorf, c'est-à-dire ses plus hauts seigneurs.
La Hongrie : les magnats comtes Festeticz, Huni.ady, Bathiany, Esterhazy.
La Grèce : M. Raali, les princes Mavrocordato et Ypsilanti.
L'Angleterre : après ses princes, le duc de Hamilton, lord Howard, lord Dorchester, le comte d'Asburnham et cent autres.
L'Amérique : ses plus millionnaires papas et ses plus charmantes jeunes filles.
La Serbie : le prince Karageorgewich.
La Yalachie : M. Xantho, dont la charmante femme est l'une des plus gracieuses reines de Nice.
L'Espagne : l'aimable et brillant duc de Pomar, MM. Torrez, Moreno, Guttierez.
La Hollande : le feu prince d'Orange, et M. Yan Delft.
L'Allemagne elle-même est représentée par M. le baron de Haber et M. Ralph Schropp.
Mais le contingent français a toujours figuré le plus nombreux.
D'abord , quelques autochtones , quelques Niçois d'origine ou d'élection, perdus au milieu de leurs envahisseurs : le comte de Cessole, un gentilhomme de vieille race encore possesseur, en ville, de sa grande demeure patrimoniale; le comte. Hélion de Barrème, mêlé, par ses alliances, à toutes les anciennes lignées de France et de Savoie, par ses études universelles, à tout ce que savait Pic de la Mirandole; causeur charmant, inépuisable, plein de verve, d'esprit, de grâce, même en latin théologique; et, ce qui vaut mieux, cœur chaud, fidèle et sûr, qu'avait compris, intimement apprécié le grand cœur de Monsieur le comte de Chambord; M. Roissard de Bellet, l'ancien député ; le comte de Sirême, un célibataire très recherché dans sa villa fleurie; le comte de Béthune; M. G. Bauche.
Puis voici le brillant défilé des passants : il scintille et miroite, car, tandis que les vieilles familles, devenues défiantes en présence de concessions peut-être un peu tolérantes, fuyaient l'élégant caravansérail et se réfu-
giaient à Cannes, celle succursale paisible et ensoleillée du faubourg Saint-Germain, les élégants, la fashion, établissaient à Nice, au Cercle de la Méditerranée^ leur quartier général. On y a vu, ensemble ou successivement, le duc de Mouchy, le prince de Sagan, le baron Seillières, le duc de Rivoli, le comte de Nieuvverkerke, le comte de Lagrange, le comte de Villeneuve-Bargemon, le marquis de Belbeuf, le vicomte de Bernis, le comte de Gossé-Brissac, le comte de Faverney, le duc de Richelieu, le vicomte de Valenglart, le comte de Piiységur, le comte de Kersaint, le comte de Vogïié, le baron Arthur de Rothschild, M. Oppenheim, et le marquis de Boishébert.
Celui-ci est assurément Tune des personnalités les plus accusées qui aient traversé Nice et le Cercle dé la Méditerranée. Compagnon du prince de Galles, il a incarné, d'une façon saillanle et caractérisée, le Nice élégant. Nul ne l'ut plus renommé pour l'élégance de son yatch, la correction de ses équipages fleuris aux fêtes du carnaval, sa hardiesse de cavalier, son originalité bienfaisante et prodigue.
ses saillies inattendues, sa verve infatigable. » Les rigoristes qu'a pu alarmer cette vitalité débordante n'oseraient du moins prétendre que, chez ce bouillant gentilhomme, la vie élégante et mouvementée ait brisé les ressorts du cœur et attiédi les générosités de la croyance; car, depuis ces exubérantes époques, nous avons vu, à Paris, l'ancien lion de Nice embrasser la cause des persécutés avec la même ardeur bouillante et spontanée qu'il avait autrefois apportée à ses bruyants plaisirs, et expier gaillardement (( sur la paille humide » ses protestations de gentilhomme contre les expulsions monastiques.
Nous avons évoqué une ombre toute dorée, qui a grande envie de renaître, l'ombre daCercle de la Méditerranée.
Mais Nice ne vit pas seulement de scintillants souvenirs et de scintillantes espérances. Elle a
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ses Cercles bien vivants, où Télémenl local est plus largement représenté. Ceux-ci résistent aux chances de destruction, beaucoup mieux que ne l'a pu faire une réunion hétérogène, cosmopolite, subissant, par sa nature même, les fluctuations de la société changeante et des fortunes mobiles. Ce sont : le Cercle Masséna et le Cercle philharmonique, qui a son siège rue du Pont- Neuf.
Leur genèse établit nettement leur situation.
Aux temps de la domination piémontaise, la société noble de la ville et du comté, la haute bourgeoisie niçarde, ignoraient les agréments et les inconvénients du Cercle proprement dit. Les hommes se réunissaient dans certains cafés priviléofiés.
Do l'autre côté des monts, un pareil usage n'implique nullement les habitudes d'ivrognerie ou de laisser aller. Les Français qui ont servi dansl'armée du Saint-Siège et tenu garnison dans les petites villes d'Italie ont été à même d'observer longuement cette coutume patriarcale, qui réunit paisiblement les habitants, après le
dîner, c'est-à-dire un peu avant le coucher du soleil. Ils se rencontrent dans un café; à défaut de café convenable, chez l'apothicaire ou même chez le barbier. On y cause, en fumant, des événements du jour; on consomme surtout de l'eau claire. Le syndic municipal s'y confond bénévolement avec ses administrés; et personne ne se scandalise de voir quelque bon vieux chanoine se mêler, après l'office, à ces sobres réunions.
A Nice, toute proportion gardée, il en était ainsi. On s'assemblait tranquillement ru Café de la Poste, à l'entrée de la rue du Gouvernement, aujourd'hui rue de la Préfecture; plus tard au Café Gordolon ou Café Royal. Quand un Niçard prenait sa canne et son chapeau pour aller « chez Gordolon », celte locution équivalaità celle d'aujourd'hui a je vais au Cercle ». Tous les Niçard s affluaient, de cinq à sept heures, aux portes de cet établissement, près des terrasses. Sur cent personnes assises et conversant, quatrevingt-dix ne demandaient, en fait de consommations, qu'un verre d'eau, absolument gratuit. Au jour de l'an, les habitués octroyaient fastueusement au garçon deux moiUleSj- soit seize sous de
notre monnaie. Les prodigues allaient inconsidérément jusqu'à cinq moiUleSy deux francs.
0 simplicité des temps anciens, qu'êtes-vous devenue?
C'est en 1826 qu'on se lassa de Gordolon et qu'un Cercle fut fondé.
Le Sénat noble du comté avait alors pour premier président S. E. le comte de Cessole : son fils fut l'initiateur de la Société philharmonique y qu'on appelait populairement lou Cerclé dei Nobli.
D'après les statuts primitifs, il fallait, pour en faire partie, appartenir « à la religion chrétienne ». Cette disposition avait pour objet d'exclure spécialement les Israélites. On ne recevait que des nobles. Étaient membres de droit l'Excellentissime seigneur gouverneur et l'Illus- Irissime seigneur évêque. Ce dernier personnage paraissait au Cercle une fois par an.
Un demi-siècle a passé sur cette institution, qui a lentement modifié ses statuts, selon les besoins du temps, qui apris, en 1837, le nom de Cercle philharmonique, mais qui a conservé son esprit local, intime et distingué.
C'est, en somme, le vrai Cercle niçard^ une réunion fermée où chacun sait quel est son voisin, où se groupent presque exclusivement les vieilles familles du pays et où les passants exotiques ne trouvent pas facile accueil.
Ses principaux membres sont le comte et le chevalier Garin de Coconato, le vicomte d'Auzac, M. de Robillard et le chevalier Milon de Yerraillon.
En 4860, le comté de Nice fut annexé à la France : les besoins du luxe s'accrurent avec les progrès de l'invasion cosmopolite. Les jeunes membres du Cercle philharmonique voulurent le moderniser, en ouvrir les portes aux (lots dorés de la colonie étrangère. Les anciens résistèrent, et, sans prétendre s'isoler, refusèrent d'abdiquer le caractère spécial, réservé, patricien de leur réunion. Les jeunes s'avisèrent que
le vieux Cercle n'était plus assez confortable, assez élégant, et, sans commettre l'inconvenance d'abandonner leurs anciens, maintenant leur noms sur les listes du Philharmonique , ils fondèrent, en dépit de protestations très sages, un second cercle, plus conforme au goûl du jour.
Les principaux émigrants furent le comte de Gessole, le général comte de Falicon, le baron Vigier et le comte de Barrème, père du comle actuel.
Telle fut l'origiae du Cercle Masséna qui apporta une vraie révolution dans les calmes habitudes de la société niçarde.
S. A. R. le duc de Parme, comte de Villafranca, en a été, jusqu'à sa mort, le président d'honneur.
Les présidents effectifs ont été successivement le comte de Falicon, le comte de Cessole, le baron de Nervo, le comte de Barrème. Leur successeur actuel est le comte de Béthune.
Ce fut, plus tard, uii schisme analogue qui donna naissance, en 487.2, au Cercle de la Méditerranée, le Cercle Masséna paraissait à
son tour vieilli, rococo, trop exclusif, à la nouvelle génération.
Triste retour, Monsieur, des choses d'ici-bas!
Mais réclipse de la Méditerranée a supprimé cette concurrence et restitué au Cercle Masséna sa première splendeur.
Elle s'est même beaucoup accrue, ces derniers temps. La période d'association prévue par les premières statuts, — vingt-quatre ans, — expirant cette année, la constitution a été prorogée pour une période nouvelle de même durée: de plus, le Cercle vient de quitter son local assez modeste de l'avenue de la Gare, pour occuper le premier étage du palais magnifique, élevé parla ville de Nice au bord du Paillon, et dont le rezde-chaussée est occupé par le Casino municipal.
On danse une fois par semaine dans ces salons somptueux, où les sociétaires peuvent amener de plein droit leurs femmes et leurs enfants non mariés.
On y joue; car, dit le règlement, les jeux de commerce sont tolérés! On y a joué surtout. Au-
jourd'hiii les parieurs se ralentissent, les plus grosses bourses ont subi, depuis quelques années, en France particulièrement, des assauts que la gestion financière et politique de notre gouvernement actuel paraît devoir multiplier, et qui ont diminué notablement la fortune privée en même temps que la fortune publique.
Du moins, le tapis vert du Masséna offre-t-il une sécurité relative : quand on gagne on est payé. Cette particularité mérite d'être mentionnée; car on a vu, dans un autre cercle du lieu, un seigneur ottoman perdre quatre cent cinquante mille francs en jetons, offrir d'acquitter en espèces le dixième de sa dette, et filer prestement pendant cet apurement fantaisiste de ses comptes.
Le nombre des membres est illimité : ils paient cent cinquante francs pour la saison, ou soixante francs par mois : les officiers audessous du grade de commandant sont taxés à moitié prix.
La composition n'est pas identiquement celle que nous avons trouvée à la Méditerranée. Sans doute, beaucoup de noms étrangers et français
se répètent dans les deux Cercles; mais ici, beaucoup plus de vrais Niçards : des notaires, des banquiers, des avocats, des propriétaires de la ville, universellement estimés, comme M. Bouteau, M. Arbo, M. Masse, M. Bernard-Attanoux. Moins de titres aux sonorités étrangères el aux origines incerlaines. Moins d'aristocratie vraie et moins d'aristocratie fausse : une moyenne bourgeoise et locale avec quelques éléments plus relevés du dedans et du dehors.
Au sein du comité, le général Daudel, le duc de Rivoli, le comte d'Auzac, venu d'Agen, qui habite, avec sa charmante femme, la villa Massingy, le comte Joseph de Gessole, fils du fondateur et d'une Gastellane, très actif et très intelligent directeur des fêtes niçardes : sa ville lui doit beaucoup.
Parmi les passants, M. Louis Galla, le vaillant député royaliste de Passy, qu'un devoir filial a souvent appelé à Nice; M. de la Devansaye, le célèbre amateur qui a importé dans ses serres d'Anjou la végétation merveilleuse de la Corniche; M. Labeyrie, un distingué trésorier général qui a beaucoup encore à travailler pour
descendre au niveau de ses collègues nouvelles couches.
D'ailleurs, sauf le préfet, membre de droit, le Cercle compte peu de républicains très déclarés.
Aussi beaucoup de membres ont-ils regretté la disposition nouvellement insérée dans le règlement et qui tranche, d'autorité, une question chaleureusement discutée, touchant à la politique. Il est établi statutairement que dorénavant on pavoisera et illuminera sans discussion le local du Cercle pour la fête du 14' juillet.
Quand l'administration républicaine impose ironiquement cette mesure à un Cercle composé de gens comme il faut, elle abuse de sa toutepuissance et fait preuve de mauvais goût. Qu'on subisse par force ses exigences, soit; on ne peut faire autrement. Mais on devient son complice quand on se fixe à soi-même, par loi écrite, une obligation, dont il faudrait laisser chaque année la responsabilité ridicule à ses vrais auteurs, c'est-à-dire aux tyranneaux de la République.