‹ Au cœur de l'Afrique, 1868-1871Chapitre 109 sur 251 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

de tout animal qui n'est pas tué suivant leurs préceptes religieux. Môme en campagne, ils ne mangent de gibier que lorsqu'ils n'ont pas autre chose.

Madoqua.

Il y a ici deux petites antilopes très-communes, et que Ton voit errer çà et là par couple : l'antilope madoqua, l'hégolch des in—

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Dilou.

digènes, qui paraît se rencontrer sur toute la ligne, depuis l'Abyssinic jusqu'à la Gambie; et le dilou, antilope grimmia, connue également dans l'Afrique australe. Toutes les deux sont de jolies créatures, aux yeux brillants, à la course légère, et qui

ont à peine un mètre de longueur. Elles ressemblent beaucoup à une petite chevrette ou au faon d'un cerf.

L'hégoleh est d'un basané clair, moins roux que celui du leucotis, et a la gorge grisâtre. Le dilou, blanchâtre sur les flancs, a le dos fauve, les chevilles noires et le front lavé de jaune. Sa tête est fort expressive; une raie -noire, qui part du mufle, s'étend jusqu'en haut du front et se termine par une touffe de poils raides et bruns. Cette houppe, d'environ cinq à six centimètres de longueur, donne à la femelle, qui n'a pas de cornes, quelque chose d'étrange. Chez le mâle, ces poils sont cachés par l'armure, qui est de petite dimension.

Les deux espèces ont des larmiers; le madoqua en a même quatre : une paire à la base des oreilles, larmiers triangulaires, d'un demi-pouce carré; les autres, formés par un pli de la peau, situé au coin interne de l'œil, pli profond, d'un pouce de longueur, d'où s'échappe une matière incolore et visqueuse. Audessus des glandes qui sécrètent cette matière, vers la base de l'os nasal, se projette de chaque côté un épais coussin de trois pouces de long, qui paraît avoir une texture glandulaire. Ainsi qu'il arrive chez le cervicapra, lorsque l'animal est excité d'une manière quelconque, il ouvre ses larmiers, qui se distendent comme les naseaux d'un cheval pendant le hennissement.

Le dilou n'a qu'une paire de ces poches glanduleuses, dont l'ouverture linéaire et transversale est placée au-dessous de l'œil.

Jamais on ne rencontre l'une ou l'autre de ces antilopes dans les basses terres soumises à l'inondation; elles préfèrent les endroits où le sol est rocheux et garni d? broussailles. On les trouve souvent au milieu du fourré; elles y surprennent le chasseur en débuchant tout à coup par un bond inattendu, à la manière de l'om-digdigou ben Israël d'Abyssinie [antilope heiaprichiana). La chair de ces deux antilopes est très-inférieure à celle des grandes espèces; le dilou rôti a une âcreté particulière et un fumet qui rappelle l'odeur peu agréable de ses larmrers.

Vers le mois d'août, on préluda à la moisson par l'arrachage du menu sorgho, dont la semaillc avait été faite dans la dernière quinzaine d'avril. Quant aux lourds épis qui fournissent la majeure partie de rapprovisionnement, leur récolte ne devait avoir lieu qu'au mois de décembre, lorsque les pluies seraient terminées. Dans le Sennaar et dans le Taka, le sorgho ne de-

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