‹ Au cœur de l'Afrique, 1868-1871Chapitre 113 sur 251 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

jaune, parfois d'un rougé-brun violacé, ajoute encore à la ressemblance. L'helmia se rencontre fréquemment à l'état sauvage; mais alors ses bulbilles sont fort petits et d'une âcreté qui, d'après les indigènes, est celle d'un poison dangereux. Nous parlerons plus tard d'une autre dioscorée, dont le tubercule est d'une

forme étrange.

Au moment où la moisson du sorgho allait commencer, les courges mûrirent; elles furent reçues comme un bienfait par les naturels, qui souffraient de la disette, dont chaque année ils subissent les atteintes à pareille époque. Ce qu'il en fut dévoré est incroyable; j'ai vu des bandes entières de porteurs ne pas manger autre chose. Il y a ici deux variétés de potiron [cucurbita

Nyitti.

maxima), la jaune et la blanche, qui réussissent admirablement et qui arrivent à un volume prodigieux; puis une espèce de melon à écorce ligneuse, cultivé par les Dinkas et par les Diours, qui le font cuire lorsqu'il est à moitié mûr, et qui est alors un fort bon légume.

Ce melon est ordinairement cylindrique et d'une longueur de Ircnte centimètres; comme plante, il se range parmi les formes nombreuses du cucumis chaté, concombre à cuire des Égyptiens, qui l'appellent adyour et abdelahoui. La singularité qu'il affecte semble révéler une origine africaine. On mange ici les feuilles de courge, après les avoir fait bouillir, comme nous faisons pour les choux

Les gourdes ne se voient nulle part à l'état sauvage; mais il y

on a près de loulcs les Imites, où elles ne reçoivent qu'une demi-culture.

De très-bons vases sont également fournis par les espèces comestibles.

En fait de plantes potagères, les Bongos se bornent à cultiver le bamia, ou ouëbkades Arabes [hibiscus esculentus), et le sabdarifl'a. Le calice de celui-ci, dont la teinte varie, de la couleur de chair, d'une nuance pâle, au pourpre foncé, est très-grand; il s'emploie en cuisine comme succédané du vinaigre. Le bamia de

Hibiscus sabdarifla.

cette région est une variété plus forte de l'hibiscus d'Orient. Ses fruits, récoltés avant d'être mûrs, se mangent bouillis.

Aucune des tribus païennes de la contrée clés nègres ne connaît l'oignon, qui paraît avoir sa limite, vers le sud, dans le Kordofan et le Darfour. Le climat de la zone équatoriale ne semble pas convenir à ce précieux légume. En dépit de tous leurs efforts, les Nubiens n'ont pas réussi à l'introduire dans la région des zèribas. La tomate, que l'on peut regarder comme une plante cosmopolite, se trouvant chez elle dans tous les pays chauds, n'existait pas ici avant mon arrivée.

De même que dans la vallée du Nil, Vhibiscus eannabinus est très-généralement cultivé dans cette province, comme plante textile. J'ai observé en outre (pie les Bongos faisaient d'cxcellen-

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