‹ Au cœur de l'Afrique, 1868-1871Chapitre 118 sur 251 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

gnant le geste à la parole, qu'à la naissance d'un enfant les mères bongos appuyaient sur le crâne dans le sens de la hauteur, tandis que les femmes dinkas déprimaient latéralement la

Bongos.

tête du nouveau-né. Bien qu'il soit peu croyable que cette manœuvre des mères ait une influence permanente sur la conformation des crânes de tout un peuple, elle n'en mérite pas moins é d'être mentionnée, comme preuve significative de la

haute valeur qu'attachent les indigènes à ce caractère particulier

de leur race. Il est notoire que, sur presque tous les points du globe, les mères cherchent, par des moyens externes, à rendre le plus marqués possibles, chez leurs entants, les signes de leur nationalité, ignorant que, s'ils doivent apparaître, ces traits originels le feront sans assistance. Pour produire une altération réelle dans la forme du crâne, telle qu'on l'observe chez les Indiens de l'Amérique et chez les Mongols, il faut nécessairement l'emploi d'une pression continue, et que les bandages qui corn-

Femme bongo.

priment la tête, dès la première enfance, soient gardés plus ou

moins longtemps.

La chevelure des Bongos n'offre rien de particulier soit en elle-même, soit par le traitement qu'on lui fait subir. Elle est courte et frisée, et de cette nature laineuse que, d éfaut de meilleure raison, les théoriciens de l'indépendance des races nègres a l'égard des autres peuples, et de la connection que ces mêmes races ont entre elles, invoquent avec acharnement. Los différences que présente la chevelure, quant au développement et à la qualité, correspondent aux nombreuses gradations qui s'observent dans la couleur de la peau et dans la forme du crâne. Les cheveux épais et crépus sont communs dans toutes

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