CHAPITRE VIL
Un coin de fer massif, pourvu d'un manche raboteux, fixé dans sa partie la plus épaisse, constitue la hache des Bongos; on voit cet instrument dans toute l'Afrique centrale.
En surplus de ces produits grossiers, les Bongos fabriquent des armes, des outils, des ornements d'une qualité remarquable; enfin, à l'instigation des gouverneurs de zèribas, ils forgent des chaînes et des menottes pour les esclaves.
Très-élégant, on pourrait presque dire artistique, est le travail
Lances des Bongos.
de leurs fers de lance et de leurs pointes de flèche. Quand on a vu la simplicité des moyens dont ils disposent, on ne s'explique pas comment le tranchant de leurs armes et la finesse des dents subulées qu'ils leur adjoignent, ont pu être obtenus. Ils ont trois sortes de lances : le mèhi, lance ordinaire, commune à tous les peuples qui l'ont usage de cette arme, et que nous n'avons pas représenté; le gâlo, fer à barbelure, ayant en surcroît des deux pointes qui en terminent l'expansion deux longues alênes, ac-
compagnant la portion du fer dans laquelle la hampe est insérée ; enfin le makrigga, à lame beaucoup moins longue, mais ayant une grande tige hérissée de dents aiguës, disposées symétriquement et dirigées soit en haut, soit en bas. Ce n'est souvent qu'un objet de parade, auquel l'ouvrier apporte tous ses soins et consacre tout ce qu'il a de savoir et d'habileté. Le nom de cette arme est celui d'un arbuste épineux très-commun dans le district: le makrigga ou randia dumetorum. Gela semblerait annoncer que le modèle de cette lance a été pris dans la nature ; et ce serait une nouvelle preuve que les arts ne sont qu'une imitation de ce que l'artiste observe autour de lui.
Pince et couteau des femmes bongos.
Un soin égal est donné à la fabrication des ornements de. cuivre et de fer qui forment la parure des deux sexes, et à la coutellerie dont les femmes font usage. La gravure ci-jointe représente la pince avec laquelle ces dernières s'arrachent les sourcils et les cils, pince que l'on nomme pinoh; et le tibah, couteau oval, à deux manches et à double tranchant. Cet instrument, particulier aux femmes bongos, est souvent d'un travail délicat; il est manié avec infiniment d'adresse par les ménagères, qui en font un usage continuel, surtout pour peler les tubercules, et pour débiter les courges et les concombres.
En fait d'objets de toilette, on fabrique pour ces dames des anneaux, des clochettes, des boutons, des agrafes dont elles se