CHAPITRE IX
surtout celles des Loubas et des Abakas, n'étaient pas complètement soumises.
Si par leurs habitudes les Mittous ont une grande ressemblance avec les Bongos, sous le rapport physique ils leur sont très-inférieurs. Leur teinte est plus sombre, leur corps moins robuste, leur énergie beaucoup moins grande.
Pendant mon expédition au pays des Niams-Niams, j'ai vu côte à côte des bandes nombreuses des deux peuples, et il m'a été facile de comparer les deux races. Or, tandis que les Bongos rivalisaient entre eux de force de résistance, ne vivant que de racines et de fruits sauvages sans changer d'aspect d'une manière appréciable , les Mittous devenaient de véritables squelettes el bientôt ne pouvaient plus faire aucun service. Il en était de même dans leur propre ^^^jj^r" pays; j ai vu rarement, chez eux, des gjjg;
hommes dont la charpente et la vigueur pussent être comparées à celles des Bongos. La plupart de ceux qui nous accompagnaient étaient affligés du ver de Guinée : triste prérogative que leur race avait là d'héberger pareil ennemi dans sa chair; car ce fiiarien n'est pas banal et ne fait élection de domicile que chez les variétés de l'espèce humaine qui lui offrent les conditions dont il s'arrange.
Je n'ai jamais pu m'expliquer cette faiblesse des Mittous. Agriculteurs industrieux, ils ont dans leurs champs des céréales, des tubercules, des légumineuses, des plantes oléifères d'espèces variées; leur sol est extrêmement fécond et ne leur demande que peu de travail en échange d'un rendement excessif. Il offre, dans toute son étendue, la fertilité qui, dans les districts voisins, ne se rencontre que par intervalles. Principalement sur une largeur de trente milles (de 5° à 5° 30' de latitude N.) au bord du Roàh et de l'Ouohko, c'est un grenier d'abondance où puisent largement les zèribas de la région stérile. Le territoire de Mbomo, qui est limitrophe de celui de Nganyé, district niam-niam, se (ait remarquer par l'étendue de ses champs de maïs.
Les Mittous n'élèvent pas de gros bétail, ce qui les faitdésigner par les Dinkas sous le nom méprisant de Diours, synonyme de sauvages; mais comme animaux domestiques, ils ont des chè-
Tablier des Madis.