CHAPITRE IX
séré dans la lèvre inférieure. Il a tant de vogue que les dandys l'empruntent volontiers à l'autre sexe.
De même que celles des Bongos, les femmes des Mittous emploient un bouquet de feuilles ou d'herbe en guise de jupe. Les hommes portent également le costume des Bongos : un petit morceau de cuir suspendu à la ceinture et dont ils se couvrent les reins. A ce vêtement, les Madis joignent une espèce de tablier
Jeune fille louba.
composé d'une frange, comme le rahad du Soudan ou lïsinêné des Cafres : tablier des plus étroits, presque un martinet dont les lanières se terminent par des anneaux ou de petits objets de métal. Quelques-uns préfèrent à cette frange une lame de cuir en forme de triangle et entourée de brimborions et d'anneaux de fer. Quelquefois la ceinture est large et toute brodée de cauris; il en existe de pareilles chez les Niams-Niams. Pour employer ces coquilles, on les perce dans la partie convexe et on les coud de manière
qu'elles présentent les deux bords de leur ouverture. Les Mac! is étaient la première tribu chez laquelle je voyais l<i- cauris être à la mode. Il y a longtemps que ces porcelaines ont perdu tou!e valeur chez les autres peuplades de la province du Ghazal.
Ainsi que les Bongos du Nord, les Mitions Tout peu de cas de leurs cheveux, qu'ils portent coupés de très-près : ce qui n'empêche pas les hommes de tenir a être coilîés élégam-
Ngama, chef mittou.
ment. Le portrait de Goggo nous représente une de leurs perruques artistement faites, et celui de Ngama nous offre un bonnet qui rappelle la toque d'un mandarin ou le chapeau d'un cochjpv russe. De môme que chez les Niams-Niams, le couvre-chef est ici à l'usage des hommes. Ceux-ci aiment à se mettre derrière la tête une plaque de fer garnie d'une quantité de pointes auxquelles s'attachent des rangs de perles et des touffes de poil. Il y a encore chez les Madis un autre bonnet très-joliment orné de grains de verre de couleur et qui s'ajuste comme une calotte.
AU CŒUR DE L'AFRiQUE