CHAPITRE XI
Territoire d'Abd-es-Sâmate. — Jungle au bord des ruisseaux. — Découverte du poivre sauvage. — Réserve des femmes niames-niames.— Mis de nouveau en danger par une balle. — Empoisonnement par le manioc. — Bon traitement des porteurs. — Ndouppo. — Ses mauvais rapports avec Ouando. — Ce que les indigènes admirent chez l'Européen. — Bénéfices que donnerait le commerce de pelleteries. — Menaces d'Ouando. — Sur le pied de guerre. Ltshidigènes. — Difficulté du passage des rivières. — Dilïérence de niveau du soTT^TDÏvision des forces. — Variétés de genettes. — Le trompette de Sâmate. — Costume du matin des Niams-Niams. — Cascade du Lindoukoû. — Racines magiques. — Ligne de faîte du bassin du Nil. — Formation géologique. — Le chimpanzé et le pandanus, trouvés seulement de l'autre côté de la ligne de partage. — Tohu-bohu. — Entrevue dangereuse. — Valeur de l'ivoire et du cuivre. — Description d'une forêt en galerie. — Dualisme végétal. — Visite d'Ouando. — Échantillon de cuisine indigène. — Meurtre de six Nubiens. — L'Homme aux herbes et le Mangeur
de feuilles.
L'un des chefs indigènes s'étant mis en hostilités ouvertes avec Abd-es-Sàmate, celui-ci avait usé de violence et lui avait enlevé son territoire. Ce chef était mort, et le Kénousien l'avait remplacé par Souroûr, un homme de sang royal qu'il avait fait élever. Sâmate avait dans ses établissements un nombre considérable de jeunes Niams-Niams auxquels il faisait apprendre le maniement du fusil, et qui, traités avec égard, devenaient les plus fermes soutiens de son pouvoir. C'était ainsi qu'avec l'aide d'une garnison de quarante ou cinquante Nubiens, Souroûr exerçait, pour le compte de Sâmate, une sorte de régence sur une aire populeuse de sept cents milles carrés.
D'après l'estime de Souroûr et celle du Kénousien, le territoire pouvait fournir quarante mille hommes capables de porter les armes; mais je crois que la moitié de ce chiffre serait plus près de la vérité. Si je compare l'impression que m'a laissée la contrée avec le résultat des études sérieuses que j'ai faites chez les Bongos, je ne peux pas croire que la population entière du pays des Niams-Niams, où de grandes étendues sont complète-