‹ Au cœur de l'Afrique, 1868-1871Chapitre 211 sur 251 · Pluriel (Xaskar mot arabe qui veut dire soldat · texte numérisé non relu

Pluriel (Xaskar mot arabe qui veut dire soldat

terrain pour débander la caravane; el dans la confusion qui résultait des difficultés de la route, on aurait vainement essayé de se défendre.

Il nous fallut près de quatre heures pour arriver chez Rikkété. A moitié chemin, après avoir déjà franchi trois ruisseaux, nous en trouvâmes un quatrième, qui, de môme que les autres, se dirigeait au sud-est et qui passait à côté des derniers villages de Ndouppo. Nous nous arrêtâmes sur ses bords pour déjeuner. Aussitôt les porteurs de fouiller les champs pour en enlever les patates que l'on cultive dans ce district, où pour la première fois nous trouvions également des plantations de manioc d'une certaine étendue. Par suite des ordres qui leur avaient été donnés de respecter la volaille, mes gens s'abstinrent de prendre les poules qui erraient çà et là autour des cases désertes ; et pour nous le repas se composa de bananes cuites sous la cendre, bananes qui n'étaient pas encore mûres. Ce fut une scène joyeuse de la noble vie des camps africains, où les champs saccagés, le mobilier des fugitifs mis au pillage : paniers, vaisselle, mortiers» urnes à serrer le grain, tabourets, nattes, outils dispersés à tous les vents, formaient pour le voyageur un tableau d'une désolation complète, qu'il lui fallait regarder avec une résignation apparente.

Au delà du cours d'eau, notre sentier, qui jusqu'alors avait serpenté dans la direction de l'ouest, courut droit au midi. Les fluctuations que présentait le niveau du sol me firent penser que nous approchions de la ligne de faîte que je cherchais avec tant d'ardeur. Jusque chez Ndouppo, le terrain s'était incliné au couchant; il descendait maintenant vers l'est; de telle sorte que les eaux qui venaient du district précédent, pour se jeter dans l'Youbbo, coulaient ici à l'opposé du courant qu'elles allaient rejoindre. Le Lincloukoû, rivière relativement importante, recevait, à peu de distance, tous les autres ruisseaux et formait le dernier collecteur appartenant au bassin du Nil que nous eussions à franchir

Ce fut en gravissant des collines abruptes, en suivant des gorges étroites et argileuses, des ravins creusés par les torrents que nous arrivâmes chez Rikkété. Contrairement à nos craintes, nous fûmes accueillis au son du tambour et des trompes, et un envoyé du chef vint nous souhaiter la bienvenue.

Nous nous établîmes sur un terrain qui était encore en jachère; les quelques ondées qu'il y avait eu précédemment, sini-

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