‹ Au cœur de l'Afrique, 1868-1871Chapitre 64 sur 251 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Départ pour l'intérieur. — Drapeaux des gens de Khartoum. — Voyage confortable. — L'éléphant d'Afrique. — Adieux à Chol et à Kourdyouk. — Puits du Lao. — Plaines sableuses. — Village de Tekh. — Accident fatal.

— Procès-verbal de décès. — Halte au village de Koudy. — Les Dinkas. — Caractères de la race. — Teinture des cheveux. — Nudité. — Age du fer.

— Armes des Dinkas. — Propreté domestique. — Cuisine. — Réception de quelques dames. — Serpents. — Goût prononcé pour le tabac. — Construction des huttes. — Chèvres, moutons et chiens. — Bêtes bovines.

— Vénération qu'elles inspirent. — Dégénérescence de la race. — Vers intestinaux. — Pénurie du lait. — Mourahs. — Facultés des Dinkas.

— Leur conduite avec leurs ennemis. — Exemple d'amour paternel.

District des Al-Ouadjs. — Arrivée à la zèriba.

Le deuxième bateau de Ghattas n'apparut au Mechra que dixhuit jours après notre arrivée; il amenait le complément de notre escorte, et apportait les provisions d'une année pour la zèriba. L'agent qui se trouvait à bord avait mission de me procurer tous les porteurs dont je pourrais avoir besoin, porteurs qu'il devait aller chercher à l'établissement de Ghattas. Pour se rendre à la zèriba et pour en revenir, onze jours lui étaient nécessaires; — pas moyen d'aller plus vite. Il fut de retour à la fin de cette période, et mit à ma disposition soixante-dix hommes de ceux qu'il avait ramenés. J'eus ainsi tout le temps voulu, et même plus, pour me mettre en mesure de quitter le Mechra avant le début de la saison pluvieuse.

Le 25 mars, tous mes préparatifs étaient achevés; nous pouvions dire adieu à l'air humide des marais et au fléau des moustiques.

Plusieurs bandes s'étaient jointes à celle de Ghattas; d'où notre caravane comptait près de cinq cents hommes, parmi lesquels étaient deux cents soldats. Avec une pareille force, nous aurions pu franchir l'État le plus important de l'Afrique centrale, sans être inquiétés. Toutefois nous avions à faire une route de six jours dans une province notoirement hostile, et notre escorte n'était pas tout à fait superflue. Marchant en file in-

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