CHAPITRE VI
écorcc rugueuse, fendue régulièrement de façon à présenter des polygones, ajoute à sa ressemblance avec le chêne.
L'anogeissus à petites feuilles, très-commun dans le pays, a beaucoup de l'aspect du hêtre.
Vodina et le kigelia représentent des noyers.
Si répandus que soient les arbres qui rappellent nos chênes, ceux qui ressemblent au marronnier d'Inde ne le sont pas moins. Dans le nombre figurent des vitex; entre autres le cienkowskiy dont le fruit, en forme d'olive et à saveur douce, est recueilli assidûment par les indigènes et par le cochon à verrues, qui l'aiment avec passion. Un autre fruit très-recherché est celui du diospyros mespiliformis.
On peut dire que, sous le rapport de l'écorce et du feuillage, le platane est représenté ici par le sterculia tomentosa, arbre splcndide qui est assez largement répandu dans toute l'Afrique tropicale.
A la place des saules, cette région nous présente Yanaphrcnium; et le voyageur croit y voir sans cesse le gracieux caroubier.
Le parkia, l'un des arbres imposants qu'il y rencontre, a presque la même feuille que le poinciana (poincillade ou flamboyant). Ses. fleurs à longues étamines, et d'un rouge de feu, sont réunies en une touffe pendante; à ces fleurs succède un paquet d'énormes gousses, longues d'un pied, où les graines sont revêtues d'une poudre jaune. De même que les Peulhs du Foutah Djalon de l'Afrique occidentale, les Bongos mêlent à leur farine cette poudre amylacée et paraissent goûter ce mélange; mais il faut un palais africain pour en supporter l'odieuse saveur.
Toutefois abondent les types végétaux auxquels nous ne sommes pas habitués, et qui n'ont aucun rapport avec ceux de nos climats. Ce n'est pas seulement par leur vie exubérante ou parleur noblesse qu'ils attirent le regard, mais par la nouveauté de leurs formes et par la grâce dont ils sont pourvus. Nulle production européenne ne représente Yanona senegalensis, aux larges feuilles d'un vert bleu, au petit fruit agrégé, dont la pulpe, aromatique et d'un rouge sombre, a quelque chose de cette qualité séduisante qui a valu au chérimolia sa réputation de roi des fruits. Mais il est difficile de se procurer un bon échantillon du fruit de cet aiione, car les oiseaux en épient si avidement la maturité qu'on le cherche souvent en vain pendant plusieurs mois.
Beaucoup plus étrange est le superbe euphorbe candélabre, nui s'est modelé sur le patron du cactus d'Amérique. "us miniers ne se rencontrent pas assez fréquemment pour jouer un rôle important dans la scêncric, ou pour men le, une mention spéciale On remarque néanmoins, près des rmères Taupes de borassus; et le dattier sauvage {pkœmX sptnosa) croît dans les marais des steppes.
H Y a ensuite de nombreuses sortes de figmers a feu, les coriaces auxquels se mêlent des rubiacées et des combretacee a ™ feuil es, espèces caractéristiques de la végétation afncaine ; puis les tamariniers aux couronnes cylindriques, et les gardénias, arbrisseaux nains et contournes. g Les aca'cias du Nil-Blanc ont ici leur frontière —o-le; et ce n'est qu'isolément et de loin en loin que se montre lebalan te, dernier souvenir des steppes de Nubie. Le tamarimer Im-même esTdevenu rare et ne tarde pas à disparaître. Chez les Nnuns- Niams ie n'en ai pas vu un seul.
Dans ses traits généraux, la flore de ce district para, oftr.r u ^ grande conformité avec ce que l'on a découvert sur le plateau de l'Afrique occidentale, plateau dont les terrasses inférieures forment une bande étroite le long du rivage, et se dis inguent par un luxe de végétation qui approche de celui de a na u rc brésilienne. Contrastant avec cette opulence les parties levée de l'Afrique tropicale, fourrées de buissons et d'arbres à ^basse Uge entremêlés de steppes, constituent peut-être, comme uni ru fle la province la plus vaste de la géographie botanique. Du Senega auxbouchesuu Zambèse, et de l'Abyssinieau Bengue la, on ^ assurer que l'Afrique se présente sou, un double aspect, gouttes caractères bien tranchés ne se fondent en aucur .heu. ^ part le fendes taillis et des steppes; de l'autre, des forêts vier g s dans le 'sens américain. A l'ouest, le fait est prouve j ,. différence qu'il y a entre la végétation des plateaux et celle des eriTde la côte; clans l'intérieur, par le contraste que forme. les bords des rivières avec les plaines qu, les séparent Chez^ tes Bongos et chez les Diours, cette dualité n'existe pas «W«J qu'à titre d'exception, en raison du petit nombre de cou s d eau mais dans le pays des Niams-Niams elle est des plus frap
'"si peu étendues qu'aient été les recherches des botanistes qui ont abordécetteimmense région, ellesn'en **"****»%£ d'estimer le nombre relatif des espèces. 11 est certam que si 1 on