Cavaliers paubres erguillos
Que no pot far condugz ni dos, Etc..
Le moine de Montaudon craint-il de ne pas se faire comprendre ? Après ce qui l'ennuie, il énumèrece qui lui plaît :
Fort me plaît amusement et gaîté (i)
Festin et cadeau et prouesse,
Et dame aimable et courtoise
Et pour répondre bien apprise;
Et me plaît la bonté chez l'homme puissant,
Et envers son ennemi la rigueur
Et bien me plaît là-bas (2), en été,
Quand je me repose au bord d'une fontaine ou d'unruis-
Et que les prés sont verts et que la fleur revit, [seau.
Et que les oiselets chantent piou,
Et que mon amie vient en cachetle
Et que je lui fais un baiser en hâte.
Ainsi, parfois, le brillant troubadour ne serait plus qu'un moine mendiant, à qui la route est pénible. Peut-être ses récriminations sont-elles exagérées et Pierre de Vie neconnut-ilpasun sort aussi dépenaillé? Pourtant, ses doléances pitoyables n'autorisent guère à présenter le poète comme « taquinant^ la muse anacréontiquey) avec des rêveries poétiques des facultés imaginatii>es, le /oyeux drille... dont il est permis d'affirmer quil ne fut pas un fanfaron de çices comme porterait à le faire croire le ton licencieux de certaines de ses productions (3) !
En vérité, les compositions d'amour du moine de Montaudon sont des moins éclatantes :
Ses chansons manquent de naturel et conviction. II
1. Molt mi plalz deportz e gaieza, Condugz e donars e proeza...
Etc..