CRE
AE
me
+ "or
Dre een,
or, om 0
nn ic 2e oO
gr
ne et TE
nu
sante +
bâtons et d'épines, ils se rangent en deux haies, (cent d'un côté et cent de l'autre) et ensuite faisant passer leurs victimes nues, entre les deux, ils les frappent de coups impitoyables. Le Père Jogues va le dernier. Ilest battu si rudement, qu'il s'affaisse, dars un état voisin de la mort. Quoiqu'il en soit, il se ranime. Alors de nouveaux tourments succèdent. On lui brûle un doigt, on lui en écrase un autre avec les dents, on tord ceux déjà mutilés, ou bien, on lui brûle les bras et les jambes, sans oublier d'égratigner les plaies vives.
Ce furent d'ailleurs quant aux autres, à peu près les mêmes supplices.
Il y avait parmi les Hurons captifs, un chef chrétien, nommé Eustache. Pour celui-là, ils furent de la dernière barbarie. Ils commencèrent par lui couper les deux pouces, et chose inouïie, ils lui fouissèrent par les ouvertures, jusqu'au coude, un bois aiguisé. N'est-ce pas épouvantabie ?...
Enfin, on poursuit le voyage par eau, et deux jours après, ayant pris terre, on se met à marcher, chargé de fardeaux, à tra rs la forêt.
Songez un peu, ma fille, à ce défilé de martyrs, chancelants sous les charges, les souffrances, et n'ayant pour toute nourriture que quelques fruits incultes ramassés en route.
Après quatre jours environ, ils arrivent ainsi, auprès des bourgades iroquoises. La jeunesse du pays était venue à leur rencontre, et la batterie recommence, les prisonniers passant toujours entre les deux rangs des bourreaux, en la façon que je vous ai décrite plus haut. Ici, le Père Jogues reçut un coup si violent sur les reins, du pommeau d'une épée ou d'une boule de fer grosse comme le poing, qu'il en perdit haleine, en son pauvre corps ébranlé. Du reste, tous étaient couverts de sang; le donné Goupil surtout, au point que rien de blanc que ses yeux, n'apparaissait dans son visage.
C'est dans cet appareil lamentable et effrayant, que la troupe sanglante arriva ou plus justement se traîna, jusqu'à une bourgade; au milieu de laquelle on avait dressé un échataud, où bientôt, elle fut donnée en spectacle, à la nation entière.
Le Père Jogues eut le pouce coupé, par une vieille huronne, à qui on l'avait commandé, et qui dut s'y
” Hislgnatet il à, Dis den, 0 à SE tant DR. re ha »
" a sde.
— s « en.
ee
mm
re
À r < « + a | son Den
pures pa
Fe
248 AU CŒ'"R D L'HISTOIRE
résoudre malgré eic !: . -ille ayant jeté le pouce sur l'échafaud, le F re !: ra nasse et l'offre en sacrifice à Dieu. L'un 5 |'.::.çais s'étant aperçu de ce que faisait le Père, j'ivisa ou: <i sauvages le voyaient, ils lui fer: «re 1, : «M doigt tout cru. Aussitôt, le Père rejette au : . Pauvre pouce
déchiré. Pour l'un Les Français, le jeune Goupil je pense, on se servit d'une coquille d'huître, pour lui scier le pouce, afin d'augmenter la douleur.
Arrêtez-vous, ma fille, à cette dernière phrase que je viens de tracer; relisez-là, puis, cherchez le mot qui qualifie pareille vilenie; moi, je ne le saurais trouver.
Le soir venu, tous furent conduits dans les cabanes, où l'on donna du blé-d'Inde bouilli. Puis, onles attacha couchés, les bras et les jambes écartés à quatre pieux fichés en terre. Alors, les enfants pour imiter la cruauté de leurs pères, leur jetaient des charbons ardents et des cendres chaudes sur l'estomac, que les pauvres tourmentés avaient peine à secouer, à cause de leurs liens.
Ce que ci-dessus dura trois jours, après quoi, on les promena de bourgades en bourgades, continuant toujours de les martyriser.
Cependant, Guillaume Couture malgré les coups reçus et les déchirures, n'avait perdu aucun de ses doigts. Un sauvage l'ayant remarqué, voulut lui couper l'index; mais n'y parvenant pas, il le tord et l'arrache; faisant sortir un nerf de la longueur de la paume. O douleur indicible !
Vous frémissez, ma fille ! Et comment ne frémir point, au récit de tant d'horreurs ?
Dans un troisième village, le bon Jogues fut suspendu par les poignets, à une espèce de croix; de manière à ce que ses pieds ne touchassent pas la terre, ce qui lui donnait une géhenne à le faire tomber en pamoison. Un sauvage étranger qui se trouvait là, inspiré de pitié, coupa les liens, ce dont il fut bien récompensé, comme vous le verrez par la suite, ma fille.
A ce degré de barbares vexations que je ne saurais toutes inclure en des mots, les pauvres prisonniers avaient les mains si tant mutilées, qu'il leur fallait, à tous donner à manger, comme à des
tits an ne On puce — 23e
| 4 enfants qu'on empête. Et si vous me demandez d comment, après tant d'infamies subies et de torol tures endurées, ils n'étaient Pas tous trépassés, je + vous répondrai que je n'y entend rien, sauf que c'est ! grande merveille permise par Dieu...
Ft
| Quoiqu'il en soit, vers ce temps, Guillaume Couture fut adopté Par une bourgade, en remplacement de l'un de leurs morts, comme ils sont coutumiers 1 de le faire; et le Père Jogues avec son compagnon ) Goupil, furent retenus captifs publics, dans un À |j autre village, Etat lamentable, ma chère fille, que Il celui de ces deux derniers. Car, n'appartenant à ; | Personne et sans défense au milieu des Iroquois, ils vivaient des jours incertains, accablés de douleurs, d'opprobres et de menaces.
RE
Cependant, l'année Suivant son ccurs, avait atteint l'automne, colorant d'or, de violet et de pourpre, les arbres innombrables de la forêt luxuriante, en ses derniers beaux jours... On en était rendu, (retenez cette date, ma fille,) au vingt-neuvième de septembre 1642. Cette journée-là, le Père
Fe, ASE, salt HN tr
Jogues et Goupil revenaient d'un bocage sis en dehors de la bourgade, où ils étaient allés prier, dans leurs périls extrêmes. Soudain, des sauvages les abordent, la hache à la main, intimant l'ordre au Père de passer à l'avant, et au même moment, Goubpil a la tête cassée d'un coup de hache, suivi de bien d'autres.
Le corps, après avoir été traîné par les sentiers de la bourgade, est jeté en un lieu éloigné, où le jésuite, avec force recherches, et averti par des enfants, l'aperçoit dans un ruisseau. Voulant empêcher que les bêtes ne le dévorassent, il le couvre de pierres, résolu de revenir à un moment propice, lui donner la sépulture chrétienne. YŸ étant retourné au lendemain, il trouva que les pluies avaient changé le ruisselet en torrent. Quant au saint corps, il était disparu. Ce ne fut qu'au printemps suivant, sur des indications nouvelles de petits enfants, que le missionnaire retrouva dans l'eau, et ramassa, (avec quelle piété vous pouvez vous l'imaginer, ma chère Arthénice,) quelques-uns des ossements précieux, qu'il cacha au creux d'un arbre; dans l'intention de les emporter plus tard
je do Lt) at. Dee
% LR 2.
EP: s<
Lei res
PE
enr
LEE ur Diet
ET en nel s mn, ec Ds