SUB LA VIR D'EMILE SODVESTRE. M
forent pas plus heureuses. Alors, se voyant repoassé, proscrit après avoir reçu en quelque sorte son droit da eité, il tomba dans un profond découragement. L'esprit de l'époque contribuait encore à Vabatlre. C'était le moioeiil oà ces types de désenchantement et d'orgueil, les Oberman, les René et les héros de Byron exerçaient leur fascinante et pernicieuse royauté dans le monde intellectuel, n y avait dans l'air un soufDe suhtil qui se glissait dans le$ ftmes, les enflait d'ambitieuse$ et fagues a^irations, les ridait incapables de s'apfdiquer à rien de réel, et les poussait, en proie au désespoir, tws l'abîme du Qéant. Il n'est personne peut-être qui ^'ait senti parfois s'infiltrer e(L soi cette maligne influença de noise siècle. Emile Souvestre n'y échappa point; UA dégoût universel s'était emparé de sou coeur ; bien qu'il eOt r^oncé à la littérature, toute autre profession lui paraissait inacceptable ; il se sçnt«it déplacé dans le monde, impropre k U vie. JUais &t M. Souvestre devait subir cette crise do l'àme, il n'y devait pas auccontber. Ce ne fut pas le bonheur qui l'eu tira : peuHtre n'y eùt-il pas réussi- ia Providence lui envoya un malheur véél, ud grand malheur qui arracha son cœur i. ses préoccupa'ùons trop personnelles, et en même temps un grand devoir qui stimula sa conscience, le ressort le plus puissant qui fût en lui. Il apprit un jour, au milieu même de son abattement, que son frère alQë, ç^ui étût capitaine nv lODg cours, venait de périr en mer avec toiit ce qu'il possédait, laissant sa femme et son enfanl sans ressources. Sous ce coup terrible, il se réleva. f.es Qbres viriles qui faisaient le fond de sa nature tressaillirent et se r^niriiÊrent; l'orgueil ne tint pas devant l'honneyr, et il pri( .uissitOt son parti : il pria s.es amis de lui trouver n'imliyilç où, à paris, en province, au bvwl di( BiÇttde, m