‹ Au coin du feuChapitre 7 sur 26 · W .AV COI» DU PEB · texte numérisé non relu

W .AV COI» DU PEB

— Qu'il n'y avait rien i faire, que tout irait bien.

— Ahl abl Toyez-Tons gat reprit Tricot âéconceitéj au fait, T0U3 êtes biti à cbaux et k sable, coasin; c'est quelque &oid gue tous aves attrapé; mais le crenx est toujours bon.

— Oui, oui, dit Duret, qui tenait i persuader les atfc très du peu de gravité de son mal, afin de s'en persuader lui-même; il n'y a que les forces qui manquent, mais ça reviendra.

—Et nous vottB apportons de quoi pour (a, inter- , rompit Perrine Tricot, en tirant de son panier nne oie toute plumée et trois bouteilles pleines. Voiel une bète qu'on a engraissée raprès pour vous, cousin... avec un échantillon de notre piquetsn de l'année ; faut y goûter, ça vous refera l'estomac.

Duret jeta un r^ard sur les bouteilles et sur l'oi». Séduit par Vidée d'un régal qui ne lui coûtait rien, il appela Hosb, lui montra les provisions, et déclara qu'il veillait souper avec le fermier et Perrine. La Jenne fille, accoutnmée à une soumission passive, et forte d'ailleurs de la liberté entière laissée par M. Foumier, obéit à son parrain sans faire d'objections.

Bientôt le parfum de l'oie r6tia.remplit la chambre du malade, dont l'estomac, appauvri par de longues privations, Sd sentit excité par ces succulents efSuves. Il se ranima à l'espoir du festin sans frais, fit dresser la table près de son lit, et trouva dans l'arriéré de ses appétits si longlfimps inassouvis, un reste de soif et de faim pour cette bonne chère inattendue. Tricot remplit son verre qu'il vida d'une main tremblante pour le faite remplir

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de nouveau. Le vin st la noniriture, loin d'accroître son mal, ^a premier iostant, semblèreat exalter ses forces brisées : il se redressa plus ferme ; une deml-lTresse Ût briller ses yeux; il se mît k parler tout baut de ses projets, i eerrer les mains du cousin et de ta cousine, en répétant que c'étaient ses vrais parents et en leur donnant des conseils sut ce qu'ils devraient faire de son pauvre héritage. Tricot et sa femme pleuraient d'attendrissement. Ea&n, lorsqu'ils laissèrent le vieil huissieï pour quelques courses indispeusables dans la viille, d fdt avec promesse de venir prendre congé de lui avant de repartit.

Foumler arriva au moment où ils sortaient. Il vit le malade lés suivre d'uniïgsrd narquois jusqu'au delà du seuil, achever côn verre, puis fair clamer sa langue avec un rire moqueur.

•~Eb bien, voisin, il puait qne nous^ommes mieuxl dit le médecia-itoBné.,

— Mieux.«, bégaya J)uretàmoitiéivre;-oui, oui, bien mienXj gi&oe i leur dîner... ^! aJil abl ils font la conv i ma succession avec des oies... et du vin nouveau I... J'accepte tout, moi... Faut toujours accepter, c'est plus poli.

— Ainsi^vous croyes que leur génirosilé est un ealoull demanda Foumier en souriant.

~ Un placement, voisin, nn placement à mille poui an... Ils croient que je suis leur dupe, parce que je bois le vin et que je mange l'oie... élevée pour moi, comin» dit la femme Abl ahl ahl nous verrona qui rira 1« ilemier.

U AU oora su FEtr.

— Auriez-Tous donc le projet de tromper leur espé* lance t *

— Poun{uoi pasT... le peu que j'ai m'appartient, Ja suppose... je peux en disposer comme il me plaira; et ddos le cas où je voudrais favoriaer uae jeaoe fille..,,

— Mademoiselle Rose I interrompit vivement le jeune homme; ahl si vous fait«s cela, père Doret, voua aures pour vous tous les bomiâtes gens.

Le vieil huissier haussa les épaules.

— Bathl les honnêtes gens, balbutia-t-ll, que m'importe 1 Ce qui m'amuse, c'est de tromper le gros... et sa femme. ^ ^

A cette idée, Duret éclata de rire; mais ce rire coqvulsif alla s'éteindtô dans une suffocation subite qui le fit retomber éa arrieie.T'ournîer s'empressa de lai donner tous les soins que réclamait un pareil accident, n ' revint i lui, lecommença à parler, et retomba bientôt dans un nouveau spasme plus Inquiétant que le premier. La surexcitation à laquelle il venait de s'exposer avait usé chez lui Ves derniers ressorts de la vie, et, par suite, h&té la crise suprême. Le jeune médecin vît aves effroi que ces suffocations de plus en plus rapprochées, se transfoimaient en agonie. Duret, dégrisé par le mystérieux pressentiment de la mort, cemmengait à s'effrayer.

— Ahl monsieur Foumier, je suis mal.,, bien na\, dit-il d'une voix entrecoupée... Est-ce qu'il y a du danger!... avertissez-moi, s'il y a du danger... Avant de mourir... j'ai un secret & dire...

— Dites-le toujours, répliqua le jeune homme.

— Cest donc vrai t reprit Durct égaré... Il n'y a pins d'espoir... plna aocnn... Mon Dieu t il fantTenoncer i tout ce qoej'ai amusé... avec tant de peine... tout laisser aux autres... tout... tout I

L'avare se tordait les mains avec ane rage désespérée. Fonmier s'efforça de le calmer en lui parlant de Rose, alors sortie, mais qui allait rentrer.

— Oui, je veux la voir, murmura Duret (se rattachaut, comme tons les agonisants, k oeux qui leur survivent, afin de se reprendre par leur moyen à la vie); pauvre fillel... Ils voudront la dépouiller; mais J'ai fait sa part... elle n'a qu'à cbercher...

n s'arrêta.

— Où celaT demanda Foumier, penché sur le lit. — Ahl il y a... encore... del'espoir.., soupira Duret...

Dites... ce n'est... qu'une faiblesse...

— Où votre filleule doit-elle cherclLerT répéta le jeune bomme, qui voyait les yeux du mo'riboud se vitrer.

— Ouvres... la fenêtre... bégaya l'huissier; Je veux voir... le jour... — Allez au jardin... là-bas... derrière le puits... le chapiteau...

Lavoix. s'éteignit... Le Jeune médecin vit les lèvres remuer encore quelque temps, comme si elles eussent, essayé des paroles qu'on ne pouvait plus entendre; un A^missement convulsif agita la face, puis toui resta immobile. Maître Duret avait rendu le dernier soupir. ., Rose rentra peu après. Sa douleur; en apprenant la mort de sou parrain, fut silencieuse, mais , sincère. C'était le seul homme qui eût pris garde à son ezisleoce; et, ne connaissant encore la pitié humaine que par ce

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