‹ Au coin du feuChapitre 9 sur 26 · SI AV OOIN DU FED · texte numérisé non relu

SI AV OOIN DU FED

tamest, nul doute que M. LebluK et les Tric«t ne l'eussent supprimé; maiscomment prouver cette suppression? D'un autre cûté, le testament pouvait avoir échappé jusqu'alois aux recherches des intéressés; car leS"pa* rôles du mourant permettaient de croire quIlTavait caché. 11 s'était vanté d'avoir /ait tapart de-Roie, itavait recommandé de chercher... Hais là s'étaient arrêtées ses r^élations ; la mort ue lui avait point permis d'en dire davant^.

Le jeune homme, échauffé par une sorte de fièvre, se perdait en sappositions. Le soir était venu, et, le front appuyé sur la vitre, comme au commencemnit de ce récit) il avait vu les cousins du mort et leur conseiller sortir avec les papiers et les objets les plus précieux. H promenaitles yeux, auhasard, sur latnasoreahandonnéej la COUT déserte et le jardin en friche, lorsqu'ils s'arrêtèrent tout à coup, sur un puits en ruine placé à l'extrémité de ce denûer et adossé à un mur qu'ornaient encore les débris d'une corniche. Cette vue lui rappela subitement les derniers mots prononcés par le pète Duret ; Au jar(Un... derrière U puits... te chapiteau... Ce fut pour lui comme un trait de lumière ! Là devait être le seéret du mort I

Animé d'une de ces confiances subites qui ressemblent i l'inspiration, il descendit vivement, traversa la cour, ouvrit, après quelques efforts, la porte du jardin, et arnva près du pults^

La margelle i demi écroulée laissait voir, de loin en loin, de larges crevasses remplies de plâtra» brisésj qu'il examina d'abord et s'efforça ds sonder; mais il p» put

on snnBT os itenEciN. ' 53

rien découvrii. L'arrière du poita, sons le fragment d« chapiteau qui avait autrefois foutena la toroidie, était précisément le seul endroit qui ne présent&t aucun vide; la pierre de taille, sdidenient calée, avait gardé toot sonapromb. Après avoir tourné deux Ou trois fois au- ~ tour de l'orifice, s'être pencbé pour examiner le dedans t et le dehors, Fouroier eut bonté de sa crédulité. Comment avait-il pu s'arrêter à cette idée romanesque de dép6t caché dans nn vieux mur, et prendre pour une indication les derniers mots balbutiés par uu mourant T n haussa les épaules, jeta vers le puits un deniitir r^rd de désappointement, et reprit le chemin du pavillon.

Cependant, malgré tout, sou esprit conservait un doute involontaire. Près de quitter le jardin, il se retourna, et aperçut de nouveau le puits, le mur, le cha* piteaul

— Cest pourtant bien le lieu désigné par le père Duret, sedit-il;niaisprèBdnmuril n'y a rien; la pierre de la margelle est à sa place.

Ici il s'arrêta brusquement.

— Au fait, pensa-t-îl, pourquoi est-elle la seule qui ■oit restée solidement scellée T

Cette simple réflexion lui fit rebrousser chemin. Il examina de nouveau avec plus d'attention la pierre taillée, s'aperçut qu'elle avait été récemment consolidée par de moindres cailloux, et que l'on avait rempli de terre les interstices. 11 s'efforça de l'ébranler en arrachant ces légers points d'appui; réussit à lui faire perdre - «on ajAombf; et enfin- à- la déplacer^ Un vide apparut

tt* AD COIS on FED.

tton dam )» ma^iinerie> et il en retira, avec de grnnda offortSj un coffret wiclé de fer. '

Après l'avoir dégagé, oomme il le retirait à lui, le oofitet glissa à terre et fit enteadie irn tiatement qai en réyélait «nffisamment le contenu. Fonrnier, saisi d'une sorte db vertige, remplit de terre et de cbUIoux U crevasse qui avait servi de cafitiette, replaça le mieux pos< sible la pieira de la margelle, et, réunissant toutes ses forces, transporta oliex lui la précieuse eassette.

Arrivé à sa cbamlire, il la déposa & ter» et essaya de l'ouvrir; mais elle étaittannée d'une urrure solide dont il n'avait point la clef. Après plusieurs tentatives inutiles, il s'assit, les regards fixés sur le coffret, et se mit & réfléchir.

Que devait-il faire da oe trésor tombé entre ses mains par hasardt L'idée de se l'approprier ne traversa même point sa pensée ; mais à qui devai^il le remettreî La loi lui désignait les Tricot, la justice naturelle et son inclination lui indiquaient Rose 1 Evidemment ce devait fttre là cette part laite pour elle par son parrain, ainsi qu'il l'avait déclaré lui-même au moment de mourir. Sa d£rnière volonté, clairement exprimée, avait éte de soustraire son héritage à l'avidité du cou^, afin d'en doter celle qui lui avait tenu lieii de fille. Le temps seul lui avait manqué pour donner à ce désir une forme authen- . tique; peut-être même l'avait-il donnée : car savait-on ce qui s'était passé dans cette prise de possession prématurée du cousjnl Le testament du père Duret avait pu être découvert et détruit par maître Leblanc. Une telle violation de droitSf très-probable, sinon constatée, ne

m secBBT ng médkcik. Hb

jusUSail-eUe pas toutes les râpiéaaiUesl PaiBqa'oaavkii violé la justice pour dépouiller Rose, Rose ne pouvaitelle pas combattre avec les méiues armes 1 Les héritiers avaient voulu si4>6tituer au partage loyal une sortâ de pillage où chacun ferait main basse sur ce qu'il pourrait saisir ; on avait droit d'accepter l'exemple donné par euxmêmes, Qt de se conduire comme ils s'étaient conduits !

Quelque eenvaiDcantea que ces raisons parussent ao Jeune médecin, il résolut d'att«ndre jusqu'au lendemain avant de se décider. Quoi qu'il pM se dire, en effet, quelque chose murmurait en lui . Il sentait confusément qu'il substituait sa propre justice à celle de la sociéti et qu'il sortait do domaine de la loi par cette dai^ereuse porte de la sensatioii et de la préférence 1 Malgré lui, son bon^sens loi criait qne chaque homma n'avait point droit d'arranger le devoir Belon me convenanoei, de compenser les fautes des autres par ses propres tautes, et de faire, des grandes règles imposées & tons, une sorte d'ordonnance provisoire dont il pouvait k volonté eSàcer ou modifier les articles.

La nuit se passa ainsi dans des alternatives de décision et de scrupule qui l'empCchèrent de dormir.

Le jour venu, Foumier continuait & délibérer avec lui-même, lorsqu'on frappa timidement à sa porte; il alla ouvrir, et se trouva en face de la jeuue flile.

Celle-ci s'excusa, tremblante et les yeux baissés, de te déranger de si bonne hetire; Foumier la fit entrer, et l'invita à s'asseoir. 4

— Eicuaez-moi, monsieur, dit-elle en restant debout

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près de la porte ; je venais aeolement poar prendra

congé.

— Vous partexT Interrompit Foumier.

— Pour Paris, où l'on promet de me faire entrer en service.

— VonsT

— n le fant bien. Ainsi, da moins, je ne serai ft la eharçfi de personne, et, à force de ïèle,' j'espère ponvoir contenter mes maîtres ! Seulement,' je n'ai point vonfai partir sans remercier monsieur le docteur et sans lui faire une prière.

— Quelle prière T

— Les héritiers de mon parrain vous ont refusé ce qui TOUS était dû ! C'est un grand chagrin pour moi qui yous ai demandé tout ce que vous avez fait pour le malade...; et si jamais je puis m'acquitter comme je le dois...

— Ah 1 ne parlez point de cela, interrompit vivement Foumier.

— Non, dit Rose, car ma bonne volonté est maiQt&nant impuissante; mais..., avant de partir..., je voudrais... j'espère que monsieur le docteur ne me refusera pas le seul souvenir que je puisse lui laisser.

En balbutiant ces mots avec un attendrissement mêlé le honte, la pauvre fille avait tiré de la poche de son ta- Mier un paquet précieusement enveloppé depapier;elle le déroula d'une main tremblante, et présenta au médecin un de ces petits couverts d'argent dont on fait présent aux nouveaux-nés le j our de leur baptême.

— Je las tiens de ma marraine, ditrelle doucement; je vous en prie à mains jointes, monsieur, quelque pen

en SECRET DE HËSEGIN. S7

que ce soit, ne me refuses pas... Cest tout ce que J'ai jamais eu à mM depuis que je suis née

Q y avait dans la fois, dans le geste, dans le présent lui-même, une naïveté si touehanle, que le jeune homme sentit ses yeux se mouiller. Il saisit les deux mains de Rose entre lès siennes :

— Et que diriez-TOus, s'écria-tr-il, si je yous faisais tout à coup plus riche que vous ne l'avez jamais rêvé?

— Moi! répliqua la jeune fille en le regardant stupéfaite.

— Si j'avais ici pour vous un trésorl

— Un trésori

Il l'entraîna rapidement dans sa chambre, lui montra le coffiret encore posé à terre, et raconta tout ce qui s'était passé.

Rose, qui d'abord avait eu peine à comprendre, ne put supporter une pareille joiej elle tomba à genoux, eu fondant en larmes.

Foumier s'efforça en valu de la calmer ; la transition avait été trop brusque; la jeune fille était dans le délire; elle contemplait la cassette, et riait et pleurait à la fois. Mais, regardant tout à. coup le jeune homme, elle joignit les mains, et s'écria, avec un élan dans lequel son cceur ■emblait avoir passé tout entier :

— Ah 1 vous serez donc enfin aussi heureux que voua lûkdéritezl

— Moit dit Foumier«n,reculant.

— Vous, vous ! répéta Rose exaltée." Ah! croyei-vons qoe Je n'aie point remarqué tout ce qui vous manquait

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iciT... que Je n'aie point deviaé Tosinquiétudest... Ha pauvreté me pesait moins que la fiitce, car moi je l'avaiB ~ acceptée; mus vous, il faut que tous ajez votre place. Prenei tout, monsieur; tout est À vous^ tout est pour

vous!

Et la pauvre GUe, baignée de larmes d'amoui et de joie, s'efforçait de soulever le coffret pour te remettre aux mains du médecin.

Celui-ci) d'abord itomiË, puis attendri; voulut l'atr';ter.

— Ab! vous ne pouvcï reftiaeE, continua-t-elle plus vivement. N'est-ce pas à vous que je dois cette fortune? Je veux que tout le monde le sacbej et, avant taus les autres, ceux qui ont refusé de vous rendre justice 1

Fournier s'écria que c'était inutile; mais Rosenel'écouta point. Elle venait de voir arriver les nouveaux héritiers, et courut pour les appeler.

Le médecin, effrayé, l'arrèla par le bras.

— Voulez-vous donc perdre ce qu'un heureux hasaid vous a livréî s'écria-t-il.

— Perdre ! répéta la jeune fille sans compiùndre.

— N'avez-vous point deviné que ses gens pourraient l'ùclamer la restitution du coffret î

— Comment!

— Vous n'avez aucun titre à sa possession, lïose tressaillit, et regarda Fournier en face.

— Alors il ne m'appartient pas 1 dit-elle brusquement

— Tout atteste que votre parrain vous le destinai! ; RiHiiement la loi veut d'autres preuves.

UN SBCRET DS HÉDKGIN. S9

— La )qi1 ajouta la jeune fille; mais tout le riionde doit lui obéir I

— A moins qo'on ne puisse lui opposer la décision de sa propre conscience...^

— Nou, non, reprit vivement Rose, la conscience peut nous empêcher de profiter de tous nos droits, mais jamais diminuer de nos devoirs ;,elle doit ajouter des scrupules, et non violer des défenses. Ali 1 j'avïis mal compris; ce dépôt n'es£ point & moi^^ et tout ce bonheur n'était qu'un rêve.

En parlant ainsi, elle était devenue trës-pàle ; mais sa voix ni sea regards ne ttahissaient aucune hésitation. Ce cœur simple n'avait point bala^^ an instant, et la douleur de tant d'espérance perdue n'avait pu fausser sa droiture ; seulement, le coup était trop violent après tani d'émotions; la jeune &lle chancela et s'assit.

Quant à Foumier, une sorte de réaction venait de s'opérer en lui; l'admiration avait succédé à l'attendrissement. Tous les paradoies toventés depuis la veille par Bon esprit tombèrent devant cette droiture naïve, et son &me, gagnée, pour ainsi dire, par la contagion de la loyauté, était subitement revenue à ses nobles instincts.

Sans répondre un seul mot i la j eune fille il alla oherdker les h^itiers, fit appeler un notaire, et déposa entre ses mains l'opulente cassette. . '

Une petite clef, que les Tricot avaient trouvée attachée au cou.du mort, l'ouvrit sur-le-champ, et laissa voir de vieille aigenteiie mêlée i ptusieuis kailUtts de pièces d'ori

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