‹ Au coin du feu, histoire et fantaisie [microforme]Chapitre 16 sur 33 · IS · texte numérisé non relu

IS

Jean Nicolet était n6 à Cherbourg, en ‘ Normandie, du mariage de Thomas Nicolet, messager ordinaire de Charlebourg à Paris, et de Marguerite de la Mer. Sous les auspices de Champlain, à ce qu'il paraîtrait, flarriva dans la colonie en 1618. Etant jeune, d’un caractère heureux, doué d'un sens religieux profond et. d’une excellente mémoire, il donnait dès lors les plus belles espérances.

On l'envoya immédiatement hiverner ‘chez les Algonquins de l'Isle (l'ile des Au: mettes, plus loin que la ville d'Ottawa) pour y apprenüre leur langue qui était d'un usage général dans l'Ouest et sur la rive gauche du Saint-Laurent, |

Il resta deux années consécutives chez ces peuples, les suivant dans leurs courses, partageant leurs fatigues et leurs dangers avec courage, sans voir aucun Français durant tout ce temps. Il eut occasion de passer plusieurs fo:s sept ou huit jours sans

rion:Mmartiger, et'une fois:il: futsspt semaäinés entières sans autre nourfiture qu'un à pe d’étorce de bois.

Devenu familier avec la langue (vers 1622), il fut chargé, à la tête de quatre cents Algonquins, d’allér négocier la paix avec tes Iroquois, ét il s’en tira heureusement, Il demeura ensuite huit ou neuf années au milieu des Nipissiriniens (gens du lac Nipissing) qui étaient aussi de race digon:

quine. ‘‘:Là il passait pour un dé cetté màtion, entrant dans les conseils fort fréquents à ces peuples, ayant sa cabane et son mé.

mage à part, faisant sa pêrhe et sa traite, ” En un mot, il devitit presque aussi sauvage que ses compagnons, diseut les mémoirés du temps.

Un fait qui n'est pas assez admis, c’est l'étendue des rapports que les tribus sauvagés avaieut entre élles pour l'échange des produits particuliers à leurs différents pays. Des bords de l'Atlantique au ‘centre du continent, il existait de la sorte dés'commuaications/uuiviés, Du Mexique à la Cblombie:britannique un änitre ‘courant'd’af.

faires ‘existait. De ces deux mouvettiénts,

on:connait celui qui allait du golfe Saint.

Laurent au golfe du Mexique, en remon:tant notre fleuve, traversant les grands lacs et descendant le Mississipi. Jacques Cartier mentionne les peuples lointains qui trafquaient avec ceux du St-Laurent. Les co- * quillages, notamment, dont se paraient nos Indiens, venaient du golfe du Mexique.

“Vers 1626, le Frère Sagard, en mission dans

le voisinage de la baie Georgienne, mentionne que les Nipissiriniens allaient chaque année.en traite chez une nation éloignée de cinq ou.six semaines de marche du Nipissing, Cette nation passait pour avoir. commerce avec un autre peuple encore plus éloigné, qui venait par mer sur de grands ‘éanots de bois; on ajoutait certains détails de costumes et de mœurs qui sout particuliers à la racs türtare.

.Ce’'*- mer, pensait-on, devait être le Pacifige .» où l’on espérait pouvoir se rendre à 11 Chine. Le Frère Sagard forma mème le projet de ce voyage, mais les circonstances l'empêchèrent de l’exécuter,

À cette.époque, Nicolet, quihabitait avec les : Nipissiriniens, devait aussi avoir con-

LA

naissance des rapports des Sauvages sir ‘le ‘inême sujet; s'il ne l’a pas écrit comthié à fait le Frère Sagard, il l'a suffisanrhént prouvé par son voyage dans lé sud:ouést'eh

L'apprentissage de Nicolet ‘était chüée accomplie, lorsque, en 1629, les Anglais s'emparèbrent de Québec,'et.ne lui taissèrent, ‘comme aux autres interprètes, que lalternative de se livrer à eux, ou de s'’enfoncer ans les forôts en compagnie des Sauvages, ses amis.

C'est peut étre durant l'époque'critique dé 1629 à 1638 que nos voyageurs jetèrent les plus forts-germes d'amitié parmiles tribus algonquines et ‘huronnes. Séparés toutà coup-de leur base d'opération, on les aurait crus-enlevés à jamais au monde civilisé, sinon à la vie même. Cependant il n'en fut rien. El arriva plutôt le contraire de eë & quoi l'on aurait pus’attendre. Jusqüe-H, trafic des pellsteries pour des articles dé

‘éclairée, cinq: ou six pauvres: hommes du

Æabrication euronéanue avait servi au commoncement d'alliance qui: nous. permettait de remonter l'Oitawa et de visiter la baie Georgienne, mais il s'en fallait de bsanconp que nous fussionsà l'aise snr ces territoires. Cela, du reste, se passait an moment où les colons anglais, débarqués en mème temps que nous sur les plages de l'Atlantique, n'avaient pas encore 036 se risquer à dix arpents de leñrs cambus:s. Nous avions

.‘ déjâfrinchi dés contrinss d: listres de pays : ‘etaitiré la traite, en larges proportions, * dans la vallée du Saint Laurent, Las’ inter.

prèles, les voyigeurs, ” selon le mot consacré, se rofusaient à quitter leur conquète

‘où à y introduire les Anglais. Ils ne crai- , gnaient pas de retourner au fond des bois reprendre-la: vie d'aventure et s'appliquer ‘ plus que jamais à agrandir l'influence du ‘ nom françiis vers l’ouest. Sans pouvoir

compter avec certitude sur le retour du drapeau blanc à Québec, ils se mirent ën travers des projets que: les marchands an.

glais auraient pu concevoir de se répandre de ce côté. Ainsi, pour compenser efficace.

ment des fautes d'une administration mal

Le

)Mmtait paie oup ires.

les mps es dix ions

pays \

ions, uterconruôte rai.

‘bois quer du ivoir r du t en

s anandre cace-

mal >s du

péuple, prenant l'enn2mi par derrière, noustpréparaient avec arJour une ravanchs écla— tante en rapprochant tout-à-fait de nos in térêts, les nations Épirsss qu un acvidént* ordinaire, où simplemat un abanlon de

quelques aunées, pouvaient Lies tournee :

contre nous.

Soit que Nicolet fût de retour à nn.

on 152) et qu'il en repartit aussitôt, ox qu il n'eùt pis cucore et oùcasion dy ro tourner, où sait qu'il vécut avèc les paille.

de l'Ousst de 1613 à 1623 et tant que duræ

l'occu p wion du Gradi pat les Auglais, de”

Vers 1634, « on le nat au ai de is CO>+ lonie, où Champlain venait de reprendre læ direction des affaires: Les renseignements:

dont il fit partà ce dernier; touéhant -lscontrées! dé l’onsst'et du sud-ouest, ne pot vaient madquer dé fixer l'attention’ du: foàdateur de Québac, qui dans ses découvertesr n'avait pu s'avancer assez loin lui-môme=-

pour reconnaitre les lacs Michigan et Erié, mais qui cependanten avait entendu: parler, Champlain, le premier et le. plus enbreprenant de ceux qui tentèrent après Jacques Cartier la découverte da l'intérieur dé lg, Nopyelle- France, crut dayoir tirer parti deg, connaissances géographiques acquises par:

Nicolet, et de l'affection que lui témoignaient les Sauvages.

Jlparaîtrais que.Champlain. n’a connu. le.

lag, Exié que par de très-vagues renseigne.

: ments: Toutefois, il n’ignorait pas, dès 1603, l'existence de la chute du Niagara, puisque la Franchiss, qui lui dédie ! un sounet, s'exprime: aiusi.s

Muses si vous chantez.vraiment je vous conseille Que vous loueiez Champlain pour être courageux, : Byus craints des hasardss ilia vuitant de lieux.

Que ses:rclations-noûs contentent l'oreille, |

la va le P&rôu (L), Mexique, etla mervoille Du Vulcain infernal qui vomit tant de feux ;

‘Æt'lés sauts Mocosans (2) qui offensent és yetx : De ceux ” osent voir leur chute nônipavéille.

. Eescarbot ét lon 1610, une pièce de ‘wérs dans laquelle il parle des grands sauts

que les Sauvages disent rericontrér en ‘re.

montant le Saint Laurent jusqu'au voisinage de la Virginie. d

Quant au lac Huron, Champlain en avait visité partiellement la côte orientale. Nicolet est le premier Français qui l'ait traversé ‘ou Cotoyé et qui ait vogué ensuite sur le ac Michigan (1634).

Champlain ne savait presques rien du lac ‘Michigan. Dans sa carte de 1632, il le fait détendre vers le nord, tandis.qu’an contraire il s'épanche dans la direction du sud. Il parle des Msscoutins (la nation du Feu) par les rapports que lui en ont faits les Hurons :—or, les gens du Feu auquel il donne le même nom, mais en langue huronne

‘1. Pas que nous sachions. 2. Mocosa, ancien nom de Îa Wirginio, ice qui s6 dbpitibrats au Niagara. Pas plus que

“de Pérou, Chimplain ne Vavait vu, mais, évidemmont, il

‘en avait entendu parler.

<&Asistagueronnons), habitaient le fond de " la baie des Puants, ou.Green Bay, qui. est sur la côte du lac Michigan, précisément à

endroit où nous verrons que Nicolet laissa

Ale.lac pour s'engig:r dans los terres, C'est a notion géo: api que la plus étendue, quoique incertaine, dont Champlain ait st æsage dans cette directions,

Avec le rétablissement de Québec en 1633, %a Nouvelle France entrait dans une ère de særogrès assez soutenu, Champlain qui, mal:

égré Le poils de soixante-et-sept ans, tenait . à pousser son œuvre vigoureusement sous «le nouveau régime de la compagnie des “Cent. Associés, prépara tout pour s'assurer Ale cours du fleuve en haut comme en bas ét #pour lancer ses éclaireurs sur le chemin a #3a mer (6 l’ouest —le Patifique.

Vers le premier juillet 1634, une double -«#æxpédition partit de Québec. I/un des conswois s’en allait bâtir un [ort au Trois-Ri- * swières, et l’autre, composé du Père de: Bre-

bœuf ét Jean Nicolet comme personnages:principaux, se destinait aux missions et aux explorations “des pays d'en haut, ”’aujours-dhui la province d'Ontario.

Le 4 juillet, tout le monde était réuni aus:

Trois-Rivières. Nicolet assista de la sorte æ::

‘la fondation d’une place où devaient s'écou -

ler.les dernières années de sa vie.

Par les Relations des Jésuites, on suit Et-- Père de Brébeuf et Jean Nicolet voyageant.

ensemble des Trois Rivières jusqu’au haué..de l'Oitawa, route di pays dés Hurons, Le- Père écrit à ce propos que Nicolet se rendis.… avec lui jusqu'à l’île des Allumettes, et que, en route, il supporta tous les travaux desplus robustes Sauvages.

* Rosté à l’île des Allumettes, tandis que le-- Père de Brebeuf poursuivait son chemin...

Nicolet fit ses préparatifs de voyage vers les pays inconnus conformément à ses instrue-tions et à son expérience personnelle. En suite, il se rendit chez les Hurons, au borŒ* du lac de ce nom, où il prit avec lui sep£.- Bauvages et s’enfonça dans la direction du»

Fac Michigan, alors totalement ignoré des:

blancs. Ils se dirigea vers la contrée dité-

des Gens de Mr, lesquels étaientainsi non més parce que d’après la. description, qu'ils donnaient d’une grande étendue d'eau qui se rencontrait au-delà. de leur. pays, les Français les croyaient voisins de la mer Pacifique, ou-tout au moins à proximité d'une rivière considérable qui y menait. Ces gens de mer n'étaient connus des Français que par ouïdire. On ne les supposait point cruels. De plus, il était dit qu'avec. l’algonquin et le huron, tout homme pouvait s'en tendre avec eux. Nicolet possédait le huron iroquois comme l'algonquin, ce qui, de nos jours, équivaudrait à parler le français, l'allemand et l'anglais.

Parvenu à la baie. Verte ou des Puants au milieu des Masçcoutin, Nicolet avait épuisé, selen les apparences, la g$ozraphie de ses guides. Il entrait. en plein, pays: im connu. Tous les rêves. lui. étaient parmis car ayant devant.lui, une. immense. contrée à parcourir, entendant sans cesse. parler: dà grands cours d’eau, de mers prochaines, de peuples trafiquants et navigateurs, il. mom : Chait, dans son imagination, àla découverte du reste du globe, complétant, l'œuvre da Colomb et de Cartier, qui. avaient voulu.

rendre à la Ghine, mais.qui en. avaient ,6t6 empèchés par la PAP du. continent, d'A.

mérique.

La kw

Un regard sur la. carte. nous montre, la possibilité de passer sans: ambarras, de la baie Verts au, Mississipi. Les. Sauvages, de la baie en connaissaient le chemin, de. toute nécessité. NS pu $! it se le Caire. indiquer, et mêmes. A ut voyage qui promettait: aux Indiens une suite rie rapports avantageux avec Les PARTIE du hardi coureur de

bois.

Nicolet remonta la rivière aux Renards etfranchit le portage facile qui, à la hauteur dès terres, La séparé de la rivière Ouisconsin, laquelle se décharge dans le Mississipi.

Il avait pour mission de “traiter de la

paix, ” C'est.à dire de. faire alliance avec les

peuples qu'il rencontrerait et d'étendre ainsi la renommée et le commerce des Français,

‘ad voisinage de l’une de cès nätions, il dcotatt et accomplissait dans ‘toute sa pompe le cérémonial usité en pareille :circonstance, —y ajoutant mème certains expédients tirés des coutumes des peuples civilisés, ce qui le faisait passer pour un homme extraordinaire.

À deux journées des Gens de Mer, il en- Voya un de ses Hurons annoncer la ñou- Yelle dé fa paix, laqüelle l'ut bien accueillie, sürtout lorsque l’on sut que c'était un Europsen qui portait la parole. On dépôcha plusieurs jeunes gens àn devant du Mani.

touiriniou, l'être merveilleux. Celui ci, qui pirtagcait probiblement la croyance que cès peuples n'étaient pas loin dés Chinois, Gu qu'ils devaisnt les connaitre, s'était re vêtu d’une grande robe de damas de' la Ghine, toute parsemée de dessins dé fleurs et d'oiseaux, et s'avançait vers eux en déchargeant ses pistolets qu’il:tenait à chaque main, Son apparition causa une surprise et un ravissement extrèmes : la nouvelle s’en répandit au loin, de nation en nation, On disait qu'un homme était venu qui portait le tonnerre, etc. Nicolet, expert dans l'art de manier l'esprit des “Sauvages, se rendit

ennou illie, | Eu- Gcha [aniqui que lois, re ‘la urs déque e et s'en On tait "art dit

populaire partout et convoquna, des -conseils qui dépassbrent en solainilé caux ‘que Ton avait coutrime dé tenir. A l'une dé sès assemb'ées, il yeut de quatre à cinq mille Homimes. Chaque chéf de quelque impor:

tance voulut donner son festin ; dans l'un de Ce repas on servit jusquà cent vingt castors. Bref, l'entnte la plus ‘cordiäle: s'é-

. tablit entre sés peuples et l'envoyé fran çais.

C'est dans le cours da ce voyage qu'il eut l'honneur. d'arriver:.à se connaissance : du

Mississipi.

Le Père Le Jeune écrivait six années après l'événement: Le sieur Nicolet, qui a le plus avant pénétré dedans ces pays si éloignés, m'a assuré que s'il eût vogué trois jours plus avant sur uti grand fleuve qui

sort äu second lac des Hurons (le lac Michi-

gan), il aurait trouvé la mer. Or, j'ai de fortes conjectures que c’est la mer Qui ré-

pond au nord de la Nouvelle:Mexique; et

que dé cette mer on aurait entrée dans le Japon et la Chine, ”

Pourtant, il s'en fallait de. ‘beaucoup, que ce fut le chemin tant cherché! Trompé par les mots Mississipi (les grandes eaux), le cou-

“apeux Nicolet , déjà préparé à:cette éroyahsé ensa qu'il s'agissait tout à la fois et d’un fleuve considérable et de l'océan Pacifique

où devait abontir cette voie tant-désirée, Il hese trompait qu'à moitié. Le problème dont s’occupaicnt, non seulement les Frangais, mais encore les Espagnols, les Hollandais.et.les Sn dut lui parahre à peu près résolu.

L'histoire tienit compte dés airenrs de ses contemporains, comme elle a fait pour eeux qui vinrent après-lui; elle ne peut s'empè- “her de saluer dans Nicolet un voyageur désintéressé qui, par ses explorations dans d'intérieur de l'Amérique, s’est fort distin- &ué deson temps, et dont les mérites sont incoïitestables, quoique par la suite on ait pu les oublier, de même que nombre de “pages honorables de notre passé. Plus heureux que l'espagnol de :Soto, il est revenu des.bords lointains du .Mississipi, et son œuvre ne s'est pas arrêtée là. l a ouvert, le

remier, la route de cas contrées où la ‘re.

ion à et le patriotisme de la Francs Ont.

brillé: ‘avec éclat. ‘ Îl servi la catise de l'hufünité ét Btoilhé le nom françuis, ” dit M

Gabriel Geavior op __. ti Je

| pnsAprRe

. Aucun Européen n’ayait marché sur les traces de Soto. Son expédition, sa mor étaient choses sans'bon résultat. La gloire de Nicolet n'a rienà Craïndre d’un devancier qui, tout compte fait, ne la pas devancé, puisque les terres et les peuples du Missjssipi étaient encore parfaitement i Ipooë aus au temps de Champlain.

Trente- neuf ans plus tard (1673) Louis Jolliet et le Père Marquette reconnurent le Mississipi. On peusait toujours qu’il se dé:

chargeait dans le Pacifique. Cavelier de la Salle décida la question en 1682, Néanmoins, il fallut attendre ‘encore dix-sept ans pour qued'Iberville, trouvant, par le golfe. du Mexique l'embouchure du fluve (1099), eût complété les récherches. On voit que les entreprises de celte nature no sont pas tpujours € souvungs 8 de succès au premier cûu sa

Ho Jo

11 ésufhcile: de sé fiéntétil'intéral/qui s'at | tacha au rapoort de Nicolet, lorsqu'il retourna à Québec, et l1 joie qua dut en ressentir Mr. de Champlain, La lecteur verra que bientôt les informations rapnortées paz Nicolet produisirent d'heureux et grands résultats. au Fo he ‘ Feuilletons: Los GUN del la. Nouxelie- Angleterre, dit M. Ferlan}, et nous. y;trou.

verons préciengement coniervée, l'histoire d'hommes, considérés comm remarquables, pause ju ‘ils osèrent s'avancer. les, premiers jusqu'à cinquante ou. soixante lieues. des.

côtes de la mer. Chez, HAQUS, ON. çonpait À peineJe uom d’un Français qu, Gala (Nicolet) qui, dès les” premières années do, la cplonie, avait déjà pénétré bien loin, dans les régions inconñnes. de, l'Ouest. Nicolet ne s'amuse pair comme les Anglais, de Plymouth.et.da Boston, à tâtonner autour des établissements HE ApATEe S'embar quant sur le frêle canot d'écorce, il remonte les’ Tapie s de LOitawa, pénètre, au moye: de petiteb rivières, des, lacs . et “des portages, jusqu'ap lac, Huron, qu'il, traverse, et visite une partie du lac des Illinois GE Michigan.) De la Baie-Verte, où il est en

vironné de tribus remuantes et inconnües, fo | il poursuit sa route vers l’Oust, remonte la rivière aux R2nards, passe, par un portage

. assez court, à celle du Wisconsin, et vogue pa> enfir: sur les eaux qui appartiènnent au Mb | vaste bassiñ du Mississipi. Il s'arrête à près

| de quatre cents lieues du. fort de Québec, À après avoir reconnu la côte septentrionale ele- du lac Huron et une partie des pays qui ras forment les Btats du Michiganet du Wis- ALFE : | consin. Ce voyage et ces détouvertes aubles, "\ raient suffi pour former la réputation de

cinq ou six traiteurs chez nos voisins. ”

Si l'expédition de Nicolet ne causa pas la même émotion que, plus:tard, celle, de Jol liet et Marquette, cela ne peut être attribué qu'à la date où elle a eu lieu. La Nouvelle.

France ne comptait encore que Tadoussac, Québec et les Trois-Rivières, en remontant le fleuve, La population de ces. postes se composait d’une poignée de Français, tout fraîchement débarqués et fort occupés à dé-

fricher un coin de terre pour leur subsistance.

: D'ailleurs, il faut dire que Nicolet ne fut de retour que dans l'automne de 1635 et qu’il perdit, quelques semaines après, dans . la personne de Mr. de Champlain, le principal sinon, le seul homme d'autorité qui fut disposé à poursuivre les travaux de découvertes, si on en excepte les Jésuites; mais Nicolet n’était pas au service de ces Pères.

A partir du 9 décembre 1635, j'ai consta.

té la présence de Nicolet aux Trois-Rivières ; jusqu’à sa mort, il a habité ce lieu, qui fut sa seule résidence dans la colonie en dehors de l’époque où il avait vécu avec les Sauvages de l’ouest. De 1635 à 1642, il ne sé.

carte pas des Trois-Rivières, et y remplit les fonctions d’interprète et de commis de la traite du lieu, pour la compagnie de la Nouvelle-France (1).

Le père Le Jeune (1636), après avoir parlé dé la charité de Nicoletet de son empressement à se rendre utile aux missionnaires, .

1. Daris l'Opinion Publique, 6 ot 14 novembre 1873, j'ai établi les faits ot les dates dont on peut se servir pour

vaivre Nicolet ‘dans les détails de sa carrière. : ‘|

WA

ajoute: “Jai quelques mémoires de sa main qui pourront paraître un jour touchant les Nipissiriniens avec lesquels il a souvent hiverné et ne s'est retiré que pout mettre son salut en assurance dans l'usage des Sacrements, faute desquels il y a granû risque pour l’âme parmi les Sauvages. ” :

Ces mémoires sont perdus, ou le Père Le Jeuné les a versés dans les Relations que lui-même et lé Père Vimont écrivirent après 1636, car on y trouve de nombreux rensei.

gnements sur les pays et les peuples du sudouest, ainsi que la déclaration clairement formulée que Nicolet était de tous les Fran.

çais celui qui avait pénétré le plus loin dans cette direction.

La Relation de 1637 dit : “Il y a quantité de nations sédentaires voisines des Hurons.

L'Evaugile doit porter là son flimbeau. ” En 1639, elle ajoute ‘“ que l’on jette les yeux sur la nation Neutre (1) qui est une maîtresse porte pour les pays méridionaux, et la nation des Puants (2) qui est un passage

1. Sauvages de langue huronne, su sud des Hurons. Le Père de Bresbœuf passa l’hiver 1640 ches eux. FE 2. Gous de la baie Vorte, en guerre avec les Neutres.

des plus considérables pour les pays :occi.

dentaux un peu plus méridionaux (1).”.

- Il y a dans les Relations de 1636 à 1640 plusieurs longs paragraphes à ce sujet. Celle . &e 1640, écrite par le Père Le Jeune et datée de Québec, le 10 septembre, renferme uñ chapitre spécial sur les tribus de l’ouest ot du sud-ouest. Jean Nicolet et le Père de Brebœuf, son continuateur à cet égard, ont ! ‘dû en fournir la matière. Le Père Le Jeune se donne le plaisit d’une petite dissertation sur La possibilité de se rendre par ces pays jusqu'au Pacifique. C'était depuis Colomb, le rève de tout Européen qui s’occupait de ces régions nouvelles. L:s deux sonnets de la Franchise et de Lescarbot n'avaient rien perdu de leur actualité.

Page 1