partie pour des objets sans usage possible
en ce pays, Où pour nous procurer ce te nous possédions en abondance.
Quelques années plus tard, on fit partir une frégate en destination du ‘ lac Huron dans le B:1s-Canada ;” le pauvre capitaine ne put jamais se rendre là-bas autrement
qu’en canot d’écorce, comme bien on pense.
. Ily asix ans, une dépêche du bureau colonial de Londres invitait le gouvernement canadien à faire passer directément de Québec à Victoria, dans la Colombie- Anglaise, un envoi d'armes et d'effets militaires, au lieu de les expédier par mer, Le ministre anglais fut bien étonné lorsqu'on l’invita à consulter la carte. 1l croyait sans doute que la Colombie se trouve au bout de la banlieue de Québec. S'il en était ainsi, le chemin de fer du Pacifique que nous nous proposons de construire serait raccourci de neuf cent lieues.
Les journaux ont raconté la surprise qu’éprouva un émigrant irlandais, débarqué à Québec muni d’une trentaine de livres de beurre, lorsqu'on lui fit voir qu’il pouvait se procurer ici la même denrée dans les prix doux. Le pauvre hommse n'en croyait
pas ses yeux; il avait entendu dire tout le contraire dans son pays.
On me répondra peut être que le moindre personnage de son comté ou de sa ville natale aurait pu le renseigner plus adroitement que. de l’induire à emporter une tinette de beurre dans un voyage de quinze cent lieues. :
Non pas! En Anitième. dans les Trois- Royaumes comme partout ailleurs en Europe c’est chose excessivement rare qu'un homme tant soit peu renseigné sur le Canada, même parmi les fonctionnaires du gouvernement, parmi les ministres du culte, même parmi les journalistes! En maints endroits vous ne trouverez pas un individu qui nous con naisse seulement de nom. N’a-t-on pas vu paraître, il y a six ans, un livre, traité de philologie, signé d’un nom célèbre dans les universités britanniques, un livre où se lit le passage suivant : ‘‘ Le mot Canaan, familier à Lous ceux qui lisent la Bible, a été dénaturé par les savants du continent (d'Eu.
rope) qui font précéder leurs études de la langue dss peuples de cette contrée par un récit abrégé de la prétendue découverte de
ces mêmes peuples. Il ajoute que le découvreur en question fut un français, un, nommé Cartier, et que ce pays n’est plus conuu que comns le Canada. Cétte corruption d’un nom aussi souvent cité dans l'histoire Sainte, est au moins étrange !”
H$ ! brave homins de savant, vous avez du mérite, je le crois bien, mais votre imaginationu et votre ignorance sont de nature à vous mottre en brouille avec vos meilleurs amis. Le Daily Witness, de Montréal, n’a pu y teuir, il vous a renvoyé en la terre de Canaan avec sa botte la plus 80lidé.
Qrattendrs de la masse du peupie, lorsque les sominités de la science et de la lit. térature en savent aussi long ! Il nous viendra encoro des tinsttss de bourre à travers l'océan.
À pronos du nom da notre pays, il existe uns aubre version, GO serait Kunnata, mot iroquoi qui sigaifis : * Amis d: ciban:s. *” Un auteur anglais ayant rencontré cette | traduction, s'est empressé de la reudre en sa langne, et !l ajoute : “l'éymologie do ce
nom est bien propre à inspirer le patrig:
DE
tism: des Canadiens, car estil rien de plus beau que ce nom de Cinada qu'on ne peut pronoucer sans éveiller le sentiment du foyer domsstique ?.....” Le malheureux avait pris amas pour amour, et traduit en
conséquence : Love. of cabins. Amour de cabancs. ?
Voici un trait qui s3 rapprochs ass2z du premier. Il servira à montrer combien cette ignorancs est générale :
“Rien de plus étrange, me raconte le.
révérend Père X, rien de plus étrange que la manière dont je fis connaissance avec le nom du Canada, J'avais ét destiné aux missions et j'attenlais qu'on me désiguât le pays vers lequel j'avais à mo diriger. Lors.
que la notification me parvint, je fus tort intrigué d'y lire le. mot ‘“ Canada.” C'était. pour moi un profond mystère. Je me rendis sans retard chez un ancien de notre communauté à qui je conflai mon embarras.
Celui-ci me dit après un moment de réflexion : ce doit être une erreur,—on & voulu écrire ‘“ Cana”, cependant, comme.
c'est vers la Terre-Sainte et que js ne conpais aucune de nos missions de ce côté,
se 0 —
vous feriez mieux de vous enquérir. Pour ce qui est de ‘“ Canada”, cela ne signifie .
rien. J'étais assez perplexe, ajoute le Père; je trouvai enfin quelqu'un qui me dit vaguement qu’il existait un pays de ce nom, mais dù était-il situé ? c'était plus que l’on ne savait, Bref, je ne l’appris que de la bouche de notre supérieur, et encore sans trop d'explications sur la nature de la contrée.
Du moment que c'était en Amérique, tout était bien, et je me mis en route, rêvant de cocotiers, de bananes, de palmiers, de singes, de perroquets, de crocodiles et d’orangers fleuris en plein janvier. Jugez de ma déception, lorsque je touchai terre... sur dix pouces de neige | ”
Au moins, mon révérend Père, chez vous lon ne faisait point profession d'enseigner ces choses-là comme notre savant de tout à l'heure, et vou; n’êtes point sans avoir fait savoir à nombre de vos compatriotes, depuis que vous êtes ici, ce que nous sommes et commentnous vivons, mais soyez certain que le monsieur en question ne se donnera point la peine d'y venir voir; il est trop content de son livre et trop occupé des nouvelles éditions qu'il en pourrait faire, sans
les corriger. Et puis, d’ailleurs, s’il y venait nous le verrions commettre des exploits dans le genre de ce qui suit :
Il y a une série de gravures, faite en Angleterre, qui représentent des scènes de chasse et de pêche canadiennes. L'une d'elles nous montre deux sportsmen placés dans un canot d’écorce, assez bien imité d'ailleurs ; l’un de ces braves est carrément assis sur le rebord du canot. Rien ne nous explique comment ils font pour ne pas chavirer, attendu qu'un canot d'écorce est aussi solide sur l’eau qu’une plume au vent.
Peut-être sont ce là les touristes qui ont vu le Pont Victoria, ‘“ construction colossale dont une extrémité repose sur le rivage de Sarnia et l’autre aboutit à Portland dans l'état du Maine.” (1) Ou bien encore, ce sont ceux qui ont signalé le grand com’ merce d'exportation de laines qui se fait à Tadoussac, le lieu le plus aride et le moins peuplé du Canada. . |
Pour ce qui est de Chicago, capitale du Canada ; des serpents-sonnettes qui se ren-
‘ (1) Distance de Paris à Marseille,
contrent sur la montagne de Montréal ; des pluies de longue durée qui renlent le séjour. du Canada maussade, et autres nouveautés de cette esnèce, la nomenclature en cost longue et ne vaut pas la peine d’être lue.
- L'ile Sainte Hélène, dit un voyageur qui visitait Montréal, rappelle la mémoire de Napoléon par le nom qu’elle porte, par le | pic aride qui s'élève au milieu, et les ravins sauvages crousés dans s0s
L'ile est un bocage des plus jolis. Le pic aride n’est qu’un monticule verdoyant aussi coquet que pas un des mamelons du Bois de Boulogne près Paris. Le nom de Ste- Hélène lui vient d2 la femme de Champlain, laquelle mourut il y a deux siècles et plus, säus avoir entendu parler de Napoléon,
Si vous allez en France, ami lecteur, et que vous ayez à mettre uns lettre à la poste adressée à votre cousine qui demeure à Québec, le commis vous priera poliment de lui dire si elie doit Ôtre expédiée par la malle de Panama ou par la voie du Cap
Horn.
Vous rencontrerez partout des gens qui.
ont lu plus ou moins de choses sur voire
be