IROQUOIS F5: ALGONQUINS
Notre dessein, dans les lignes qui vont suivre, est de dresser d’une manière suc-
eincte :3 tableau des changements connus .
. qui se sont opérés dans la possession du Canada par les différentes races de Sauvages, avant la fondation de la colonie.
La plupart de nos arguments sont empruntés aux historiens. Nous nous bornons à les répéter ici en les dégageant des récits au milieu desquels ils se rencontrent
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le plus souvent. Cet aperçu sera facile à consulter pour quiconque n’a pas eu occasion de faire sur ce sujet des recherches un peu suivies. |
| Aussi loin que l’on peut remonter, c'es‘.
à-dire, au: quinzième siècle, les vallées du Saint-Laurent et de l’Ottawa étaient occupées par deux grandes races parlant chacune sa langue propre : la race Zroquoise etla race Algonquine.
Elle se subdivisaient en de nombreuses tribus portant des noms particuliers (1).
Les Algonquins habitaient le long de la rivière Ottawa, que les Français désignèrent longtemps sous le nom de rivière des Algonquins. |
Ils avaient non seulement la rivière Oit-
tawa et les terres qui la bordent, mais leurs courses pouvaient s'étendre facilement d’un
(4) Faviandi Obure d'Histoire du Canada, vel. 1. ps 08) |
“016 vers le lac Huron et la baie Georgienne, ‘et de l’autre à la hauteur des terres où l'Ottawa, le Saint-Maurice et le Saguenay ‘ont leurs sources communes. Ces peuples chasseurs devaient, en effet, se répandre sur une grande étendue de pays.
La tradition des Agniers, tribuiroquoise, porte que le pays des Algonquins était situé à “cent lieues à l’ouest des Trois-Rivières (t). ‘Nous savons que dans les premiers temps des Français, l’île des Allumettes, sur le haut de l’Ottawa, était regardée comme le quartier-général des Algonquins, «et que d'ordinaire l’on désignait un certain nombre de ceux-ci sous le nom de.gens ou Savages de PIl:, pour signifier que leur demeure était en cet endroit.
Au 15ième siècle les Iroquois possédaient les Trois-Rivières et Montréal (2). Le lieu de leur rendez-vous le plus ordinaire paraît avoir été le lac Saint-Pierre. (Ce territoire assez restreint leur suffisait, parcequ'ils menaient une vie sédentaire.
1 Fallion, His. de la c. f. Vol. 1. p. 526-7. 2 ‘Uüvres de Ohampiadin, 1870, p. 301. ième note.
Avant d'occuper les rives du Saint-Lau-
rent, les Troquois avaient vécu dans l'Ouest, selon ce que zapportaient leur vieillards (1). Cela donnerait à supposer que les Algonquins, suivant la même marche, de louest à l’est, vinrent après eux et s'arrêtèrent juste au confins ouest des territoires iroquois, sur l’Ottawa.
Les Iroyzuois étaient les premiers orateurs Sauvages : ils déployaient parfois assez d’esprit et de science d’argumentation pour déconcerter les Européens instruits. On les nomme Jroquois, parcequ'il terminaient leurs harangues par le mot hiro: j'ai dit.
Parmi les nations sauvages, on les nommait Toudamans.
Entre les deux races existaient des différences marquées, quant au caractère, au tempérament, aux mœurs et coutumes. ce qui peut fortifier l'opinion déjà émise de l’arrivée des Algonquins dans cette partie du monde à une autre époque que celle où les Iroquois y sont venus.
Nous avons déjà dit que leur langage
1 Mimoire de Nocilas Perrot, publié en 1864, p. 9.
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était différent l’un de l’autre, autant, par exemple, que le grec et le latin.
Connaissant l'humeur et les mœurs pacifiques des Iroquois dans l’origne, et la jactance et les dispositions querelleuses des Algonquins, nous pourrions conjecturer que ces derniers ont dû se rendre au Canada, après avoir traversé le continent de l’ouest à l’est les armes à la main, tandis que les Iroquois y avaient été attirés, avant eux, par le besoin dese soutraire au voisinage de quelque peuple de l’ouest, incommode ou conquérant.
Si toutes les nations sauvages du Canada sont venues du côté du soleil couchant, nous croyons que notre hypothèse est assez juste ; si au contraire les races algiques proviennent directement de l’Europe, par la voie de l'Atlantique, elle tombe d'elle-même. Ces deux opinions sont aujourd’hui en présence ; il paraît bien difficile de dire de quel côté penchera l’histoire.
Les tribus iroquoises, peu belliqueuses d'abord, mais qui devaient finir par porter la terreur et la dévastation sur presque tous les points de l'Amérique du nord, cultivaient
‘la terre-et dédaignaient ‘ia chasse. ‘Elles wivaient réunies en villages ou :bourgaties.
‘On comprend qu'il. résultait de.ces. disposi- #ions naturelles des individus une forme, de | gouvernement plusstable, mieux ordonné; Æxerçaut plus d'empire que chez les races moins sédentaires ; aussi l’autoritédes. chefs æt des Conseils était-elle grande parmi Les Jroquois. Ce germe se développa à la faveur des événements dont nous allons .dire un mot, devint le nerf du redoutable pacte f6- Aéral des cing nations éroquoises. Quant au caractère de La plupart de ces tribus,il est Célèbre par ses fourberies. Les Iroquois en général étaient doués d’une imagination vive et d’un tempérament passionné.
Les Algonquins offraient à peu :prèsitous les traits opposés. Ils s'adonnaient à la guerre et à la chasse, conséquemmentà ure vie nomade. Leur mode de gouvernement sen ressentait, on peut même dire qu’en dehors du pouvoir déféré au chef de chaque famille, il n'existait point d'autorité dans la Aation, el par :suile très-peu d'ensemble dans la conduite des .affaires publiques.
AIS de leur indépendance exagérée, possé.
dant uneintelligence sinon faible, du moins ordinaire, habitués à porter les armes et à mépriser le travail, ces Sauvages secroyaient les maîtres de la contrée, et ils ne perdaienrt aucune occasion de témoigner leur mépris aux Iroquois et da les molester (1),
On ne saurait douter que les Iroquois aient habité Les bords du fleuve.
Nicolas Perrot dit positivement : ‘‘ Le pays des: Iroquois était autrefois le Montréal et lès Trois-Rivières.” Le Père Le Jeune :
“ Voyageant de Québsc aux Trois Rivières, les Sauvages m'ont montré quelques endroits où les Iroquois ont autrefois cultivé la térre.” (Relation 1636. p. 46).