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MAISON' DES PERES A WOMBALI

Léopoldville et Kwamoutli, et s'établit près de l'emboucbure du Kwango à Wombali, village abandonné par les indigènes. Le Frère De Sadeleer se met aussitôt à la besogne et construit des cabanes provisoires. Pendant ce temps, le Père Supérieur redescend à Kimuenza et envoie le Père Cus continuer l'œuvre de la fondation entrei^rise.

En 1902, déchargé du Supériorat, le Père Van Hencxthoven se fixe définitivement au nouveau'poste.

Aujourd'hui, le long du Kassaï, du Kwango, du Kwilu et de rinzia s'échelonnent dix-huit magnifiques fermeschapelles qui dépendent de Wombali.

Grâce au petit steamer le Saint-Pierre-Claver, donné à la Mission par de généreux bienfaiteurs, les Pères peuvent

I,E « SAINT-PIERRE-CLAVER »

visiter ces postes éloignés sans s'exposer aux terribles fatigues des voyages à pied.

Ces fermes-chapelles, établies auprès des grands cours d'eau, arrivent rapidement à se suffire à elles-mêmes. Les jeunes colons coupent du bois et le vendent aux steamers de l'État ou des compagnies; ils tressent des corbeilles en jonc pour la récolte du caoutchouc; ces travaux sont très lucratifs. Dans un poste, les enfants sont arrivés à gagner en un an i,5oo francs, somme énorme pour les Noirs du Congo.

On s'étonnera peut-être de nous voir tant insister sur le côté matériel de l'œuvre des missionnaires. Disons-le une fois pour toutes, il n'y a pas lieu d'être surpris de ce fait. Le nègre, tout entier à son bien-être, n'a qu'une règle pour juger toutes choses : le progrès matériel. Il est donc extrêmement important que les jeunes catholiques i)ar-

Aspect de Wombali.

viennent à réaliser un plus grand confort que leurs voisins païens.

L'aspect général du pays est celui d'une plaine]immense, bordée à l'est par le Kwango, qui tourne en descendant au nord-est.

Au sud, c'est un bosquet ombrageant le village indigène situé à 600 mètres de la maison des Pères. Le reste est une plaine couv^erte de longues lierbes, presque sans arbres, se déroulant sur un rayon de 2 à 4 kilomètres et bordée de forêts. Entre^la Mission et le village,'^une longue allée que borde un double mur

PAYSACE DU KWANGO

de grandes herbes. Sur cette allée principale sont tracées à augle droit d'autres avenues moins larges, bordées aussi I)ar ces herbes dites de Borna.

Elles découpent en carrés et en rectangles le terrain déjà occupé...

La première maison d'habitation érigée en ce lieu, témoin des débuts de nos missionnaires, disons de leurs privations et des souffrances inséparables d'un commencement, a été donnée au fidèle Patrice, le kapita des enfants, que la Mission vient de perdre dans les circonstances que nous relatons plus bas.

L'histoire de ce dévoué jeune homme est inséparable de celle de Wombali.

« Dès les premiers jours il a été le bras droit des missionnaires, l'homme de la classe, l'homme des cultures, l'homme des coustrnctions, l'homme de tous les dévouements. Il n'a qu'une bonne vingtaine d'années, est marié et a un enfant, un garçon de quelques mois. Sa femme est pour les filles ce que Patrice est pour tout le monde. Elle les instruit, les surveille, fuit la lessive, raccommode et repasse le linge. Patrice a donc du succès sur toute la ligne. Avec cela il reste simple et modeste, se montre toujours pieux et obéissant et, qualité rare chez le Noir, il possède l'esprit de travail et d'initiative (i). »

La région de Wombali est très giboyeuse : les buffles y chasseurs, abondent et dans les roseaux qui bordent les rivières s'ébattent les énormes hii)popotames. Les éléphants même y promènent parfois leur masse imposante.

Tout le monde sait que les nègres sont extrêmement avides de la chasse. Très adroits et d'une audace remarquable, ils n'aiment rien tant que d'aller à la poursuite de quelque gibier. Mais le buffle n'est pas un gibier commode : blessé, il charge ordinairement son agresseur, et gare, si celui-ci n'est pas leste.

Les Noirs, pourtant, n'ont pas peur de ses grandes cornes. Ils tirent hardiment quand ils peuvent et, lorsque de son lourd mais rapide galop l'animal fond sur eux, nos nemrods l'évitent d'un bond, puis, à bout portant, l'achèvent d'un second coup de fusil. Souvent ils viennent vendre aux Pères le pioduit de leur chasse.

Les six postes dont nous avons tâché de donner une idée sont comme autant de centres, d'où le missionnaire fait rayonner son action en fondant des fermes-chapelles. Il

(i) D'après une lettre du Père Butaye. Missions Belges, i£,o^.

faut donc, pour se rendre compte de ce qu'est la Mission du Kwango, étudier l'œuvre des Pères sous son double aspect : l'œuvre à domicile et l'œuvre extérieure.

Nous nous rendrons compte de ce qu'est la première en observant en détail la colonie de Kisantu, qui est le cœur de la Mission. Ce sera l'objet de la seconde partie de cette étude.

Dans la troisième nous verrons les fermes-chapeiles, et nous connaîtrons ainsi le grand moyen d'action, par lequel les Jésuites étendent l'influence de la religion catholique au Kwango.

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