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LES MARIAGES CHRETIENS

La demande officielle. — Fiançailles. — Le mariage religieux. — Le mariage civil.

L'œuvre principale des Sœurs de Notre-Dame est de préparer des épouses chrétiennes aux jeunes gens élevés par les Pères.

Très originale, très congolaise surtout, la manière de se marier là- bas.

Chez le missionnaire arrive un jeune homme. La demande

. , . „ oîficielle

— Mtumu, je voudrais une temme.

— Ah! ah!... C'est très bien, mon ami! C'est une excellent eid ce...

Et... vous connaissez une fille qui vous plaise?

— Non, mfumu ! . . .

— Alors vous désirez choisir parmi celles qui sont chez les Sœurs ?

— Oui, mfumu!...

— Trèsbien... *

Nous irons voir...

Et le Père missionnaire, accompagné de son protégé, se

rend au couvent. Devant eux on fait comparaître toutes les filles en âge de se marier.

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— Hé bien, mon garçon?

Suit une inspection plus ou moins longue de chacune de ces demoiselles.

— Celle-là!...

— Très bien... et vous, ma fille, est-ce que vous voulez être la femme de ce garçon-là?

Suit la contre-inspection... parfois une longue hésitation. Pendant ce temps, l'intéressé regarde de côté avec la plus parfaite indifférence...

Quand mademoiselle a fini de regarder monsieur, elle fait an « oui » flegmatique ou bien un « non ! »

Si c'est non, le prétendant évincé ne se trouble pas. Il en demande une autre et tout est dit.

Cela nous choque peut-être, cette façon de prendre son épouse, cette esi^èce d'étalage au choix...

Hé, ne faisons pas trop les fiers!... Quand dans les fêtes mondaiues, les théâtres, les bals, les concerts, les jeunes filles sont conduites par leur mère, qu'est-ce donc, sinon un étalage où les jeunes gens pourront venir choisir ?...

Les Congolais y mettent moins de forme peut-être; ce que nous pensons tout bas, ils le disent tout haut; au fond, y at-il une si grande différence?...

piançaiUes. Une fois fiancés, les « futurs « peuvent se voir fréquem-

ment.

— Mfumu,... je voudrais i)Oi'ter à manger à ma fiancée.

— Mais n'a-t-elle donc pas à manger chez les Sœurs?

— Oui!...

— Hé bien alors?...

— Ça n'est pas de mon manger...

La permission octroyée, les voilà en quête de chenilles, rats, souris, sauterelles, fourmis, etc.

Au jour fixé pour la visite, les fiancés se rendent tous ensemble au couvent des Sœurs et leurs futures viennent les rejoindre.

Parfois ils forment un grand cercle et la conversation s'engage générale.

Ordinairement ils s'installent par couples. Monsieur s'assied par terre, mademoiselle en fait autant. Ils se tournent le dos et, de temps en temps, échangent quelques paroles.

Si, par hasard, ils remarquent que l'œil vigilant d'une Sœur les observe, ils restent sans se regarder, sans se dire un seul mot tout le temps de la visite!...

Les coutumes congolaises veulent que le mari achète sa femme aux parents de la jeune fille.

Les jeunes gens ne sont pas toujours en mesure de faire

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