GROUPE DE JEUNES MARIES
cette dépense. Dans ce cas, les Pères suxjpléent et fournissent la dot exigée.
Avant de se marier, le jeune homme doit se construire un chimbek dont on lui donne le plan. C'est ordinairement une habitation à trois places. Celle du milieu est à ciel ouvert. C'est là que le ménage fait son feu. Ils ont ainsi la chaleur, sans être enfumés comme on l'est dans les huttes indigènes.
Le jour du mariage, parée de ses plus beaux atours, la jeune fille se rend à l'église. Son fiancé doit l'y rejoindre. Parfois, le bonhomme oublie de venir;... alors, faute de mari, il faut bien remettre la cérémonie au lendemain !
La messe finie, monsieur sort à droite, madame sort à gauche et, jusqu'au soir, ils ne se voient i)lus. Du reste,
Mariage religieux
les Congolais sont peu expansifs.Le Père Prévers, en ren trant en Belgique, avait ameué avec lui un jeune nègre. Quand Ignace Biziti, après son séjour en Europe, rentra au Congo et qu'il revit sa femme : « Mbote », dit-il, « bonjour » ; et ce fut tout !... Pourtant ces pauvres gens se rendent bien compte de ce qu'est le mariage. Ils savent que ce sacrement les lie inviolablement et sont fidèles à leur engagement. A ce point do vue, nos bons sauvages pourraient servir de modèles à bien des civilisés !.. Mariage civil Outrc la cérémouie religieuse, il y a le mariage civil. Un
jour, trois couples vont trouver l'agent de l'Etat. Deux des mariées avaient oublié le nom de leur village natal.
A la question : « Quel âge avez- vous? », grand embarras de ces dames! Elles se regardaient, regardaient par terre, regardaient à droite, regardaient à gauclie...
Aussi a-t-on idée de poser une question comme celle là?... Comme si l'on songeait à son âge! .. Enfin, après avoir longuement réfléchi, une d'elles trouva :
— (c Je crois que j'ai bien 5 ans !... »
Ce sont les mères chrétiennes qui font la société chrétienne. Ces mariages entre jeunes gens catholiques sont le grand espoir de la Mission.
De 1901 à 1902, il y en eut soixante-dix-huit.
De 1902 à 1903, trente-neuf.
De 1903 à 1904, soixante et onze.
Enfin, en 1906, quatre-vingt-un.
Dès lors, on comprend l'extrême importance de l'œuvre des Sœurs de Notre-Dame. Ce que nous ne saurions expliquer, c'est le dévouement, c'est l'abnégation, c'est la grandeur d'âme, ce sont les souffrances des religieuses missionnaires.
«Ah! s'écrie M. de Haulleville, après avoir raconté la vie et la mort d'une admirable petite Sœur de charité. Sœur Godeliève, tombée là-bas, toute jeune et toute vaillante, ah! que sommes-nous, nous autres riches oisifs, bourgeois affairés, politiciens ambitieux...
» Que devient notre virilité devant la vie et la mort d'une femme telle que petite Sœur Godeliève?
» ... Un sujet de plaisanterie!...
» Nous avons la prétention de nous vouer au salut de l'Etat et même de la Sociétémoderne, et nous ne songeons pas au salut des âmes !...
)) Dors en paix, ô femme héroïque, dans ta robe blanche, au milieu des nègres, à qui tu as fait matériellement sentir l'œuvre de la Rédemption, et prie pour ceux qui t'ont comprise et qui t'ont aimée. »