VILLAGE INDIGENE SOUS LES PALMIERS
Rôle du kaplta.
Présidée par son catéchiste, la petite communauté — huit, quinze, vingt, quarante enfants et parfois davantage — a son ordre du jour bien déterminé.
Après le lever, on se rend à la chapelle pour y réciter la prière.
Puis, aux heures fixées par le règlement, classe, travaux des champs, catéchisme, repas. Le soir, on se réunit encore pour clôturer la journée par la prière, le chant du Laiidate.
C'est le kapita qui préside à tout; il fait la distribution des vivres, donne la classe, récite les prières, dirige les travaux, partage les bénéfices.
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Quand la petite colonie compte des fillettes, c'est madame la Catéchiste qui en a soin.
Elle les instruit, les éduqne, en un mot, fait en petit et
de sou mieux, ce que les Sœurs de Notre-Dame font en
grand et si bien à Kisantu et à Nlemfii.
:, Quand, dans une ferme-chapelle, un jeune homme se
marie, il est libre de s'établir au village indigène. S'il le
ENFANTS d'une FERME-CHAPELLE
préfère, il peut continuer à faire partie de la communauté. Dans ce cas, il doit bâtir sa hutte dans un aliguement déterminé. Le grand nombre choisit cette seconde alternative.
Il se forme ainsi un village chrétien à côté du village indigène.
L'influence active du kapita n'est pas restreinte aux seuls membres de la colonie. Fiéquemment en rapport avec les indigènes des environs, il les eugage à venir aux
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Contrôle.
prières, aux catéchismes; bien souvent il est choisi par eux pour régler leurs différents.
Ceux qui font preuve de caijacités plus grandes que leurs confrères sont nommés catéchistes régionnaires. Visiter les fermes-chapelles voisines, surveiller la gestion des autres kapitas et le travail de leurs administrés, telle est l'honorable fonction qui leur est confiée; elle n'empêche pas, du reste, le contrôle du missionnaire, contrôle qui doit être fréquent et même minutieux. Ces petits sauvages sont capables de bien des fredaines. La paresse et la gourmandise restent leurs péchés mignons. Ils mettront à la broche les animaux qu'on leur a donnés comme
RETOUR DE CHARSt;
souches du futur troupeau, et, en rendant compte au Père, ils diront : «Une chèvre est morte... » Ils oublieront d'ajouter qu'ils l'ont aidée à mourir en lui coupant le'cou'î Ces choses-là se voient en pays congolais !
Bien nourris dans leur petite colonie, les enfants sont
contents et le montrent. Leurs discours, leur bonne mine, tentent les gamins des environs et les attirent à la fermechapelle.
La prospérité de leurs cultures, leur vie de travail, leur Les indigènes conduite plus morale, donnent à ces jeunes gens un pres-