TYPES DE CHEFS NEGRES
(i) On trouve dans les lettres des anciens missionnaires des mots encore employés aujourd'hui, par exemple : «luku», — « chikwangue».
Actuellement, il y a au Kwango des nègres qui portent des noms portugais, par exemple : Don Paolo, Dona Maria, Ngudi Mpasi (la mère des douleurs).
Les prêtres belges devaient de nos jours obtenir des succès plus encourageants.
Après la reconnaissance à Berlin, en i885, de l'État indépendant du Congo, le roi Léopold II, soucieux de remplir la noble tâche que les puissances venaient de lui confier, s'adressa aussitôt à diverses congrégations de missionnaires afin d'obtenir leur concours pour l'évangélisation des Noirs (i).
Désireux d'obtenir aussi le concours de la Compagnie de Jésus, le Hoi s'adressa à Rome, et sur sa demande, le Souverain Pontife Léon XIII confia aux Jésuites belges le bassin du Kwango.
Le 5 mars iSgS, l'émouvante cérémonie des adieux avait lieu au collège Notre-Dame à Anvers. Le lendemain, les trois premiers missionnaires effectuaient leur départ : c'étaient les Pères Van Hencxtboven et Dumont, et le Frère Lombary. Un mois plus tard, les Pères Liagre et De Meulemeester, les Frères De Sadeleer et Gillet s'embarquaient à leur tour.
L'année suivante, nouveau départ; mais cette fois ce n'étaient plus seulement des hommes qui s'en allaient. De vaillantes femmes, des Sœurs de Notre-Dame de Namur partaient avec eux, pour aller consacrer leur vie à la légénération des jeunes négresses. Scène émouvante que ce départ des Sœurs : tous ceux qui en furent les témoins
Départ
des
Jésuites belges
Les Sœurs
de Notre-Dame
(i) Les Pères Blancs de Notre-Dame d'Afrique s'établirent au Congo, près du lac Tanganika, en 1878, avant la fondation de l'Etat Indépendant.
Les Pères de Scheut partirent en 1888.
Les Prêtres du diocèse de Gand, en 1891. Ils rentrèrent en Belgique en 1899.
Les Pères Trappistes, en 1898.
Les Prêtres du Cœur de Jésus, en 1897.
Les Prémontrés, eu 1898.
Les Rédemptoristes, en 1899.
Les Missionnaires de Mill-Hill, en igoS.
en gardent à jamais le souvenir. Le Père Van Tricht l'a décrite quelque part en ces termes :
K Or, tout à coup, il se fit un silence. Sur la passerelle apparaissait, droite dans sa robe noire, souriante et un peu effarouchée, une religieuse! Elle descendit; sept autres descendirent après elle. Et comme une salve, de toutes les poitrines, plus retentissants qu'un tonnerre, jaillirent les «liourralis» et les «bravos». « Ab! monsieur, » me disait un vieux général qui avait les larmes bien près, » ces femmes-là nous aurions dû les recevoir chapeau bas. »
» La sirène du navire siffla ses trois coups sinistres, et la grande machine s'ébranla.
» Elles sont parties. Quand, après la traversée, elles abordèrent au port, la petite garnison de l'Etat détacha.