‹ Au Congo et aux IndesChapitre 5 sur 114 · SŒURS DE NOTRE-DAME MISSIONNAIRES · texte numérisé non relu

SŒURS DE NOTRE-DAME MISSIONNAIRES

pour les recevoir, un poste d'honneur, et quand elles passèrent entre leurs rangs, les noirs soldats ont présenté les armes.

)) Pourquoi ces applaudissements ont-ils jailli de tous les cœurs? Pourquoi ces armes se sont-elles levées ?

» Q,u'3^ avait-il donc dans ce spectacle, pour faire vibrer ainsi à l'unisson les âmes?

» Il y avait la vision soudaine, très nette, très saisissante de ceci : des vies qui se donnent sans retour sur ellesmêmes, des vies qui se sacrifient sans aucun espoir ici-bas.

» Et cette vision est grande. »

LE R. p. EDOUARD LIAGRE

Chaque année, des missionnaires sont allés rejoindre leurs frères, faisant simplement, joyeusement le sacrifice

Nécrologe

de leur existence ; chaque année aussi, il a fallu combler des vides. Car, sur cette jeune Mission, la mort a prélevé un large tribut.

Le nécrologe s'ouvre avec les débuts : Le Père Dumont, à peine arrivé, succombe sur la route des caravanes. Après

l.F. R. P. JOSEPH PREVERS

quelques années de travail, tombent à leur tour sur cette terre africaine, pour laquelle ils ont offert leur vie, les Pères Liagre et Bovy et les Frères Henricy, Vrielinck, Yan der Straeten et Oddon.

Les Pères Prévers et Hendrickx, victimes l'un et l'autre du terrible béri-béri, sont venus finir à Louvain une carrière dont les travaux eussent suffi à remplir les plus longues existences.

Les Pères AVaroux et Henry Beck, que la maladie avait forcés de rentrer, sont morts au cours du voyage qui les ramenait dans la patrie.

Le Père Waroux en pleine mer! Aucun prêtre n'était avec lui sur le navire, et cet homme, qui avait tout quitté pour porter sa religion aux sauvages païens, fut privé lui-même à sa dernière heure des secours et des suprêmes consolations qu'elle prodigue à ceux qui vont mourir. A ses funérailles le capitaine prononça quelques mots, les matelots rendirent les honneurs militaires... Puis... un bruit sourd!... le corps est tombé dans l'Océan, et c'est fini.

Henrj'' Beck, un jeune homme qui comptait à peine quatre ans de vie religieuse! Il n'était pas prêtre encore, et fut envoyé au Congo en 1897.

Après quatre mois de travail, la maladie le força à se rembarquer pour l'Europe. En route le mal s'aggravant, il dut descendre à terre, et mourut dans un hôpital à Las Palmas (i).

Oh ! nous ne nous étonnons pas que la Mission du Kwango ait i^rogressé d'une manière vraiment merveilleuse. Jadis, suivant un mot célèbre, le sang des martyrs était une semence de chrétiens.

Aujourd'hui, ces vies sacrifiées héroïquement, ces holocaustes de la charité et du zèle apostolique sont la semence féconde, qui, confiée au sol équatorial, y fait lever les blanches moissons...

(i) Un poète épris d'idéal aurait de la peine à créer une figure aussi sereine, aussi noble et aussi sympathique que celle du jeune missionnaire tombé, le 3o décembre 1897, à Las Palmas, victime de son zèle pour le salut des âmes. Nous ne craignons pas de l'affirmer, peu de récits romanesques captivent l'intérêt autant que l'histoire attachante de cette vie héroïque. Au foyer paternel, à l'école des Frères, au collège, en vacances, en voyage, au noviciat, aux études, au Congo et surtout à l'heure de sa mort, partout et toujours Henry Beck apparaît de plus en plus ferme dans le devoir et chaque jour plus avide de sacrifice. Henry Beck, S. J. Missionnaire au Congo belge, par le P. Paul Peeters, S. J., 3* édition, i vol. in 8», illustré. Bruges, Société Saint-Augustin.

Page 1