EGLISE ET PRESBYTERE A IIINIDURIA
Le grand jour par excellence est celui ^de la fête patronale de l'église. Il y a une neuvaine préparatoire, neuvaine qui sera tantôt de sept jours et tantôt de onze, suivant
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que les ressouroos permettront do varier la décoration du lieu saint; mais à Cej'lan, cela s'axDpelle toujours une neuvaine. Elle se clôture la veille de la fête x)ar les vêpres où accordéon et buale mêlent leurs accords au chant des
i/e(tLise de bai.anggda
psaumes et des liymnes; le lendemain grand'messe et procession; et de nouveau ^âolon, clarinette et cornet à piston s'eûtendent à j)rodnire un concert invraisemblable.
Les cérémonies de la Semaine sainte offrent aux Singbalais l'occasion de manifester leur i)iété expansive. Le peuple suit avec émotion les épisodes évangéliques qui se déroulent sous ses j-eux en scènes animées ou en tableaux
vivants. Le Vendredi saint surtout, les offices liturgique» terminés, « il faut livrer l'église au peuple et ne lui demander qu'une chose, c'est de ne pas pousser les démonstrations extérieures de sa foi jusqu'à renverser les murailles; pour le reste il n'y a qu'à laisser faire : on va représenter la Passion.
» Le cliœur de l'église disparaît à la vue des curieux : de grandes tentures, blanclies au fond, noires par devant, dissimulent l'autel. Il leur faut un christ, mais non une image quelconque ; ce qu'ils veulent, c'est le vieux christ qui a reçu les adorations des ancêtres. Des deux côtés de cetteantique image, ils dressent, entourées d'épais bouquets de verdure, les statues de la Mère des douleurs et de saint Jean.
» Il est 3 heures, le peuple est réuni depuis longtempsdans l'église; on commence à lire la Passion. Soudain des coups de marteau retentissent et se succèdent. Ah! je comprends : on lit le passage de l'Evangile qui raconte le crucifiement, et dans le choeur, derrière les grands voiles, la scène vient de commencer. Le rideau s'écarte et les. fidèles peuvent voir l'image vénérée, le Christ en croix.
M La lecture se poursuit. Dans l'entre-temps on prépai-e la seconde scène. Cette fois, c'est compliqué : il s'agit de représenter la descente de croix. Le vieux crucifix, la chèi-e et précieuse relique, est remplacée par une croix nue. Tous les instruments de la passion sont réunis, et, afin que chacun puisse bien les voir, on organise un petit cortège de douze enfants de chœur. Chacun tient en main un plateau contenant, l'un la couronne d'épines, un autre lesclous, un autre les tenailles et ainsi de suite. Au moment où cette petite procession va rentrer dans le chœur, lerideau se lève et la scène de la descente de croix apparaît dans sa touchante naïveté.
» Au dernier acte, nous voyons l'ensevelissement. Le- Christ est recouvert d'un voile des i^ieds à la tête et déposé sur un brancard orné pour la circonstance. On entonne le Stabat et la grande procession s'ébranle. Tout le peuple porte des cierges. Et dans le jardin dont nous faisons le grand tour, le coup d'œil est vraiment magnifique.
» On rentre à l'église ; l'image du Sauveur est déposée à
l'entrée du chœur. Je lui baise les pieds le premier. Alors je suis témoin d'une scène unicjue dans son genre. Tous